31 mars 2017

La CCC au mont Gabriel

Ça fait partie de mes traditions annuelles : au moins une fois par année, je vais faire du ski en oubliant d’amener mon téléphone.

C’est ce que j’ai fait aujourd’hui en allant faire une randonnée sur la piste de ski nordique CCC à Sainte-Adèle. Alors désolé de vous ramener au bon vieux temps où il n’y avait pas de photos sur Internet.

Inspiré par la carte des sentiers de Plein Air Sainte-Adèle, j’ai commencé mon excursion au sommet du mont Gabriel. La CCC part de là, en direction du mont Loup-Garou, et sur la carte c’est indiqué qu’on peut garer sa voiture dans le stationnement de l’hôtel Mont-Gabriel.

C’est ce que j’ai fait. Puis j’ai dû marcher un petit cinq minutes avec mes skis sous le bras, puisque le sentier démarre au bout du chemin du Mont-Gabriel.

Il y a une balise rouge «CCC» à l’entrée du sentier  et une autre qui nous indique qu’il faut d’abord grimper dans une colline déboisée où est plantée une antenne de télécommunication.

Une fois à l’antenne, on est un peu perdu puisqu’il n’y a pas de balise en vue. Mais il faut aller jusqu’au bout de la clairière qui s’étend à droite pour trouver l’endroit où la CCC s’enfonce en forêt et devient une véritable piste.

La piste est bien balisée par la suite… mais elle est quand même un peu difficile à suivre parce qu’elle croise plusieurs sentiers informels. À plusieurs intersections, on se demande quelle direction prendre.

Quelques balises et flèches supplémentaires régleraient vite le problème. Mais d’ici là, il faut tenter sa chance et rebrousser chemin si on cesse de voir des balises rouges. Ce que j’ai dû faire trois ou quatre fois pendant ma randonnée.

C’est le seul reproche que je peux faire à cette section CCC que j’ai trouvée fort agréable même si les conditions étaient difficiles aujourd’hui. La piste était glacée et une motoneige l’avait empruntée sur un bon bout. Mais avec mes gros skis larges, je me suis bien amusé sans jamais passer proche de me casser la gueule.

La CCC est pourtant assez accidentée. Les montées et descentes s'enchaînent sans cesse. Mais comme elle plutôt large pour une piste de ski nordique des Laurentides, on a de l’espace pour manœuvrer.

J’ai suivi la CCC sur à peu près trois kilomètres avant de rebrousser chemin au bord d’un marais que j’ai préféré ne pas traverser si tard en saison.

J’ai aussi passé pas mal de temps à explorer les abords de la piste. Près de son point de départ, il y a des sentiers de raquettes, quelques pentes dégagées et le terrain de golf de l’hôtel où on peut faire des incursions. Et plus loin en forêt, comme je le disais, la CCC croise quelques sentiers informels qu’on peut aussi explorer.

Bref, voilà un coin où je vais sûrement retourner… et pas seulement pour prendre des photos. J’ai beaucoup aimé ma randonnée, et j’ai beaucoup aimé pouvoir faire un peu d’après-ski au bar de l’hôtel Mont-Gabriel. Ma façon de remercier l’établissement de nous laisser utiliser son stationnement !   

26 mars 2017

Une randonnée sur la Sheppard


J’ai payé 12$ pour faire du ski nordique aujourd’hui, et j’en ai eu pour mon argent.

J’ai fait une randonnée sur la Sheppard, une piste de ski nordique qui fait partie du réseau de Plein Air Sainte-Adèle et qui est accessible via le P’tit Train du Nord, environ un kilomètre au nord de la route 370.  
 
Il y a un stationnement et un point d'accès au P’tit Train du Nord sur la route 370. C’est là que j’ai commencé ma randonnée en achetant un billet d’accès au P’tit Train du Nord et en avançant cahin-caha sur l’ancienne voie ferrée avec mes gros skis nordiques aux pieds. 

