15 mars 2018

La voisine du sud


Connaissez-vous Lyon Mountain ?

Non, pas le petit hameau de l’état de New York agglutiné autour d’une grosse prison. Plutôt  l’immense montagne qui se trouve juste à côté. 
Cette montagne-là, c’est notre plus proche «voisine du sud» puisque c’est un sommet des Adirondack qui se trouve à seulement une heure de la frontière et une heure et demie de Montréal.

Je vous dis tout ça parce qu’on peut faire du ski sur ce mont Lyon qui culmine à 1170 mètres d’altitude et présente un dénivelé de 680 mètres ; des «mensurations» qui surpassent celles du mont Tremblant.

Les deux destinations n’ont cependant rien à voir ensemble. Au mont Lyon, il n’y a aucune infrastructure d’accueil et on fait du ski de randonnée et du télémark sauvage dans des sentiers qui ne sont ni entretenus ni balisés.

Je suis allé découvrir ça aujourd’hui avec mon nouveau copain des neiges, Bri7 le corsaire du télémark.

Il y a deux entrées dans la montagne et on a choisi celle où c’est plus facile de se garer : un «demi-tour à déneigeuse» qui se trouve sur la Chazy Lake Road, entre le lac Chazy et le versant est de la montagne.

Dès qu’on s’est mis en route, on a été surpris par l’épaisseur de la nouvelle neige. