31 mars 2015

L’Escapade du mont Rigaud


J’ai fait deux randonnées au mont Rigaud au cours des derniers jours. Et ça m’a donné le goût de récrire sur L'Escapade du mont Rigaud, qui a toujours compté parmi mes endroits préférés pour faire du ski en Montérégie.

C’est encore le cas, mais le ski de fond n’est pas tout à fait ce qu’il était à Rigaud. Plusieurs kilomètres de sentiers qui étaient autrefois entretenus pour le ski sont passés aux mains (ou plutôt aux pieds) des marcheurs et des raquetteurs.

On ne peut notamment plus partir à ski du chalet d’accueil de L’Escapade, près du centre-ville de Rigaud.

Heureusement, on a préservé l’essentiel: on peut toujours grimper dans la montagne par le sentier Le Haut-Lieu, et on peut toujours parcourir la boucle de 13,5 kilomètres situé au sommet de la colline.

Rebaptisé «Le Haut Lieu», cette boucle figure parmi les belle plus randonnée qu’on peut faire dans la grande région de Montréal. La piste ondule agréablement à flanc de colline. On est en forêt et le paysage est diversifié. Et quand le tracé est en bon état, c’est un vrai partie de plaisir de boucler le parcours dans un sens ou l’autre.

Un avertissement toutefois: quand on fait la boucle dans sens contraire des aiguilles d’une montre, il faut négocier avec une méchante descente en lacets environ 2,5 kilomètres après la Sucrerie de la Montagne. Me souviens pas d’avoir réussi à descendre là-dedans sans tomber.

Côté entretien, on n’est jamais sûr de ce qu’on va trouver à l’Escapade. Parfois, on a l’impression d’être sur un site de compétition olympique - comme c'était le cas le jour où j'ai pris la photo ci-haut. Et parfois, les marcheurs et les raquetteurs ont abîmé les sillons.

Ça se comprend: on parle d’un endroit où l’accès est gratuit et où l’entretien n’est pas fait aussi souvent que dans un vrai centre de ski de fond.

D’après ce qu’on m’a dit, les sentiers sont tracés avant chaque week-end et dans la première nuit suivant une tempête de neige. Alors si vous vous présentez là tout de suite après une bonne bordée, ça se peut que vous soyez obligé d’ouvrir la piste.

Aujourd’hui, c’étaient plutôt des conditions printanières qui prévalaient à Rigaud. La piste était glacée et pas spécialement agréable. Mais j’ai quand même fait une sortie mémorable... parce que j’ai fait un peu de «hors piste».

C’était au sommet de la descente en lacets dont je parlais plus haut. J’ai suivi les traces d’un skieur qui était monté encore plus haut dans la montagne et j’ai découvert un petit terrain de jeu pour skieurs nordiques.

On est au sommet de cette partie de la colline à cet endroit et il y une zone rocheuse, à peu près dénuée d’arbres, où je me suis bien amusé à monter et à descendre en pratiquant mon télémark et en prenant quelques bonnes fouilles. 

J’ai été chanceux. La croûte de neige printanière était absolument parfaite pour le ski. Assez solide pour que je ne défonce pas et assez ramolli par le soleil pour que mes skis mordre bien.

J’ai passé un long moment à explorer la coin.  J’ai découvert un petit lac, caché entre deux falaises rocheuses. Et j’ai cassé la croûte au sommet d’un un piton rocheux pendant que trois ou quatre gros oiseaux rapaces tournoyaient dans le ciel au-dessus de moi.

Fantastique façon de terminer ma saison de ski! 


22 mars 2015

Au sommet de Morin-Heights


Aujourd'hui, je suis allé faire du ski de fond à la station de ski alpin de Morin-Heights pour une bonne raison: le reste de la famille voulait plutôt faire du ski alpin.

J’en ai profité pour me lancer un défi: atteindre le sommet des pistes de ski alpin en passant par les pistes de ski de fond qui sillonnent la montagne.

J’ai donc commencé ma randonnée au chalet principal de Ski Morin-Heights... en grimpant dans une pente de ski alpin! Pas longtemps, toutefois. Juste le temps d’arriver à cette pancarte.

C’est le début d’une piste de ski alpin descendant jusqu’à un stationnement qui se trouve plusieurs mètres en contrebas du chalet principal de la station. Cette piste n’a plus l’air de servir beaucoup depuis que le remonte-pente qui convoyait les skieurs du stationnement jusqu’au chalet principal a été mis à la retraite. 

Moi j’y ai fait un agréable descente sur mes skis de fond, qui m’a conduit directement au poste d’accueil pour les skieurs de fond et les raquetteurs où je me suis arrêté pour acheter mon billet d’entrée.

Ensuite, j’ai pris le sentier La Balade qui m’a vite mené au Corridor Aérobique où j’ai filé vers l’ouest pendant un peu moins d’un kilomètre avant de bifurquer sur le sentier Birkebeiner (29).

C’est à ce moment que j’ai commencé à grimper dans la montagne. Mais comme la piste Birkebeiner est large et entretenu mécaniquement, ça montait comme charme. Surtout que je skiais dans six ou sept centimètres de poudreuse regroupant une base ferme.

Les choses se sont un peu corsées quand j’ai quitté la Birkebeiner, après environ un kilomètre de montée, pour emprunter le sentier Coureur des Bois (36). C’est un sentier nordique où personne n’était passé après la neige de la vieille. Alors il a fallu que j’ouvre la piste sur à peu près un kilomètre pour atteindre le sommet.

Ce sentier-là grimpe très raide par moment, mais il y avait juste assez de neige fraîche pour que mon ascension ne soit pas trop pénible. Je n’avais aucun problème d’adhérence et je n’avais pas de difficulté à sortir le bout de mes skis de la neige quand je montais en canard. Mais bon, pas sûr que je pourrais grimper là-dedans dans n’importe quelle condition.

Après ça, je n’ai eu qu’à faire quelques centaines de mètres sur le sentier Portageur (8) pour atteindre mon objectif de la journée, après cinq kilomètres de ski et environ 200 mètres d’ascension. 

Faut bien que je le dise: fiston et sa mère étaient impressionnés quand je les ai accueillis à leur sortie du télésiège desservant le plus sommet de la station.

Plus tard, on a terminé notre journée de ski en redescendant ensemble la pente de ski alpin.

On a pris une piste facile, la Viking, et je n’ai pas eu le moindre problème à contrôler ma descente sur mes skis à carres de métal. Je suis même arrivé en bas en me disant que j’avais été trop prudent et que j’aurais pu faire un peu plus de vitesse.

Voilà une randonnée que je vais sûrement refaire. Il y a plusieurs sentiers qui mènent au sommet de la montagne et j’ai envie de les essayer tous. Alors la prochaine fois que le reste de la famille voudra faire du ski alpin... 


15 mars 2015

Morin Heights – secteur nordique


 Êtes-vous tannés de l’hiver et du ski ?

Pas moi, en tout cas. Alors j’étais bien content que Dame Nature enterre les Laurentides sous une vingtaine de centimètres de neige cette nuit!

J’en ai profité pour partir à la découverte du «secteur nordique» du réseau de sentiers de Morin-Heights. Nordique parce que ce secteur-là se trouve dans la partie nord du territoire de la municipalité... et aussi parce qu’on y fait de la randonnée nordique dans des pistes qui ne sont pas entretenues mécaniquement.

C’est un coin de nature à peu près vierge, littéralement quadrillé de sentiers se croisant à plusieurs endroits. 

Formant un monde à part, le secteur possède son point d’accès qui se trouve sur la montée des Bouleaux, pas tellement loin de la route 329.

On trouve là un stationnement et un gars qui nous attend pour nous faire payer notre droit d’entrée, assis toute la journée dans sa voiture!

C’est là que j’ai commencé ma randonnée en empruntant la piste Lover’s Leap... et en en grimpant comme ça ne m’est pas arrivé souvent cet hiver. 

Ce sentier tracé il y a des lustres monte en quelques lacets au sommet d’une colline très escarpée d’où on a une vue sensationnelle sur les environs.

Au sommet, j’ai rencontré le gars qui a lancé la page Facebook Les Trailblazers Laurentiens, qui rassemble les amateurs de ski nordique dans les Laurentides. On a longtemps jasé de ski avant qu’il ne reparte sur ses vieux skis de bois Asnes qui avait l’air de marcher comme un charme dans la grosse neige.

Ensuite, je me suis improvisé un trajet de sept ou huit  de kilomètres qui m’a fait emprunter plusieurs pistes telles que la Corbeau, la Chasse-Galerie et la Swiss.

C’est ce que j’ai vraiment aimé de ce dédale de sentiers. Comme il y a beaucoup d’intersections séparées par d’assez courtes distances, on est libre d’allonger ou de raccourcir sa randonnée au gré de sa forme et de son inspiration. Et comme la signalisation est claire et abondante, c'est vraiment agréable de naviguer là-dedans.

Il faut traîner une carte du réseau, par contre. Il y en a quelques unes sur le réseau mais pas suffisamment pour qu'on se fie seulement ça. 

À force de skier dans la neige fraîche presque jusqu’au genou, j’ai fini par découvrir ce refuge, près du sentier Viking West. 

C’est un refuge privé qu’on peut, je pense, louer. Un de ces jours, j’aimerais bien y passer une nuit. Ça m’a l’air d’une base d’opération parfaite pour pousser plus loin mon exploration du secteur. 

J’ai été chanceux pour cette première visite. La neige n’était pas seulement abondante aujourd’hui, elle était aussi plutôt collante. 

Résultat: ça grimpait très bien dans les montées abruptes et même les descentes difficiles me semblaient un brin pépères. Mais c’est clair que ce n’est pas le genre de sentiers où j’oserais m’aventurer quand les conditions de neige sont médiocres. C’est dans la belle neige fraîche qu’on a du plaisir sur ce genre de pistes étroites et accidentées. 

Conclusion: mon endroit préféré pour faire du ski nordique au moment où j’écris ces lignes.

Maintenant, reste à voir si on va réussir à faire du ski jusqu’en avril... 


07 mars 2015

Club sportif Les Appalaches


Quelle superbe randonnée de ski j’ai fait aujourd’hui sur les sentiers du club sportif Les Appalaches – un centre de ski de fond assez peu connu que classe pourtant parmi mes préférés au Québec.

Le club port bien son nom: ses sentiers les plus intéressants nous amènent à l’assaut des Appalaches avec ce que cela suppose de montées corsées et de descentes excitantes.

Le club réunit sous un même toit deux activités qu’on voit rarement ensemble: la motoneige et le ski de fond. Résultat: dans le restaurant occupant le rez-de-chaussée du club, on s’est retrouvé à grignoter notre lunch du midi entre des motoneigistes qui buvaient des grosses bières!

Les skieurs ont leur repaire au sous-sol du bâtiment où on trouve une vaste salle de fartage et un comptoir de location.

Les sentiers de ski du club se divisent en deux. Au nord du chalet d’accueil, il y a le «réseau familial» où on retrouve quelques sentiers faciles tracés en terrain plat et permettant de se rendre jusqu’à l’auberge des Glacis. Et au sud, il y a le «réseau en montagne» où on fait du ski pour adulte averti.

 Ma blonde et moi avons fait une randonnée mémorable dans ce secteur-là en grimpant jusqu’au refuge «Chez Raymond» qui se trouve à environ 6 kilomètres du chalet d'accueil – et 135 mètres plus haut que celui-ci. 