Ça vaut la peine que je vous décrive la neige que j’ai trouvée en bifurquant sur la Sheppard. Sous l’action du soleil, la neige qu’on a eue vendredi était devenue humide et moelleuse, mais pas collante. 

À part un raquetteur égaré sur les 500 premiers mètres de la piste, personne n’était passé là avant moi depuis la bordée de neige de vendredi ; et la glisse sur cette «poudreuse chauffée au soleil» était fantastique. 

En quittant le P’tit Train du Nord, la Sheppard se faufile entre deux collines en nous faisant prendre de l’altitude pendant environ un kilomètre. Cette première section était un peu chaotique aujourd’hui. Il y avait de grands trous dans la piste, peut-être dus au dégel du printemps. 
Cette longue montée nous mène sur un plateau situé au pied d’une impressionnante colline rocheuse. 

C’est sur l’autre versant de ce plateau que j’ai frappé le gros lot : une longue descente pas très à pic, mais quand même rapide aujourd’hui, où j’ai pu slalomer dans de la neige complètement vierge que mes skis découpaient comme du beurre mou. 

Juste ça, ça valait 12$ !  

Cette descente-là débouche sur le chemin du lac Léon, qu’il faut traverser pour aller plus loin.

J’ai suivi la Sheppard sur un peu plus de deux kilomètres, jusqu’à une intersection où elle croise la piste Grignon avant de traverser le lac Pas-de-Poisson. 

J’ai ensuite fait une brève incursion sur la Grignon, dont les balises rendent hommage au plus célèbre personnage créé par l’écrivain Claude-Henri Grignon… 

Je n’ai pas poussé tellement loin pour une bonne raison : les nuages ont soudain envahi le ciel des Laurentides, changeant radicalement l’atmosphère et surtout la glisse. Presque instantanément, la neige est devenue plus glacée et beaucoup plus rapide. 

J’ai donc rebroussé chemin ; et dans ces nouvelles conditions, redescendre vers le P’tit Train du Nord en passant par la section chaotique que je décrivais plus haut a mis ma technique à l’épreuve. 

Ce sont les aléas du ski de printemps. Mais qu’à cela ne tienne : j’ai beaucoup aimé ma randonnée sur la Sheppard. Et je vais certainement y remettre les skis un de ces jours, cette fois pour faire aussi la Grignon, la Thé des Bois et la Maple Leaf. 

NOTE : le stationnement d’où je suis parti n’est pas signalé sur la carte ci-dessous, mais il se trouve sur la route 370, là où le P’tit Train du Nord décrit deux fers à cheval avant de croiser la route.  

24 mars 2017

Au sommet de la Montagne Noire


Je déteste conduire quand il neige. Mais bon, en tant que skieur, il faut parfois que je surmonte ma haine de la sloche qui s’accumule sur la route et des camions qui emplissent mon pare-brise.

C’est ce que j’ai fait aujourd’hui et ça m’a permis de faire une dure, mais très satisfaisante randonnée jusqu’au sommet de la Montagne Noire, près de Saint-Donat. 
 
J’ai skié sur le sentier Inter-Centre, une piste de ski nordique longue de 28 kilomètres qui relie Saint-Donat à Lac-Supérieur en empruntant un tracé montagneux complètement en dehors de la civilisation qui relie les montagnes Noire, Blanche et Grise.

Je suis parti de l’extrémité est du sentier Inter-Centre, d’un point d’accès situé sur le chemin Régimbald, juste à l’ouest du lac Archambault. 

On est à environ 430 mètres d’altitude à cet endroit. Et à six kilomètres du sommet de la Montagne Noire qui se trouve à 872 mètres d’altitude.

L’ascension démarre raide. Pendant les deux premiers kilomètres, on grimpe sans discontinuer ou presque ; par un sentier assez large où on a déjà hâte de faire des virages sur le chemin du retour. 

Ensuite, la piste s’aplanit un peu pendant un peu plus d’un kilomètre. On monte toujours, mais il y a parfois de bouts plats et de courtes descentes ; dans une forêt de conifères qui m’a rappelé le voyage dans les Rocheuses que j’ai fait à Noël. 
Après ça, on recommence à grimper raide alors que le sentier serpente vers le sommet de la Montagne Noire. 

On est rendu à plus de 800 mètres d’altitude quand on tombe sur une des principales attractions du sentier Inter-Centre : l’endroit où s’est écrasé un avion quadrimoteur de l’armée canadienne en 1943. 

Les débris de l’appareil, un Liberator baptisé «Harry», sont toujours sur place. L’accident a fait 24 morts et reste la plus mortelle tragédie de l’histoire de l’aviation militaire canadienne. 

Sans le savoir, j’ai pris la une photo qui donne une idée de la quantité de neige qu’il y a en ce moment sur la Montagne Noire…

C’est le sommet de l’obélisque au centre du monument que j’ai pris en photo. Je n’ai absolument pas vu les croix qui étaient complètement enterrées. Je pense même être passé sur celles de gauche sans m’en rendre compte. 

Le sentier devient plus étroit à mesure qu’on s’approche du sommet. Puis on a droit à un dernier «mur» extrêmement pentu et chaotique.

Il y avait plusieurs arbres tombés dans cette dernière montée avant le sommet, des lames de neige et des plaques de glace dissimulées sous la poudreuse. Tellement que j’ai bien failli rebrousser chemin à quelques mètres du sommet… 

Je suis content d’avoir persévéré même si, avec la neige qui tombait, la vue du sommet n’avait rien d’extraordinaire. 

Il m’a fallu deux heures pour atteindre le sommet… et j’y suis resté moins de dix minutes !

Après le mur pentu et chaotique, où je suis descendu très prudemment, j’ai trouvé la descente très agréable. Ça reste de la randonnée puisqu’il y a des plats et des petites montées à franchir. Mais il y a aussi de belles pentes où on peut s’amuser à faire des virages dans la neige vierge en profitant de la largeur de la piste.  

C’est dans le dernier kilomètre que la descente est la plus excitante. J’ai terminé ma journée en slalomant jusque dans l’entrée du sentier et avec le sentiment du devoir accompli ! 

23 mars 2017

La TransTerrebonne - secteur Pommeraie

La saison de ski tire à sa fin, mais on peut encore faire du bon ski si on choisit bien son lieu et son moment pour partir en randonnée. 

C’est ce que je retiens de ma sortie d’aujourd’hui sur la TransTerrebonne, un sentier de ski qui constitue une bonne destination de fin de saison pour deux raisons : il est tracé sur une piste cyclable asphaltée parfaitement nivelée et il est entretenu par une grosse dameuse capable de faire des miracles pour les skieurs. 

J’ai commencé ma randonnée au bon moment : en début d’après-midi, après que le soleil ait eu le temps de ramollir la surface durcie de la piste. Et j’ai eu droit à de bonne glisse même si les conditions variaient de «passablement enneigées» à «asphaltées par endroit».

J’ai profité de l’occasion pour découvrir l’extrémité ouest de la TransTerrebonne, en partant du parc de La Pommeraie, pas tellement loin de l’autoroute 640 et de Bois-des-Fillion. 

À cet extrémité, comme à l’autre, la piste de ski démarre au pied du Coteau de Terrebonne. 

Cet escarpement d’une trentaine de mètres fait le charme à la TransTerrebonne. D’abord parce qu’il ajoute un peu de relief au parcours. Et ensuite parce qu’il nous permet de skier en milieu boisé alors qu’on est en pleine banlieue. 

En partant du parc de la Pommeraie, on file au pied du Coteau pendant à peu près deux kilomètres. Ensuite, on grimpe sur le Coteau et la piste contourne le Golf Le Versant en passant tout près de l’autoroute 40. 

