29 janvier 2013

Sentiers de Saint-Côme


L’avantage d’être pigiste, c’est qu’on peut prendre congé quand on veut. C’est ce que j’ai fait aujourd’hui pour aller profiter des bonnes conditions de ski... avant le redoux et la pluie qu’on nous annonce pour les prochains jours.

J’en ai profité pour aller découvrir les sentiers de Saint-Côme. Alors j’ai passé une bonne partie de ma journée... assis dans ma voiture. Parce que c’est pas mal loin dans Lanaudière, Saint-Côme. En tout cas plus loin que je ne l’imaginais quand je suis parti de chez moi.

Heureusement, ça valait la peine. J’ai fait une belle et longue randonnée dans des sentiers qui sont sûrement très appréciés des Cômiers – oui c’est ça qu’il faut dire, j’ai vérifié.

Il y a plusieurs points d’accès au réseau de sentiers tracés presque entièrement dans la forêt au nord du village. Je suis parti du point d’accès «Marion» au bout de la 36 ième avenue, qui me semble le plus pratique pour un visiteur de l’extérieur. Il y à là un stationnement et ce banc où on peut ramasser une carte du réseau.

J’étais un peu déçu au début de ma randonné parce que j’ai commencé par faire la piste 1. C’est une honnête sentier facile tracé sur le plat, dans une belle forêt de conifères – comme en trouve par dizaines beaucoup plus près de Montréal. Même chose pour les pistes 3 et 4 qui sont tracés juste à côté de la 1.

J’ai retrouvé le sourire en parcourant les sentiers 8 et 2 , qui sont tracés dans une colline culminant à 300 mètres. Les plus belles descentes sur le réseau se trouvent dans ce secteur-là. J’ai profité du fait que les sentiers ne sont pas à sens uniques pour faire plusieurs boucles dans ce coin-là afin d’essayer toutes les descentes.

Un détail que j'ai apprécié: à un endroit, sur le sentier 8, on a une vue sur le village. 

Les pistes 5 et 6 sont moins accidentées, mais quand même intéressantes. La 5 nous amène près d’une colline au flanc de laquelle il y a une jolie parois rocheuse à admirer. Et passe par la «halte à Gérard» qui, à défaut d’offrir un abri pourvu de murs, possède un beau foyer extérieur.

De son côté, la piste 6 contourne la colline avant de former une petite boucle de l’autre côté. Dans la clairière de l’autre côté de la colline, le regard porte loin et on a vraiment une belle vue les montagnes environnantes... que je n’ai pas vraiment réussi à capturer avec mon iphone !

Tous les sentiers sont tracés en double, uniquement pour le style classique. L’entretien a l’air d’être fait avec un engin léger tiré par une motoneige ou un VTT. Alors vaut mieux visiter l’endroit quand les conditions sont bonnes.

En résumé, voilà un réseau destiné avant tout à la «clientèle locale» qui a tout ce qu’il faut pour plaire à tout le monde. À ne pas manquer si, par exemple, vous louez un chalet dans le secteur. 

25 janvier 2013

Forêt Summerstown


Comme j’habite sur l’île Perrot, à l’ouest de Montréal, ça m’arrive parfois d’aller skier en Ontario. C’est ce que j’ai fait aujourd’hui en me rendant à Summerstown, un petit village quelques kilomètres à l’est de Cornwall.

Je n’ai pas vu le village parce que j’ai filé droit vers ses sentiers de ski de fond. Qui se trouvent dans une forêt s’étendant tout juste au nord de la sortie 804 de l’autoroute 117. Et qui sont très bien signalés par cette énorme pancarte. 

En arrivant, j’ai eu la surprise de voir... un container. Qui, je crois, sert de «chalet d’accueil». 

La grosse boîte en métal était fermée aujourd’hui, mais j’ai lu sur le site de l’organisme qui s’occupe des sentiers qu’on peut y louer de l’équipement la fin semaine. J’imagine que c’est dans la grosse boîte que ça se passe parce qu’il n’y a pas d’autre bâtiment à l’entrée des sentiers... à part une bécosse en plastique.

J’ai fait du meilleur ski que ce à quoi je m’attendais. Le réseau de sentiers fait une vingtaine de kilomètres. Il est composé d’une large piste formant une boucle, tracée pour le classique et le pas de patin, d’où partent d’étroits sentiers tracés pour le classique.


Les conditions étaient moyennes aujourd’hui parce que le froid glacial des derniers jours a transformé la neige en béton blanc. Mais j’ai quand même une belle randonnée parce que l’engin d’entretien avait fait du bon travail.

Je m’attendais à skier sur du terrain plat comme une table de billard, alors j’ai été surpris par de trouver un peu de relief. Du côté sud de la boucle, les sentiers se déploient en terrain accidenté et légèrement vallonné. On a même droit à deux ou trois descentes digne de ce nom.

Il faut dire que la neige était très rapide aujourd’hui. Alors la moindre pente devenait excitante.

Côté paysage, il y a deux mots qui me viennent en tête : «lugubre» et «diversifé». On skie le plus souvent dans un boisé de films d’horreur où il y a beaucoup  d’arbres morts et de vieux troncs jonchant le sol. Mais on traverse aussi des marais de films d’horreur et des îlots de conifères de films d’horreur. Bref, je n’ai jamais l’impression d’être dans un parc bucolique ou un centre de villégiature. Ma randonnée m’a plutôt rappelé mon enfance sur la Côte-Nord, quand je skiais sur les terres boisés de mes oncles.

Le sentier le plus attrayant est le raccourci qui traverse la boucle principale de part en part en passant par un marécage. On s'y sent très loin de la civilisation. Il y avait des tonnes de traces de chevreuils dans ce coin-là, mais je n'en ai pas vu un seul. 