Après un petit kilomètre sur le plat, la piste se met à monter dans la montagne et on gagne rapidement de l’altitude. Puis la montée devient encore plus corsée quand on s’engage sur le sentier qui grimpe en lacet dans un magnifique décor jusqu’à un premier refuge installé au pied d’une très belle falaise.


Le sentier devient un peu moins pentu par la suite. Et on a skié sous d’épais conifères jusqu’à atteindre le refuge «Chez Raymond» où on a pris notre lunch de mi-randonnée en compagnie d’un monsieur Moreau, un retraité qui nous a raconté qu’il marche 23 kilomètres par jour durant l’hiver, pour faire l’entretien du sentier de raquette du club!

Ensuite, on a rebroussé chemin et on a eu beaucoup de plaisir à redescendre vers le chalet d’accueil.

Comme le sentier 7 est à double sens, il faut se montrer prudent dans sa partie la plus corsée qui comporte quelques virages à l’aveugle. Pour aider un peu, on a installé deux grands miroirs convexes... qui permettent de faire la drôle de photo que j'ai mis au sommet de ce billet. 

Plus bas, il faut absolument prendre le sentier 5A pour finir de dévaler la montagne. Il comporte une très longue descente en ligne droite où on peut vraiment se laisser aller, les deux skis dans les sillons, et prendre beaucoup de vitesse sans trop de risque. C’est ce que j’ai fait et ç’a été un des moment grisant de ma saison !

Je sais déjà que je vais retourner au Club sportifs Les Appalaches un des ces jours. Tout simplement parce que j’ai très envie de participer à l’une des «descentes» qu’organise le club.

L’idée est simple: les skieurs se rassemblent au chalet d’accueil et prennent un autobus qui les amènent à l’autre extrémité du réseau – ce qui leur fait gagner à peu près 300 mètres d’altitude. Quelle randonnée ça doit être de redescendre tout ça sur une distance d’environ 12 kilomètres. 

L'an prochain, peut-être. 



06 mars 2015

L'auberge des Glacis


J’aime la bonne cuisine et j’aime le ski de fond. Alors j’ai eu bien du plaisir à l’auberge des Glacis où j’ai passé une nuit durant la semaine de relâche.

Cette auberge est surtout reconnue pour sa bonne table servant notamment des spécialités lyonnaises. Mais elle possède une qualité encore plus importante à mes yeux: elle est raccordée au réseau de sentiers de ski du club sportif Les Appalaches par un très joli sentier d’accès commençant comme ceci...

Invitant, n’est-ce pas? Et ce n’est qu’un début puisque toute cette piste est superbe.

C’est un des beaux sentiers que j’ai vu cet hiver. En partant de l’auberge, on prend doucement de l’altitude en filant vers le sud et s’éloignant du fleuve Saint-Laurent. À quelques centaines de mètres du départ, on passe dans un champ d’où on a une très belle vue sur le Massif de la petite rivière Saint-François, de l'autre côté du fleuve. Et un peu plus loin on passe dans un véritable tunnel de conifères où c’est la pénombre éternelle.

Long de trois kilomètres, la piste permet d’accéder à la portion «familiale» du réseau de sentiers du club sportif Les Appalaches. C’est la douzaine de kilomètres de sentiers tracés en terrain peu accidentés se trouvant au nord-est du chalet d’accueil du club.

Même si ces sentiers n’ont pas la panache de ceux qui nous amènent en terrain montagneux, plus au sud, il y a une belle randonnée à faire dans ce secteur-là. Les paysages sont variés et il y a un petit refuge installé à mi-chemin entre l’auberge des Glacis et le chalet d’accueil du club.

On a couché à l’auberge un vendredi soir et c’était plutôt paisible. On a pris le thé qu’offre gracieusement l’auberge en fin d’après-midi. Et plus tard, on a pris un somptueux repas cinq services qui m’a permis de découvrir les quenelles lyonnaises – une genre de pâte contenant de la chair de brochet, de volaille ou de veau et formant un petit pain arrondie. Le miennes étaient à la volailles et arrosées d’une «sauce financière». Pas léger, mais succulent !

En résumé: sans doute une des plus belles auberges québécoises d’où on peut faire du ski de fond sans toucher à sa voiture.  


05 mars 2015

Piste La Moraine



Êtes-vous déjà allé à Grand-Saint-Esprit ?

C’est un petit village pas loin de Nicolet, au milieu des basses terres du Saint-Laurent, où on peut faire de l’excellent «ski de fond des plaines» sur la piste La Moraine.

Quand on s’est pointé au centre des loisirs local, aujourd’hui, un groupe de personnes âgées se préparaient à jouer à la pétanque et un bonhomme aplanissait la surface de l’immense terrain de croquet occupant presque tout le bâtiment. Tout ce beau monde était plutôt étonné que du «monde de Montréal» vienne visiter leurs sentiers de ski.

Somme toute, je suis assez content que ma curiosité m'ait poussé jusque là: on a fait une belle randonnée familiale dans un réseau de sentier taillé sur mesure pour ça. 

La piste La Moraine est tracée dans un coteau lui donnant un tout petit peu de piquant. Ceux qui ont tracé la piste ont eu la bonne idée d’exploiter au maximum cet élément de relief en faisant zigzaguer le sentier de haut en bas pour créer toute une série de montées et descentes que j’ai trouvés plutôt agréables à négocier.

Les allergiques aux côtes peuvent rester sagement au sommet du coteau où passe un sentier filant en ligne droite vers ce petit refuge installé au beau milieu du réseau.

Plus loin en forêt, la piste forme une grande boucle dans un joli boisé. C’était magnifique dans ce coin-là, aujourd’hui, avec le soleil qui se reflétait sur la neige fraîche.

J’ai trouvé La Moraine bien entretenue et très agréable à arpenter par une journée de conditions idéales. Bien sûr, on est loin de parler d’un des joyaux du ski de fond québécois. Mais voilà quand même un bel endroit pour faire du ski dans une région où il n’y en a pas des tonnes. 



04 mars 2015

Le Chalet Beaumont


Ça fait longtemps que je me promets d’ajouter des lieux d’hébergement sur ce blogue consacré au ski de fond. Attention, pas n’importe lesquels : seulement des endroits offrant un accès direct à des sentiers de ski.

Je commence ça avec une auberge vraiment pas banale où je viens de passer deux belles journées d’hiver: le Chalet Beaumont à Val-David.

Je me suis allé passé une nuit là avec mon fiston Arthur, en cette semaine de relâche, à cause d’un skieur que j’ai croisé à la gare de Prévost un peu plus tôt cet hiver. Parti de Prévost la vieille, le gars était allé couché au Chalet Beaumont à Val-David et rentrait maintenant à la maison. Bref, il venait de faire 56 kilomètres sur le P’tit Train du Nord en deux jours... et en style classique par-dessus le marché !

Ça m’a donné envie de faire pareil, alors fiston et moi sommes allés nous aussi au Chalet Beaumont à ski... sauf que nous on est parti de la gare de Val-David pour faire une petite randonnée de deux kilomètres! On a d’abord pris le P’tit Train du Nord vers le nord pour à peu près un kilomètre. Puis on a bifurqué sur le sentier 31 du parc régional Val-Morin-Val-David qui passe à proximité de l’auberge. 


Fiston était pas mal fier de lui-même quand on est arrivé à la petite bretelle donnant accès à l’auberge.

Le Chalet Beaumont, c’est un très grand chalet en bois rond dont la construction remonte à 1942 et qui est devenu une auberge en 1982.

Si vous aimez le luxe et la tranquillité, allez ailleurs. On parle ici d’une auberge de jeunesse où les clients se font la cuisine eux-mêmes dans une joyeuse ambiance anarchique et où fiston et moi avons dormi dans un dortoir de huit lits. Moi pour 26$ et fiston pour encore moins cher...


Moi j’ai bien aimé l'aspect rustique de l’auberge et son côté convivial. Ça m’a permis de jaser ski avec de parfaits inconnus. Et j'ai passé une agréable soirée à siroter des cocktails près du foyer trônant au milieu du grand salon de l'auberge. 

Fiston, lui, a profité de notre séjour pour découvrir les joies du billard. Il a pu s’amuser avec plusieurs enfants. Et il a trippé sur la longue glissade tortueuse aménagée à côté de l’auberge.

Côté ski, c’est le bonheur puisqu’on a accès à tous le réseau de sentiers du parc régional Val-David-Val-Morin. Il faut toutefois penser à aller payer son billet de ski au chalet d’accueil du parc parce que l’auberge n’en vend pas.

Le Chalet Beaumont a surtout le mérite d’offrir un accès rapide à ce que j’appelle «Far West» du parc régional Val-David-Val-Morin – c’est-à-dire les sentiers qui s’étendent à l’extérieur des limites du parc, au nord-ouest du village de Val-David.

Dans ce coin-là, il y a un court sentier facile taillé dans une magnifique forêt de conifère. Et il y a surtout quelques sentiers très difficiles où on fait du ski excitant et exigeant. 

Quand on traverse le 1er Rang Doncaster et qu’on entre dans ce secteur par la piste 17, on passe devant une pancarte disant «Skieurs experts». On comprend vite pourquoi parce qu’on se retrouve dans une montée très corsée tout de suite après - d’où peut descendre un skieur n’importe quand puisque la piste est à double sens.

C’est du ski dans ce genre-là qu’on fait dans ce secteur. Ça monte et il y a des descentes abruptes qui ont tendance à comporter des virages prononcés.

Heureusement, fiston Arthur est pas mal bon en montée et en descente. Alors on n’a pu se rendre jusqu’au sommet du mont Saint-Aubin où on a pris notre collation dans l'abri installé à 410 mètres d’altitude offrant une vue splendide sur les environs. 

Plus loin vers l'ouest, il y a la redoutable piste 19, une boucle d’environ trois kilomètres tracées en terrain montagneux où je n'ai pas osé amené mon fils parce qu'on y fait du ski pour adulte vacciné. 

Le plus dur, en fait, c'est de se rendre à la boucle. Le tronçon de la 17 reliant le sommet du Mont Saint-Aubin au sentier 19 est assez délirant merci. En moins de deux kilomètres, on dévale le mont Saint-Aubin au grand complet puis on grimpe au sommet de la colline voisine. Et comme on passe par là à l’aller comme au retour, il faut se taper ça deux fois plutôt qu’une!


Des deux côtés, la descente est vertigineuse. Skieurs du dimanche s’abstenir. La seule fois où j'ai été dans ce coin-là, je m’en suis tiré parce que les conditions étaient très bonnes et parce que le sentier et assez large pour qu'on puisse faire du chasse-neige sans problème. Mais j'ai quand même dû me flanquer par terre à deux reprises pour éviter de me retrouver dans le décor. 
J’étais particulièrement fier de moi quand j’ai réussi à me faufiler entre ses deux arbres qu’on a entouré de matelas de protection. J’imagine qu’ils ont déjà fait des victimes.

La boucle 19 est un peu moins extrême – même si ça descend quand même pas mal dans la première partie du parcours. C’est un superbe sentier qui mérite vraiment d’être classé très difficile et que j’ai eu beaucoup de plaisir à parcourir.

On peut aussi accéder à la boucle-là en skiant jusqu’au bout de la piste du P’tit Train du Nord qui s’arrête quelques kilomètres au nord de Val-David. Alors si vous avez envie d’éviter la section «extrême» de la 17...