À mon avis, cet extrémité ouest de la TransTerrebonne n’a pas autant de charme que sa contrepartie est. On est moins en forêt et plus exposé au vent. 

Par contre, dans ce bout-là, le Coteau me semble offrir des tonnes de possibilités pour faire de la «descente sauvage» dans des sentiers comme celui-ci.

J’ai repéré plusieurs descentes du genre qui m’ont l’air parfaites pour faire du ski Hok ou du télémark à petite échelle. Va falloir que je retourne essayer ça un de ces jours avec mes skis plus larges, juste après une bonne chute de neige. 
 

19 mars 2017

Il était une fois dans l'est

C’est officiel : les sentiers de ski nordique du club de plein air de Sainte-Agathe-des-Monts ont été mon coup de cœur de l’hiver. J’y ai fait quatre randonnées depuis janvier, un record d’assiduité pour le skieur sans domicile fixe que je suis.

Ces derniers jours, j’ai fait deux sorties dans la partie ouest de réseau, de chaque côté du chemin Brunet.

Dans ce coin-là, le point d’accès aux sentiers le plus pratique se trouve sur la rue Des Pommiers, tout près du chemin Brunet. On peut garer sa voiture sur la rue et emprunter une bretelle qui démarre juste à côté de l’entrée d’une maison et mène à la piste Gillespie.

La Gillespie est une piste historique qui relie Sainte-Agathe, Val-David et Val-Morin. J’y ai fait une belle randonnée aujourd'hui en la suivant vers l’est.  

Ça commence à une longue descente débouchant à une intersection avec le sentier Bergerie. Ensuite, la Gillespie grimpe au sommet d’une montagne où il y a «campe» privé installé dans une clairière.

C’est dans cette clairière que j’ai mangé mon lunch sous le gros soleil qui brillait. La montée est rude pour en arriver là, alors c’est un bon endroit où rebrousser chemin puisqu’on repart en profitant d’une bonne descente.

En revenant vers l’ouest, j’ai pris le sentier Bergerie qui débouche sur le chemin Brunet. Il faut ensuite marcher vers le sud sur le chemin pour reprendre la piste à la ferme de Pierre Gougou, un des «pères fondateurs» de ce réseau de sentiers.

La montagne où grimpe le sentier La Bergerie après avoir traversé la ferme constitue le vrai joyau du secteur.

On y trouve ce joli refuge peint en bleu et un mini réseau de courts sentiers balisés permettant d’explorer le sommet de la colline.

On peut sûrement passer une demi-journée à s’amuser dans ce coin-là qui me semble parfait pour initier un enfant aux joies du ski nordique ou du ski Hok. À condition bien sûr que l’enfant arrive à grimper la montagne qui est quand même imposante.

Dévaler cette montagne reste toutefois l’attraction principale du secteur.

On peut le faire par une descente judicieusement nommée «La descente aux enfers», qui se trouve sur le sentier Catherine et qui est assez corsée merci. 
 
Jeudi, j’ai vécu un des bons moments de ma saison en descendant là-dedans dans une bonne couche de poudreuse presque vierge. Aujourd’hui, par contre, la neige était lourde et mouillée et je suis plutôt descendu en mode survie.

On peut aussi descendre par le sentier Bergerie où c’est plus rectiligne et moins pentu. Très agréable dans la neige fraîche et moins casse-cou quand les conditions se dégradent.

Du sommet de la montagne, le meilleur moyen de rentrer vers le stationnement de la rue Des Pommiers est d’aller reprendre la Gillespie qui redescend vers le chemin Brunet en passant tout près de l’autre relais du secteur, le refuge de l’Alpage. On termine ainsi sa randonnée en descendant plutôt qu’en montant.

Difficile de trouver meilleur endroit pour profiter d’une bonne chute de neige fraîche dans les Laurentides ! 

 

12 mars 2017

Donner la chance aux Coureurs

Malgré toute la pluie qu’on a eu au cours des deux dernières semaines, tous les sentiers de ski du club Les Coureurs de Boisés à Laval sont encore ouverts et praticables.  