Conclusion: c’est la plus belle sortie de ski que j’ai fait jusqu’à présent dans le «proche Ontario». Bien sûr, ça ne vaut pas la peine de venir de Montréal pour skier à cet endroit. Mais c’est une destination intéressante pour les skieurs de la région de Vaudreuil et de Valleyfield – un coin où on ne trouve pas beaucoup de centres de ski de fond. 


20 janvier 2013

Centre de ski de fond de L'Estérel

Si j’ai bravé les bourrasques de neige aujourd’hui pour rouler jusqu’au centre de ski de fond de l’Estérel, c’était avant tout pour voir son nouveau chalet d’accueil.

Alors le voici...

Le joli bâtiment remplace la pas mal moins jolie roulotte dont il fallait s’accommoder depuis le divorce entre le centre se ski de fond et l’hôtel Estérel. Avec son construction, on peut dire que le centre complète son retour parmi les bons endroits pour faire du ski dans les Laurentides. 

C’est un bon centre pour les skieurs de calibre intermédiaire parce que tous ses sentiers sont relativement courts et arpentent du terrain que je qualifierais de «modérément montagneux».

Il y a du relief, mais on ne se frotte jamais à une vraie grosse montée épuisante. Et comme tous les sentiers sont tracés à la fois pour le patin et le classique, on n’a toujours assez d’espace pour exécuter son chasse-neige dans les descentes qui sont parfois abruptes mais jamais monumentales. 

Pour les mêmes raisons, c’est aussi une bonne destination quand les conditions se compliquent. Surtout que l’entretien est fait avec soin et du bon équipement.

Le sentier qui contourne le lac Dupuis avant de passer près de l’hôtel L'Estérel et de traverser le plan d’eau compte parmi mes préférés dans les Laurentides. Mais je ne l’ai pas fait aujourd’hui parce qu’il n’avait été tracé... et parce que jamais je n’aurais osé m’aventurer sur le lac par cette journée de grand vent.

La météo était surréaliste aujourd’hui dans les Laurentides. Par bouts, il neigeait à plein ciel. À d’autres moments, il faisait grand soleil. Et il y avait parfois des coups de vent à vous arracher de vos bottines de ski. Mais j’ai quand même fait une randonnée agréable parce que les sentiers sont généralement bien protégés par les arbres. 

J’ai fait notamment la piste 10 où j’ai eu la joie de découvrir ceci...


C’est une inscription laissée par Jack Rabbit Johannsen à l’époque où il sillonnait les Laurentides à  skis  qu’on a eu la bonne idée de mettre en valeur.

Ce n’est pas la seule relique du passé qu’on peut voir en se rendant à L’Estérel. Aujourd'hui moins fréquenté, ce coin-là des Laurentides possède une histoire très riche dont il subsiste des vestiges.

En roulant sur la route 370 vers Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, on passe devant l’endroit où se trouvait le Chalet Cochand, un des premiers centre de ski des Laurentides. On voit encore les pistes de descente taillés dans la colline derrière le lac Lucerne. On skiait à cet endroit dès 1915. Et c’était encore une station très populaire dans les années 50.

Mais pour vraiment se sentir comme un archéologue découvrant une civilisation perdue, il faut aller voir les vestiges de l’ancien domaine L’Estérel.

Chaque fois que je vais dans ce coin-là, je vais jeter un coup d’œil au «centre cultrel» de L’Estérel qui, paradoxalement, abrite l’hôtel de ville à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir l’air en très mauvais état.

Encore aujourd’hui, ce blanc bâtiment moderne a l’air d’un OVNI atterri au milieu des Laurentides. Alors imaginez à quel point il devait détonner quand le baron belge Louis Empain l’a fait construire en 1936 !

L’Estérel à ce moment-là, c’était un centre de villégiature de luxe que le richissisme baron développait sur 7000 hectares de terrain qu'il avait acheté après avoir été séduit par le secteur. Le centre culturel en était le point central. Conçu par un autre belge, l’architecte Antoine Courtens, il abritait notamment des boutiques de luxe, une station-service, un salle de cinéma et une salle de bal. 

C'était la grande classe: le premier spectacle présenté dans cette salle mettait en vedette nul autre que Benny Goodman !

Ce n’est pas le seul gros nom qui a fréquenté les lieux. L’écrivain belge Georges Simenon a écrit un de ses meilleurs livres, Trois chambres à Manhattan, alors qu’il séjournait dans un chalet du domaine.

Pas loin du centre communautaire, il y avait un hôtel de 40 chambres dessiné par Courtens qui devait être époustouflant à ses belles années. Comme le prouve les photos sur ce site...

C’est la Deuxième Guerre Mondiale qui a fait dérailler l’extravagant projet du baron. Après avoir longtemps servi de centre de soin longue durée, l’hôtel a été démoli il y a peu de temps. Je suis allé en faire le tour à pied cet été et j’ai eu l’impression d’atterrir dans un film de zombies tellement le bâtiment avait été vandalisé.

Le domaine du baron Empain comprenait aussi un «club nautique» aux lignes futuristes, érigé au bord du Lac Masson. Ce bâtiment a été incorporé à l’hôtel Estérel construit en 1958 par un nouveau promoteur, Fridolin Simard, qui s’était porté acquéreur d’une partie du domaine du baron. C’est cette partie-là qui a fini par devenir la municipalité de L’Estérel – où, aux dernières nouvelles, il y a peu près 200 habitants.

Récemment rénové et agrandi, l’hôtel a l’air d’avoir le vent dans les voiles. Ça aussi c’est une bonne nouvelle pour le centre de ski de fond qui en tire une partie de sa clientèle.