20 janvier 2013

Centre de ski de fond de L'Estérel

Si j’ai bravé les bourrasques de neige aujourd’hui pour rouler jusqu’au centre de ski de fond de l’Estérel, c’était avant tout pour voir son nouveau chalet d’accueil.

Alors le voici...

Le joli bâtiment remplace la pas mal moins jolie roulotte dont il fallait s’accommoder depuis le divorce entre le centre se ski de fond et l’hôtel Estérel. Avec son construction, on peut dire que le centre complète son retour parmi les bons endroits pour faire du ski dans les Laurentides. 

C’est un bon centre pour les skieurs de calibre intermédiaire parce que tous ses sentiers sont relativement courts et arpentent du terrain que je qualifierais de «modérément montagneux».

Il y a du relief, mais on ne se frotte jamais à une vraie grosse montée épuisante. Et comme tous les sentiers sont tracés à la fois pour le patin et le classique, on n’a toujours assez d’espace pour exécuter son chasse-neige dans les descentes qui sont parfois abruptes mais jamais monumentales. 

Pour les mêmes raisons, c’est aussi une bonne destination quand les conditions se compliquent. Surtout que l’entretien est fait avec soin et du bon équipement.

Le sentier qui contourne le lac Dupuis avant de passer près de l’hôtel L'Estérel et de traverser le plan d’eau compte parmi mes préférés dans les Laurentides. Mais je ne l’ai pas fait aujourd’hui parce qu’il n’avait été tracé... et parce que jamais je n’aurais osé m’aventurer sur le lac par cette journée de grand vent.

La météo était surréaliste aujourd’hui dans les Laurentides. Par bouts, il neigeait à plein ciel. À d’autres moments, il faisait grand soleil. Et il y avait parfois des coups de vent à vous arracher de vos bottines de ski. Mais j’ai quand même fait une randonnée agréable parce que les sentiers sont généralement bien protégés par les arbres. 

J’ai fait notamment la piste 10 où j’ai eu la joie de découvrir ceci...


C’est une inscription laissée par Jack Rabbit Johannsen à l’époque où il sillonnait les Laurentides à  skis  qu’on a eu la bonne idée de mettre en valeur.

Ce n’est pas la seule relique du passé qu’on peut voir en se rendant à L’Estérel. Aujourd'hui moins fréquenté, ce coin-là des Laurentides possède une histoire très riche dont il subsiste des vestiges.

En roulant sur la route 370 vers Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, on passe devant l’endroit où se trouvait le Chalet Cochand, un des premiers centre de ski des Laurentides. On voit encore les pistes de descente taillés dans la colline derrière le lac Lucerne. On skiait à cet endroit dès 1915. Et c’était encore une station très populaire dans les années 50.

Mais pour vraiment se sentir comme un archéologue découvrant une civilisation perdue, il faut aller voir les vestiges de l’ancien domaine L’Estérel.

Chaque fois que je vais dans ce coin-là, je vais jeter un coup d’œil au «centre cultrel» de L’Estérel qui, paradoxalement, abrite l’hôtel de ville à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir l’air en très mauvais état.

Encore aujourd’hui, ce blanc bâtiment moderne a l’air d’un OVNI atterri au milieu des Laurentides. Alors imaginez à quel point il devait détonner quand le baron belge Louis Empain l’a fait construire en 1936 !

L’Estérel à ce moment-là, c’était un centre de villégiature de luxe que le richissisme baron développait sur 7000 hectares de terrain qu'il avait acheté après avoir été séduit par le secteur. Le centre culturel en était le point central. Conçu par un autre belge, l’architecte Antoine Courtens, il abritait notamment des boutiques de luxe, une station-service, un salle de cinéma et une salle de bal. 

C'était la grande classe: le premier spectacle présenté dans cette salle mettait en vedette nul autre que Benny Goodman !

Ce n’est pas le seul gros nom qui a fréquenté les lieux. L’écrivain belge Georges Simenon a écrit un de ses meilleurs livres, Trois chambres à Manhattan, alors qu’il séjournait dans un chalet du domaine.

Pas loin du centre communautaire, il y avait un hôtel de 40 chambres dessiné par Courtens qui devait être époustouflant à ses belles années. Comme le prouve les photos sur ce site...

C’est la Deuxième Guerre Mondiale qui a fait dérailler l’extravagant projet du baron. Après avoir longtemps servi de centre de soin longue durée, l’hôtel a été démoli il y a peu de temps. Je suis allé en faire le tour à pied cet été et j’ai eu l’impression d’atterrir dans un film de zombies tellement le bâtiment avait été vandalisé.

Le domaine du baron Empain comprenait aussi un «club nautique» aux lignes futuristes, érigé au bord du Lac Masson. Ce bâtiment a été incorporé à l’hôtel Estérel construit en 1958 par un nouveau promoteur, Fridolin Simard, qui s’était porté acquéreur d’une partie du domaine du baron. C’est cette partie-là qui a fini par devenir la municipalité de L’Estérel – où, aux dernières nouvelles, il y a peu près 200 habitants.

Récemment rénové et agrandi, l’hôtel a l’air d’avoir le vent dans les voiles. Ça aussi c’est une bonne nouvelle pour le centre de ski de fond qui en tire une partie de sa clientèle. 


1 commentaire:

Pablo a dit...

J'ai passé deux jours à Estérel cette fin de semaine et c'est en effet un très beau site, très bien entretenu (et l'équipe de l'accueil est adorable), avec des sentiers tjrs dans le bois pour un environnement très agréable à regarder.

J'ai trouvé la piste 13 (lac Dupuis) assez insignifiante (on monte en canard pendant 30 minutes sans jamais être vraiment récompensé par une descente, puis le très long lac venteux vue sur l'hotel moche et en compagnie des motoneiges... bof bof) mais tout le reste du réseau "en collines" est magnifique. Je recommanderais un enchaînement 10-6-10-5 (petite pause facile dans un marécage étonnant :p) - 12 pour une belle rando satisfaisante, ou la 9 pour suer un peu plus et s'amuser dans une descente un peu plus abrupte. Le Vieux Shak sur la 12 est un des plus jolis refuges des Laurentides ;-) La 11 était carrément du nordique avec des trous partout mais on s'est bien amusés quand même.

En bref j'ai passé deux jours très agréables !