Voilà ce que j’ai le goût de vous dire à propos de ma randonnée d’aujourd’hui au Bois Duvernay, le fief des Coureurs des Boisés. Parce que ça vous donne une idée du travail abattu par l'équipe d'entretien qui s’occupe de ces pistes-là. Et parce que ça vous donne aussi une idée du genre de terrain où sont tracées ces pistes. 

En effet, pour qu’un sentier de ski reste praticable alors qu’il est en grande partie glacé, il ne faut pas qu’il soit vallonné. C’est le cas de toutes les pistes du Bois Duvernay, où on skie en terrain presque complètement plat.

Le réseau est vaste tant pour le style classique que pour le pas de patin : environ 25 kilomètres au total.

D’habitude, j’apprécie surtout les sentiers réservés au style classique qui sont étroits et sinueux. Mais en cette journée de conditions très rapides, j’ai eu davantage de plaisir sur les pistes de pas de patins même si je suis loin d’être un as de cette technique. C’était tout simplement la meilleure façon d’avancer vite sur la neige bétonnée qu'on avait sous les skis.

J’ai deux secteurs favoris au Bois Duvernay. La boucle 2, qui serpente agréablement en forêt et comporte un peu de relief. Et la section de la piste 3 qui traverse une forêt de petits arbres tordues et lugubres qui me donnent toujours l’impression dans un bois de conte fantastique.

C’est dans ce bout de la piste 3 qu’on trouve les plus «grosses» descentes sur le réseau ; quelques courtes pentes aménagées au flanc d’un escarpement haut de cinq ou six mètres. 

Bref, rien pour s’exciter. Mais on peut tout de même éviter toutes ces pentes puisque le sentier se dédouble pour nous offrir un trajet restant au sommet de l’escarpement. 

Le poste d’accueil où on peut acheter son billet d’accès et farter ses skis est situé au sous-sol d’un centre communautaire. À défaut d’avoir du charme, ce local est vaste très fonctionnel.


Il y a aussi un relais en forêt où s’est toujours agréable de faire halte. L’endroit était couru aujourd’hui puisque c’était la «journée hot-dog» annuelle du club. Ce qui m’a permis de luncher gratis…

 Conclusion : vous ne me verrez jamais au Bois Duvernay quand il vient juste de tomber de la belle neige et que les conditions sont bonnes. Par contre, quand les conditions se compliquent, voilà un endroit où le skieur montréalais peut se réfugier sans trop faire de route. 



  

10 mars 2017

Parc de la Gatineau – secteur Chelsea

Même s’il est immense et très décentralisé, le réseau de sentiers de ski du parc de la Gatineau possède un centre névralgique ; et c’est à Chelsea qu’il se trouve.

D’abord parce que c’est à Chelsea que le pavillon d’accueil du parc est situé. Et ensuite parce que plusieurs points d’accès au réseau de sentiers du parc sont à quelques minutes du vieux Chelsea où on trouve plusieurs cafés et restaurants qui doivent au parc une bonne partie de leur achalandage.

En fait, on skiait déjà à Chelsea bien avant la création du parc de la Gatineau. Dans les années 20 et 30, c’est en train qu’on venait skier dans les collines de Gatineau. Et beaucoup de skieurs descendaient à Chelsea pour ensuite se rendre au Camp Fortune.

À l’époque, le Camp Fortune n’était pas une station de ski alpin. C’était plutôt un refuge pour skieurs de randonnée d’où partaient de nombreux sentiers.

Ça explique pourquoi le réseau de pistes de ski du parc est particulièrement touffu dans ce secteur de parc. Et ça explique pourquoi on trouve dans ce coin presque toutes les pistes de ski nordique non entretenues du parc, qui sont des vestiges de cette époque.  

Je rêvais d’essayer ces pistes-là quand j’ai décidé de venir passer deux jours à Chelsea. Mais c’est partie remise : avec la pluie qui s’est abattue sur la région en début de semaine, et le froid qui a suivi, les conditions étaient bien trop glacées pour que je m’y aventure. 

J’ai donc été contraint de me rabattre sur les pistes travaillées mécaniquement. Où j’ai assurément skié dans les meilleures conditions compte tenu des circonstances météo.

L’entretien est effectué avec un zèle exemplaire au parc de la Gatineau. Mettons qu’on sent qu’on est dans la région de la capitale nationale et que c’est le fédéral qui paye les dépenses.

À la hauteur de Chelsea, le parc de la Gatineau regorge d’attraits pour skieurs. 

Il y a d’abord les promenades. De prime à à bord, ces larges pistes de ski tracées sur des routes asphaltées ne m’ont jamais attiré. Mais je dois dire que je me suis beaucoup amusé sur ces boulevards pour skieurs au cours des deux derniers jours.

Le truc : s’arranger pour les emprunter uniquement pour descendre. On trouve en effet sur ces promenades de très longs faux plats où même un skieur ordinaire comme moi peut patiner à très haute vitesse quand il a la pente en sa faveur.

Pas loin de Chelsea, on trouve aussi plusieurs relais où on peut aller casser la croûte. Le vaste Keogan et le minuscule Shilly Shally sont les plus facilement accessibles. Ils sont situés à moins d’un kilomètre l’un de l’autre, sur la piste 1. 

Autre attraction à explorer : la «piste d’entraînement» située à proximité du Camp Fortune. C’est un labyrinthe de sentiers tracé dans un espace extrêmement restreint et extrêmement vallonné. On a l’impression de faire un tour de manège tellement ça monte, ça descend et ça tourne dans ce parcours en circuit fermé conçu pour pousser à bout des athlètes.

Je garde aussi un très bon souvenir des pistes réservées au style classique s’étendant entre le domaine Mackenzie King et le Lac Pink, la 7 et la 15.

Pour profiter du relief, mieux vaut emprunter le premier pour se diriger vers le lac Pink et le second pour revenir. Le tronçon du sentier 15 passant au nord du lac Pink est à faire absolument. En le skiant d'est en ouest, on a droit à une série de descentes sinueuses vraiment géniales.

Il me reste à vous parler de mon coup de cœur d’aujourd’hui : le tronçon classé très difficile de la piste 1 qui nous mène du Belvédère Champlain jusqu’au village de Chelsea.

En partant du Belvédère Champlain, on a droit à une hallucinante descente se prolongeant presque jusqu’à la promenade Fortune. La pente est soutenue, très longue et coupée de quelques bons virages.

De loin le meilleur moment de ma saison sur mes skis classiques.  


04 mars 2017

Aller chez le Diable


À cause du réchauffement climatique, la région de Mont-Laurier deviendra-t-elle un jour le terrain de jeu hivernal des Montréalais ?

Chose certaine, si c’est le cas, préparez-vous à faire de la route. Parce que c’est loin en diable, la région de Mont-Laurier.

C’est particulièrement vrai pour le parc régional Montagne du Diable, qui se trouve dans l’arrière-pays de Ferme-Neuve et à environ trois heures de route de Montréal.

Je suis allé passer deux jours à cet endroit en fin de semaine pour une bonne raison : c’est le seul coin des Laurentides où il était tombé une quantité significative de neige après la pluie de cette semaine.

On trouve au parc une quarantaine de kilomètres de pistes de ski de fond entretenues mécaniquement qui sont tracées au pied de la montagne et que je n’ai fait qu’entrevoir en fin de semaine.

 J’étais plutôt là pour faire du ski nordique dans la poudreuse et grimper dans la montagne qui culmine à 783 mètres et offre environ 550 mètres de dénivelé.  

Il y a dans le parc 55 kilomètres de sentiers de ski nordique où beaucoup de skieurs font des randonnées de deux jours en profitant des six refuges disséminés sur la montagne.

Moi je me suis plutôt contenté de grimper deux fois dans la montagne en partant du pavillon d’accueil du parc. Ce qui m’a permis de découvrir un réseau où on fait du vrai ski de montagne… version québécoise.

Le premier jour, je suis parti avec l’intention d’atteindre le sommet du Diable, le point culminant de la montagne. Sur mes gros skis et dans mes grosses bottes en plastique, je me suis lancé sur le sentier B… pour découvrir que ça montait en diable.

Parti un peu tard à cause de mes trois heures de route, et ralenti par mon équipement lourd, j’ai fini par stopper mon ascension au refuge Des Ruisseaux où j’ai jasé avec deux skieurs du Viking Ski Club qui se préparait à passer la nuit dans cette jolie cabane et un quatuor de raquetteurs qui y faisait halte avant de poursuivre leur route vers un autre refuge.

Après ça, je suis redescendu vers le pavillon d’accueil par la piste C… en me disant tout long que j’aurais plutôt dû descendre par la piste B. La C est moins pentue et sur mes gros skis, ç’a donné une descente bien peu excitante.

Le lendemain matin, je me suis levé avec la ferme intention de profiter de ce que j’avais appris la veille pour faire une meilleure randonnée… même s’il faisait -26 à Mont-Laurier au lever du jour.   

Le mercure avait «grimpé» à -20 quand je me suis lancé en piste vers 11h avec un nouvel objectif: la paroi de l’aube et le sommet du Garde-feu, qui se trouvent à un peu plus de sept kilomètres de l’accueil.

Cette fois, pour économiser mes jambes, j’ai commencé ma montée sur le sentier C pour profiter de sa pente plus graduelle. Puis j’ai poursuivi mon ascension sur la piste A en me sentant de plus en plus «en montagne».

Les conifères bien enneigés, des plaques de neige durcie par le vent, le froid sous un ciel sans nuage, la solitude puisque je n’ai pas vu âme qui vive pendant toute ma montée… C’était assez magique comme ambiance.

Il m’a fallu un peu plus de deux heures pour atteindre le sommet du Garde-Feu, où on est à 756 mètres d’altitude. J’ai ensuite décidé d’aller me réchauffer au «Halte-titude 727», un relais-resto-bar perché tout en haut de la montagne et surtout fréquenté par les motoneigistes.

J’ai bien fait parce que c’est un endroit unique.

 La vue depuis le promontoire où est installé le relais est extraordinaire et c’est vraiment particulier de soudain retrouver la «civilisation» après un deux heures de randonnée solitaire. Surtout quand la «civilisation» est composée de plusieurs dizaines de motoneiges et de VTT garés à proximité d’une mini brasserie égarée dans la forêt. 
J’ai donc pu prendre un café et changer de chandail bien au chaud avant d’amorcer ma descente.

J’ai commencé par faire environ deux kilomètres dans la poudreuse presque vierge sur le sentier A1, où seulement deux skieurs m’avaient précédé. En enchaînant quelques courtes descentes pas mal le fun. Voilà de quoi ça avait l’air…

Plus bas, après un bout plus tranquille sur le sentier A, j’ai diablement eu du plaisir en redescendant vers le pavillon d’accueil par la piste B. À plusieurs endroits, la pente était bonne et j’ai pu faire mes plus beaux virages télémark en carrière dans la poudreuse de chaque côté de la trace laissée par les autres skieurs.

À force de lire sur le sujet, je pense avoir trouvé le meilleur tuyau qu’on puisse donner au sujet du virage télémark: quand on s’accroupit en position télémark, le ski extérieur devant le ski intérieur, il faut se concentrer sur son genou arrière et le pointer dans la direction où on vire, un peu comme si on essayait de tirer le reste de notre corps avec ce genou.   

C’est exactement ça qui se passe, d’ailleurs. Le reste du corps suit et on tourne comme par miracle.

Il fallait que j’aille à la montagne du Diable pour vivre un tel état de grâce !