09 mars 2018

Un chemin de fer sous la neige

J’ai fait aujourd’hui ma sortie de ski la plus exotique en carrière au Cog Railway du mont Washington, la plus haute montagne du New Hampshire.

Le Cog Railway, c’est une voie ferrée qui grimpe presque jusqu’au sommet du mont Washington et où circule un train touristique durant l’été.

L’hiver, le tracé du chemin de fer devient un terrain de jeu pour skieurs avertis. 

Sur papier, c’est plutôt simple comme randonnée : on grimpe en longeant la voie ferrée et on redescend par le même chemin quand on est rendu au sommet ou qu’on est tanné de monter.  

Sur le terrain, par contre… Mettons que c’est une vraie aventure de ski que j’ai vécue en partant à la découverte de cette piste qui ne ressemble à aucune autre.  
 
Cette aventure a commencé par une rencontre improbable : dans le stationnement au pied de la voie ferrée, je suis tombé sur le gars de qui m’a vendu les skis Kom que je m’apprêtais à chausser pour partir à l’assaut de la montagne !

Lui s’apprêtait à faire pareil sur des skis alpins munis de peaux d’ascension. C’est ce que font l’immense majorité des skieurs qui fréquentent le Cog Railway. Alors que moi je venais plutôt tenter ma chance sur mes skis à écailles à fixations 75 millimètres.  

Comme on le voit sur cette photo, la montée ressemble un peu à un escalier vers le ciel. Parfois, ça grimpe en pente douce ; et parfois, la montée devient beaucoup plus abrupte.

Ça m’a donné l’occasion de tester les limites de mes skis à écailles. Dans les sections les plus abruptes, je manquais d’adhérence. Donc, contrairement aux skieurs en peaux, il fallait que je grimpe en canard et parfois même en zigzag pour continuer à progresser.

Bref, je montais plus lentement et plus péniblement que tout le monde. Et je me suis arrêté souvent pour à la fois reprendre mon souffle et admirer un décor à couper le souffle.

Une longue section abrupte a bien failli avoir raison de ma volonté ; mais finalement, mes écailles et mon obstination m’ont permis d’atteindre l’objectif que je m’étais fixé en préparant cette randonnée : un ancien réservoir d’eau qui se trouve à 1158 mètres d’altitude et environ 340 mètres plus haut que mon point de départ.

J’ai continué encore un peu par la suite, puis la neige s’est mise à tomber fort sur la montagne et je me suis arrêté au pied d’une autre section abrupte que je n’ai pas eu le courage d’affronter.

Me restait alors à descendre dans de la neige tracée par seulement quelques skieurs environ 375 mètres de dénivelé. Facile, non ?

Eh bien non.

Le principal problème, c’était le manque de neige. Je m’en suis rendu compte dès le départ en écorchant un ski sur un rocher et en prenant une méchante fouille par la même occasion.

J’ai été beaucoup plus circonspect par la suite, renonçant à faire de la vitesse et m’arrêtant souvent pour tenter de repérer les pièges que me tendait la montagne.

En arrivant à la section abrupte qui avait failli mettre fin à mon ascension, je capotais un peu. J’avais vu en montant que la couverture de neige était particulièrement mince dans ce bout-là. Mais heureusement, j’ai pu la contourner en bonne partie en empruntant un couloir en forêt où il y avait beaucoup de neige vierge.

Après ce bout en mode survie, j’ai eu droit à ma récompense de la journée : une longue section juste assez inclinée pour moi, où la neige était profonde et où j’ai pu faire de la vitesse et des virages agréables.

J’ai tellement aimé ce tronçon que je l’ai fait trois fois en remontant de moins en moins vite à mesure que la fatigue s’accumulait.

C’est à ce moment-là que j’ai vu le gars qui m’a vendu mes skis redescendre après avoir monté presque toute la montagne…

Cette virée va rester pour toujours gravée dans ma mémoire… et aussi sous mes skis que j'ai esquinté pas mal pendant ma descente. 

Après ma randonnée, mon retour à la civilisation n'a pas pris beaucoup de temps. Après 15 minutes en auto, j'étais rentré au Omni Mount Washington Hotel; et après une bonne douche, j'étais prêt pour l'après-ski...

 

Aucun commentaire: