26 janvier 2020

En gang au Mont Avalanche!


Ça c'est la face d'un gars qui fait souvent du ski en solo... mais qui aujourd'hui a plutôt fait du ski en gang avec sept compagnons!

À notre trio familial s’est greffé le quintet des Brins, nos amis qui habitent sur l’île Perrot, le temps d’une sortie au Mont Avalanche.

J’avais choisi cette montagne pour profiter de toute la neige tombée la nuit dernière et ç’a plutôt bien marché. Quand on est arrivé à la station vers 10h, il ne restait déjà plus beaucoup de neige vierge à tracer dans les pistes. N'empêche, a fait du bon ski «post-tempête» dans les sous-bois remplis de poudreuse et dans les pistes où le passage des skieurs avait transformé nouvelle neige en crêtes et en bosses excitantes à négocier.

Philippe-Alexandre dans le «passage secret» qu'on a trouvé entre deux pistes officielles près du sommet.
 

25 janvier 2020

Mauvaise pente

Cet après-midi, j’ai essayé d’essayer le nouveau tire-fesse et la nouvelle «grosse» piste de ski alpin de La Pente à Neige au parc Ignace-Bourget dans le sud-ouest de Montréal; mais malheureusement, ma tentative a échoué. 

Non, je n’ai pas été dérouté par le tire-fesse ou la butte haute de 26 mètres qu’il permet de skier. C’est plutôt le service à clientèle qui m’a mis hors de combat. 
 
Quand je suis arrivé sur place, j’ai trouvé une file d’attente d’une longueur surprenante à l’extérieur de la roulotte qui sert de poste d’accueil. J’ai fini par comprendre que c’était un «guichet unique» : billet de ski, inscription à des cours, location d’équipement, billet pour la glissade sur tube… tout le monde était dans la même file. 

J’ai attendu 15 minutes sans avancer d’un iota… puis je me suis tanné et j’ai demandé à une employée s’il fallait vraiment attendre aussi longtemps pour acheter un malheureux petit billet. Elle m’a recommandé d’acheter le mien sur Internet, comme si j’étais assis confortablement chez moi. J’ai plutôt choisi de profiter de mes fixations à talons libres pour aller faire le tour du parc. 

Bon joueur, je me suis pointé à nouveau au «guichet unique» 45 minutes plus tard. La file était moins longue. Cette fois, j’ai pu entrer dans la roulotte. On était juste quatre clients, mais c’était le bordel. Il y avait une seule employée à la caisse. Elles étaient emberlificotées avec des parents qui essayaient de compléter l’inscription de leurs enfants à un cours. Ça m’a donné l’occasion de ruminer sur le fait qu’on me faisait travailler vraiment fort pour dépenser 16$ sur 26 mètres de dénivelé 150 mètres de piste. J'ai fini par retourner faire du ski de fond dans le parc.

J’étais aussi excité qu’on peut l’être quand la Pente à Neige a annoncé qu’elle ajoutait un tire-fesse et une plus grosse descente à son site au début de l’hiver. Ça reste un évènement historique puisque ça fait quelques décennies qu’il n’y a pas eu de remontée mécanique sur l’île de Montréal. Mais j’avoue qu’aujourd’hui, je me suis ennuyé du bon vieux temps où on pouvait aller s’amuser gratuitement sur la grosse butte du parc Ignace-Bourget en la montant sur nos jambes. 

Le tire-fesse vient de faire une victime.
La pente école est vraiment de niveau maternelle.
Mes Kom d'Altai Ski ne manquent jamais une occasion de poser devant un yourte.

23 janvier 2020

Dans l'arrière-pays de Shawbridge

Quand on est pressé, il faut prendre un raccourci. 

Avec peu de temps à ma disposition, c’est ce que j’ai fait cet après-midi en allant skier au parc des Falaises en partant du parc Alexander à Prévost plutôt que de sa porte d'entrée officielle qui se trouve quelques kilomètres au nord-est sur le chemin du Lac-Morency à Saint-Hippolyte.

C’est bizarre parce qu’il s’agit d’un terrain de jeu pour enfant sur une rue résidentielle ; mais derrière, juste à côté des balançoires, on trouve un «passage secret» qui doit surtout être emprunté par les habitants du coin... mais que j'avais repéré sur OpenSnowMap.

Attention, le sentier qui part au parc Alexander commence par une pente très abrupte.
C’est l’entrée d’un sentier qui nous mène rapidement au coeur du dédale de vieilles pistes de ski qui sillonnent le parc des Falaises et la réserve Alfred-Kelly dans ce que j'appelle «l'arrière-pays de Shawbridge».

Ces sentiers-là existaient bien avant la création du parc cet de la réserve. Ils remontent au temps où le village de Shawbridge (qui fait maintenant partie de Prévost) et sa gare étaient la porte d’entrée du ski dans les Laurentides.

Pendant longtemps, Jackrabbit Johannsen a habité Shawbridge où il skiait avec les membres du Laurentian Lodge Ski Club et du McGill Outoor Club. Ça explique pourquoi l’arrière-pays de Shawbridge est quadrillé de sentiers dans un état de préservation variable.

Comme je l’ai déjà écrit ailleurs, je mets mon chapeau d’Indiana Jones quand je skie dans ce coin-là. En plus des pistes balisés et répertoriés sur les carte du parc des Falaises et de la Réserve Alfred-Kelly, le secteur cache plusieurs «sentiers fantômes» qui sont des reliques du passé.

Aujourd’hui, par exemple, j’ai passé le plus clair de mon temps à explorer les environs de la grosse colline où la piste 8 forme une boucle. Même si la colline est de taille modeste, la piste nous offre une belle descente excitante sur son flanc sud-est. Celle-là, je l’ai descendu deux fois plutôt qu’une…

Un tronçon de la meilleure descente sur le sentier 8.
Belles conditions sur le sentier 8.
J’ai exploré quelques «sentiers fantômes» où j’ai trouvé deux ou trois belles petites descentes où faire des virages dans la neige vierge. Le relief reste modeste dans ce coin des Laurentides, mais il y a quand même moyen de s’amuser.

Ensuite, j’ai emprunté une vieille piste de ski, la Flight’s Delight, pour me diriger vers la Réserve Alfred-Kelly où je me suis baladé sur d’autres vieilles pistes comme la 6X et la Wilson-Nord. Dans ce coin-là aussi, il y a des «sentiers fantômes» qui sont souvent plus larges et mieux dégagés que les pistes cartographiées.

Comme chaque fois que je visite ce coin, je suis rentré en me disant que j’étais encore loin d’en connaître tous les secrets. Tant mieux puisque ça va me donner l’occasion de revisiter ce secteur situé bien plus près de Montréal que mes autres endroits favoris dans les Laurentides. 

Je vous jure que je n'ai pas vu le renard quand j'ai pris cette photo. Mais zoomé, on le voit bien!
La grosse roche où j'ai mangé mon lunch...
Même si elle est un peu l'abandon, la Flight's Delight reste bien balisé.
Un «sentier fantôme» encore large et bien dégagé où j'ai fait une descente agréable.
Une carte du secteur que vous êtes mieux d'aller voir sur OpenSnowMap.

21 janvier 2020

Balade Western

Aujourd’hui, j’ai fait cavalier seul sur une vieille piste d’arrière-pays encore bien en selle : la Western.

Dans ses meilleurs années, il y a déjà quelques décennies, la Western comptait parmi les grandes artères du réseau de sentiers des Laurentides. Imaginez : elle galopait de Shawbridge à Sainte-Agathe en passant par Morin-Heights.

Depuis, la civilisation l'a massacrée au sud de Morin-Heights. Plus au nord, par contre, la Western se porte plutôt bien si je me fie à ce que j’ai vu aujourd’hui.

J’ai pris la Western par son extrémité nord en démarrant ma chevauchée sur la rue des Pins, près de la route 329 au sud de Sainte-Agathe. Une piste entretenue mécaniquement du Camping Sainte-Agathe, la Fournelle, croise cette rue. Pour trouver l’entrée de la Western, il suffit de faire une centaine de mètres sur cette piste en direction nord. 

Comme on n’entend jamais parler de la Western, je m’attendais à trotter cahin-caha sur un sentier aussi délabré qu’un village-fantôme du Far West. À ma grande surprise, j’ai plutôt filé au galop sur une piste en grande forme, bien balisée et très agréable à skier. 

Bien balisée, bien dégagée, la Western se skie comme un charme.
Difficile de trouver mieux comme piste d'arrière-pays.
La Western file d'abord vers l’est en terrain plat, puis fait un crochet vers le nord en grimpant dans une petite montagne au nom évocateur : la Colline Aux Framboises. 

Ensuite, on dévale cette colline en direction sud et la Western nous offre une longue descente que j’ai trouvée géniale aujourd’hui, dans des conditions idéales de belle poudreuse sur fond dur. 

Le tracé est parfait : ondulé, légèrement sinueux et juste assez large pour qu’on puisse faire des virages. Et on a centaine de mètres de dénivelé pour faire le cowboy !  Ma découverte de l’hiver dans les Laurentides jusqu’à présent.

