24 mars 2017

Au sommet de la Montagne Noire


Je déteste conduire quand il neige. Mais bon, en tant que skieur, il faut parfois que je surmonte ma haine de la sloche qui s’accumule sur la route et des camions qui emplissent mon pare-brise.

C’est ce que j’ai fait aujourd’hui et ça m’a permis de faire une dure, mais très satisfaisante randonnée jusqu’au sommet de la Montagne Noire, près de Saint-Donat. 
 
J’ai skié sur le sentier Inter-Centre, une piste de ski nordique long de 28 kilomètres qui relie Saint-Donat à Lac-Supérieur en empruntant un tracé montagneux complètement en dehors de la civilisation qui relie les montagnes Noire, Blanche et Grise.

Je suis parti de l’extrémité est du sentier Inter-Centre, d’un point d’accès situé sur le chemin Régimbald, juste à l’ouest du lac Archambault. 

On est à environ 430 mètres d’altitude à cet endroit. Et à six kilomètres du sommet de la Montagne Noire qui se trouve à 872 mètres d’altitude.

L’ascension démarre raide. Pendant les deux premiers kilomètres, on grimpe sans discontinuer ou presque ; par un sentier assez large où on a déjà hâte de faire des virages sur le chemin du retour. 

Ensuite, la piste s’aplanit un peu pendant un peu plus d’un kilomètre. On monte toujours, mais il y a parfois de bouts plats et de courtes descentes ; dans une forêt de conifères qui m’a rappelé le voyage dans les Rocheuses que j’ai fait à Noël. 
Après ça, on recommence à grimper raide alors que le sentier serpente vers le sommet de la Montagne Noire. 

On est rendu à plus de 800 mètres d’altitude quand on tombe sur une des principales attractions du sentier Inter-Centre : l’endroit où s’est écrasé un avion quadrimoteur de l’armée canadienne en 1943. 

Les débris de l’appareil, un Liberator baptisé «Harry», sont toujours sur place. L’accident a fait 24 morts et reste la plus mortelle tragédie de l’histoire de l’aviation militaire canadienne. 

Sans le savoir, j’ai pris la une photo qui donne une idée de la quantité de neige qu’il y a en ce moment sur la Montagne Noire…

C’est le sommet de l’obélisque au centre du monument que j’ai pris en photo. Je n’ai absolument pas vu les croix qui étaient complètement enterrées. Je pense même être passé sur celles de gauche sans m’en rendre compte. 

Le sentier devient plus étroit à mesure qu’on s’approche du sommet. Puis on a droit à un dernier «mur» extrêmement pentu et chaotique.

Il y avait plusieurs arbres tombés dans cette dernière montée avant le sommet, des lames de neige et des plaques de glace dissimulées sous la poudreuse. Tellement que j’ai bien failli rebrousser chemin à quelques mètres du sommet… 

Je suis content d’avoir persévéré même si, avec la neige qui tombait, la vue du sommet n’avait rien d’extraordinaire. 

Il m’a fallu deux heures pour atteindre le sommet… et j’y suis resté moins de dix minutes !

Après le mur pentu et chaotique, où je suis descendu très prudemment, j’ai trouvé la descente très agréable. Ça reste de la randonnée puisqu’il y a des plats et des petites montées à franchir. Mais il y a aussi de belles pentes où on peut s’amuser à faire des virages dans la neige vierge en profitant de la largeur de la piste.  

C’est dans le dernier kilomètre que la descente est la plus excitante. J’ai terminé ma journée en slalomant jusque dans l’entrée du sentier et avec le sentiment du devoir accompli ! 

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