23 février 2017

L'aventurier de la pente perdue


Aujourd’hui, je brûlais d’aller faire une randonnée de ski. Mais je savais que je ne disposais que de quelques heures avant que la pluie se mette à tomber sur la grande région de Montréal en milieu de journée.

Je me suis donc donné une mission expres: aller jeter un œil à l’ancienne piste de ski alpin de l’Université de Montréal, qui se trouvait sur le flanc nord du mont Royal, derrière le stade de football de l’UDM, sur le sommet Outremont.   

C’est une randonnée que je mijotais depuis longtemps et qui, malgré les conditions de neige assez médiocre d’aujourd’hui, s’est passée exactement selon mon plan de vol… ou plutôt mon plan de glisse.

Je suis parti du boulevard du Mont-Royal en empruntant un sentier que j’avais repéré sur Google Map: le chemin de ceinture que la ville vient de compléter à grands frais pour permettre aux promeneurs de faire le tour complet du mont Royal.  

Comme son nom l’indique, c’est un chemin assez large qui semble bien fréquenté durant l’hiver. Long d’environ 1,5 kilomètre, il monte dans la montagne en formant des lacets à travers le bois Saint-Jean-Baptiste et mène à un belvédère situé au sommet de l’ancienne piste de ski alpin.
 
Cette piste de ski a fait glisser les Montréalais de 1944 à 1979. Les poteaux du remonte-pente et ceux qui soutenaient le système d’éclairage de la piste sont toujours en place. 

La pente est assez raide merci, officiellement interdite d’accès, mais quand même fréquentée par des skieurs et des planchistes. 

J’ai descendu prudemment jusqu’en bas, à cause des conditions difficiles, et j’ai vu qu’on avait même aménagé des sauts au milieu de la pente.   

Le bas de la pente est encore bien dégagé. Plus haut, par contre, des arbustes l'ont drôlement envahie.

Après ma visite, j’ai poursuivi ma route sur le chemin de ceinture qui descend du belvédère en décrivant deux épingles à cheveux dignes du Grand Prix de Monaco. 

Le chemin passe ensuite avant de passer sur une passerelle incurvée avant de traverser
un vaste promontoire dégagé avant de se terminer derrière l’École polytechnique. 

C’est là que j’ai rebroussé chemin pour retourner vers ma voiture que j’avais laissée dans une zone de stationnement «maximum 2h». Et c’est aussi là que la pluie s’est mise à tomber sur Montréal.  

J’espérais bien amusé dans les lacets que décrit le chemin de ceinture à travers le bois Saint-Jean-Baptiste. Mais finalement, ma descente a été plutôt lente et tranquille. 

N’empêche : dans la dernière longue ligne droite avant le boulevard du Mont-Royal, j’ai pris assez de vitesse pour me mettre à slalomer comme dans une piste de ski alpin. Belle façon de conclure une randonnée !

19 février 2017

Faire du ski au mont Gale


Beaucoup de potentiel. À revisiter après une bordée de neige, un jour de semaine plutôt que le week-end.   

Voilà mon rapport éclair à propos des deux randonnées de ski que j’ai fait en fin de semaine sur les sentiers du lac Gale à Bromont.

Il s’agit d’un fantastique réseau de sentiers tracés en montagne dont s'occupe l'organisme Les amis des sentiers de Bromont, et qui est surtout fréquenté par les marcheurs et les raquetteurs durant l’hiver.

Si c’était moi qui décidais, l’endroit serait plutôt réservé aux skieurs; parce que c’est sur une paire de skis qu’on peut le mieux profiter de l’abondance de relief qu’on y trouve. Mais bon, je peux tout de suite vous garantir que ça n’arrivera jamais !

Si ces sentiers ont autant de potentiel pour le ski, c’est parce qu’ils sillonnent le mont Gale, une petite montagne qui culmine à 350 mètres qui a déjà abrité un centre de ski alpin sur son flanc ouest jusque dans les années 70.

Du côté est, la montagne surplombe le spa Balnéa et le lac Gale. Depuis son sommet, on a d’ailleurs une vue saisissante sur le lac en contrebas, comme on le voit plus haut. 

J’ai grimpé jusque là lors de ma randonnée du samedi après-midi. Il faisait grand soleil. Le mercure était plusieurs degrés au-dessus de zéro. Et il y avait une quantité industrielle de promeneurs sur les sentiers. 

Résultat: les sentiers étaient assez piétinés merci et c’était presque impossible pour moi de profiter des descentes à cause de la circulation intense et des conditions de glisse peu favorables.

D’où mon envie de revisiter les lieux un jour de semaine, après une bonne chute de neige.

Cela dit, j’ai quand même fait une belle longue descente ce jour-là sur la piste G1, juste en bas du sommet de la montagne.

 
Le dimanche matin, le temps était gris et il y avait pas mal moins de monde sur les sentiers jusque vers 10h30. J’étais avec ma blonde qui étrennait ses nouveaux skis Hok et on a fait une excursion agréable sur le flanc ouest du mont même si les pistes étaient dans un état de décomposition avancée.

On a notamment fait une longue descente au bout du sentier G10. Et j’ai fait une incursion amusante dans la neige molle et humide, sur un sentier à l’abandon qui était sans doute une piste de ski alpin autrefois.

Il y a maintenant un développement immobilier sur le flanc ouest du mont Gale, mais n’empêche : il me semble qu’il y aurait du ski hors-piste dans le secteur où se trouvait autrefois l’ancienne station de ski.

J’ai déjà hâte de retourner explorer les lieux.  


18 février 2017

Du ski de fond à Bromont

Grosse nouvelle: il y a maintenant des sentiers de ski de fond entretenus à Bromont. 

C’est, à moins que je me trompe, une nouveauté de cet hiver. Qu’on doit à l’organisme Les Amis des sentiers de Bromont.

J’ai fait mes premiers pas alternatifs sur ce nouveau réseau aujourd’hui, en faisant une randonnée dans le secteur du parc équestre où se sont déroulées les épreuves d’équitation des Jeux olympiques de Montréal.

On trouve dans ce secteur environ deux kilomètres de pistes tracées pour le classique et le pas de patin, en terrain plat et découvert.

Le point d’accès à ces sentiers se trouve sur la rue Des Carrières où il y a un petit stationnement. De là, une piste linéaire mène à une grande boucle qui nous fait passer à proximité du stade équestre où trône encore le logo des jeux de Montréal. 

J’étais avec ma blonde et on a beaucoup aimé notre excursion même si elle a été de courte durée.

Les jours de grand vent, par contre, ça doit être un peu moins plaisant de se balader sur ces sentiers qui sont très exposés.    

Mais au grand soleil, avec le thermonètre au-dessus de zéro, c’était très agréable de glisser dans cette vaste prairie d’où on a une très belle vue sur la montagne de Bromont. Surtout que le traçage était impeccable… si on oublie les traces de sabots laissées par des cavaliers sans scrupule.

J’ai dit plus haut qu’on skiait en terrain plat, mais ce n’est pas tout à fait vrai. On parcourt plutôt de très longs faux plats où on file allègrement… quand la pente joue en notre faveur.

Cette boucle du centre équestre est reliée par une bretelle à la pièce maîtresse du nouveau réseau bromontois : la «ceinture de randonnée», une piste à usages multiples où on trace maintenant des sillons pour les skieurs.

C’est une boucle de 15 kilomètres qui permet de faire le tour de la montagne de ski alpin de Bromont.

Cette boucle-là doit être plus vallonnée parce que le sentier serre d’assez près la montagne. Ce sera ma prochaine randonnée à Bromont ! 

16 février 2017

Le sommet du mont Rougemont

45 minutes de montée, 15 minutes de descente.

Voilà comment je peux vite résumer ma randonnée d’aujourd’hui. Une sortie en montagne qui m’a amené jusqu’au sommet du mont Rougemont.

C’est une ascension d’à peu près 275 mètres qu’on fait par ce que les gens du coin appellent le «sentier de la croix».

C’est le chemin d’accès à l’antenne de télécommunication qui se trouve au sommet de la montagne. D’après les infos que j’ai glanées sur Internet, il ne s’agit pas d’un sentier «officiel». Mais les randonneurs en tous genres y sont tolérés tant qu’ils restent sur le parcours d’environ trois kilomètres conduisant au sommet de la montagne.

Faut juste pas se laisser décourager par la grosse pancarte se trouvant à l’entrée…

Pour trouver cette entrée, il faut se rendre jusqu’au bout du chemin du Moulin, sur le versant sud-ouest de la montagne. Il y a là une érablière avec un propriétaire assez gentil pour laisser les visiteurs utiliser le stationnement de son établissement. On lui dit un gros merci.

Au départ, on progresse sur un chemin aussi large qu’une route de campagne. Mais plus on monte et plus le trajet ressemble à un sentier en forêt.
La montée est constante, mais ne devient jamais vraiment éprouvante. Dans le dernier kilomètre, le sentier grimpe en lacets et l’inclinaison reste toujours assez modeste. 

Mais bon, j’étais quand même content quand un détour du sentier m’a révélé que j’approchais de mon objectif.
Même s’il avait neigé dans la nuit, le sentier était déjà pas mal damé par le passage de marcheurs et de raquetteurs. Normal : il y avait bien une dizaine de voitures dans le stationnement à mon arrivée. Pas mal pour un jeudi après-midi.

À tout le moins, je suis passé avant le premier véhicules à moteur. Les motoneiges et les VTT se promènent aussi sur ce sentier. Voilà pourquoi on a intérêt à faire cette randonnée quand il vient juste de neiger si on souhaite éviter sur de la neige aussi dure que du béton. 

Il m’a fallu à peu près 45 minutes pour atteindre le sommet, où ce hangar flanquant la tour de télécommunication s’est chargé de me dire «Hell-o»…

La vue est splendide du sommet où on se trouve à 350 mètres d’altitude. C’est l’avantage des collines montérégiennes. Comme elles sont isolées dans les plaines du Saint-Laurent, le regard porte loin depuis leur sommet.

J’ai trouvé la redescente assez aisée. Il restait un peu de poudreuse sur les bords du sentier où j’ai eu beaucoup de plaisir à me laisser aller en exécutant des virages télémark pour me ralentir. Pas de sensations fortes, donc. Mais beaucoup de sensations faibles très agréables.

Il faut dire que j’essayais de faire durer le plaisir le plus longtemps possible. Il doit y avoir moyen de dévaler la montagne beaucoup plus vite.

Je me demande maintenant s’il y a moyen de faire le même genre de randonnée sur d’autres collines montérégiennes. 

 

13 février 2017

Le sommet du mont Rigaud

 
Profiter d’une bonne bordée de neige pour grimper au sommet d’une montagne puis la redescendre en slalomant dans la poudreuse, ça me semble la façon ultime de faire du ski de randonnée.

Bonne nouvelle : on peut faire ça au mont Rigaud, à petite échelle, en empruntant les sentiers qui partent du Sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes et mènent au sommet de cette colline dominant de 120 mètres la plaine environnante.

«Emprunter» est vraiment le bon verbe parce qu’on «emprunte» ces sentiers aux raquetteurs qui sont nombreux à fréquenter les lieux. Voilà pourquoi il vaut mieux se lancer à l’assaut de la montagne après une bordée de neige. Sinon, le trajet est battu à mort par les raquetteurs et la glisse est pas mal moins agréable… et carrément périlleuse quand on redescend du sommet.

C’est aussi une randonnée qu’il faut faire avec des skis à carres de métal aux pieds. Idéalement courts et larges, pour flotter dans la neige molle et se faufiler dans les lacets des sentiers de raquette.  

Toutes ces conditions étaient réunies aujourd’hui pour mon excursion. Il était tombé une quinzaine de centimètres la veille et j’avais mon matériel tout-terrain: mes bottes Scarpa T4 et mes skis Kom fabriqués par Altaï Ski.

La randonnée commence sur le chemin du Sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes, qui se trouve juste derrière le Collège Bourget. Je l’ai gravi à pied aujourd’hui parce qu’il était très enneigé. Parfois, il faut plutôt monter à pied.

Ensuite, on s’engage sur le sentier qui grimpe dans la montagne en passant sur cette passerelle et en longeant cette ruine qui me donne toujours l’impression d’entrer dans un film d’Indiana Jones. 

C’est tout ce qui reste du convoyeur qu’on avait construit pour exploiter le champ de guérets qu’on trouve à proximité. Ce sont de grosses roches rondes créées par l’érosion glaciaire qui servaient notamment comme remblais de chemin de fer.  

Le sentier louvoie au bord d’un ruisseau au départ, puis se redresse et devient très agréable à skier quand la neige est bonne. 

Aujourd’hui, seulement deux ou trois raquetteurs m’avaient précédé et la montée en pente douce était fantastique. 

La montée se corse un peu plus, quand on arrive à une intersection située sous une ligne électrique. Pour continuer vers le sommet, il faut prendre le sentier qui grimpe à droite.

Aujourd’hui, j’ai passé pas mal de temps à descendre et surtout remonter dans cette ligne électrique où il y a une piste fréquentée par les motoneigistes.

Personne n’était passé là aujourd’hui et je suis descendu dans la poudreuse jusqu’au genou sans vraiment prendre de vitesse et sans vraiment m’amuser non plus. Mais au moins, j'ai fait de jolies traces…

J’ai ensuite repris l’ascension par le sentier en lacets qui mène au sommet. Ça monte raide dans ce bout-là, mais on a seulement une centaine de mètres à franchir pour atteindre le sommet où il y a une croix et une plateforme d’observation.

J’ai vécu le meilleur moment de ma randonnée quand je suis redescendu du sommet en slalomant dans le sentier par où j’étais monté. Dans l’épaisse couche de neige fraîche, j’ai filé d’une traite jusqu’à l’intersection sous la ligne électrique sans tomber ni perdre le contrôle.

Cela dit, je me suis presque autant amusé en explorant pour la première fois un sentier qui contourne le champ de guérets et le Sanctuaire Notre-Dame avant de redescendre la montagne et d’aboutir à ce portail, près de l’endroit où j’avais laissé ma voiture.

Ce sentier est carrément tortueux, mais skiable. Il traverse une forêt de conifères extraordinairement fournie. Par moment, on se sent presque à l’intérieur tellement la forêt est dense. Et comme il y a beaucoup de roc dénudé, on a l’impression d’être dans les Rocheuses.

En prime, on a droit à une belle descente qui nous mène jusqu’au portail marquant l’entrée du sentier. Belle façon de terminer une randonnée.

J’ai déjà hâte de repasser par là… au lendemain d’une autre tempête.