Attention toutefois : sur la fin, cette descente nous réserve un passage presque aussi abrupte qu’un flanc de canyon. Mettons qu’il faut prendre au sérieux la pancarte «Pente Raide» qui annonce l’embuscade.

Changement de direction au milieu de la longue descente.
J'envie les skieurs qui ont tracé cette pente après la dernière bordée...
Quand je vous dis qu'il y a un passage abrupt...
Un peu plus loin, la Western traverse le Rang 8 puis aboutit sur la rue Du Continental pas tellement loin du lac Paquin. 

À partir de là, pour retrouver la piste, il faut marcher jusqu’au lac en passant par le terrain de l’auberge Parker’s Lodge. La Western traverse le lac avant de reprendre le bois sur sa rive sud. 

Comme traverser le lac ne me disait rien qui vaille, j’ai fait demi-tour à l’auberge. Et c'est à ce moment que je suis tombé sur une tribu de sauvages emplumés...

Heureusement, ces dindes sauvages n'étaient pas sur le sentier de la guerre...
Sur le chemin du retour, je me suis bien amusé en explorant longuement la colline aux Framboises. C'était une de ces journées où on pouvait skier partout en forêt, porté par le fond dur recouvert de neige fraîche. Mettons que j'en ai profité

Juste à l’est de la grosse descente, j’ai déniché un petit sous-bois naturel juste de mon calibre, c’est-à-dire pas trop pentu et bien dégagé. J’ai volé là-dedans deux descentes sauvages qui ont mis un sourire sur mon visage pâle.

Épilogue: voilà un tronçon parfait pour faire une courte randonnée incluant une superbe descente. Et si on traverse le lac Paquin, on peut ensuite poursuivre jusqu’à Morin-Heights. 

Le petit sous-bois où j'ai fait des virages...
L'auberge Parker's Lodge a déjà été une institution du coin, comme le raconte cet article.
Il y avait des traces de skieurs sur le lac Paquin... mais je ne les ai pas suivies!

19 janvier 2020

Les pentes perdues du mont Rougemont


Au temps où on installait des remontées mécaniques sur à peu près toutes les collines du Québec, il y a eu une station de ski au mont Rougemont.  

Ses trois pistes de descente et son T-bar se trouvait sur le flanc nord-ouest de la montagne, en face du village de Saint-Jean-Baptiste. Les skieurs pouvaient y dévaler 180 mètres de dénivelé.

Ouverte en 1961, la station a fermé ses portes en 1967. Après si longtemps, il n’en reste à peu près rien ; mais aujourd’hui avec mon complice Jean-Paul, on a quand même fait une expédition pour aller voir ce qui reste de ses installations en montagne.

Partis du côté nord du mont, sur le rang Marie-Anne, on a d’abord emprunté un sentier fréquenté par des VTT pour commencer à grimper dans la montagne ; puis plus loin en forêt, on s’est retrouvé sur un réseau de sentiers plus ou moins officiels qui nous ont d’abord permis d’aller jeter un coup d’œil au très beau lac Saint-Damase.

Le lac Saint-Damasse en fin de journée.
Ce lac-là est tellement circulaire qu’il a l’air d’un cratère sur la Lune. Triste qu’un si bel endroit ne soit pas facilement accessible à tout le monde.

À partir du lac, l’allez-retour vers le pic où était situé les pentes de skis du mont Rougemont a été une aventure épique. 

On est passé par deux sentiers avec des noms, Le Domaine et L’Observatoire. Ceux-là aussi avaient été battus par un VTT. C’était pentu à souhait et on a eu l’occasion de faire quelques beaux virages dans l’épaisse couche de neige tombée cette nuit… mais le fond rocheux était proche et j’ai fait sur mes skis neufs des éraflures qui m’ont arraché des cris de douleur.

La vue depuis le haut des défuntes pistes de ski alpin.
Cette fondation est le seul vestige de la station qu'on a découvert.
La vue est très belle au sommet des défuntes pentes de ski alpin qui sont è peu près complètement disparues. Le seul vestige des installations est un carré de ciment qui devait être le débarcadère de la remontée mécanique.

Si l’histoire de la station de ski du mont Rougemont vous intéresse, je vous recommande cet article publié par Jacques Poulin sur Zone Ski. On y apprend notamment que le désormais célèbre Bernard Trottier a déjà opéré la boutique de ski de la station! 

Le petit sommet où était situé le centre de ski alpin.
Jean-Paul a skié avec son chien aujourd'hui.
Beau moment de télémark entre deux dérapages sur une roche...
La présence de nombreuses traces de VTT explique sans doute le scepticisme exprimé sur cette pancarte.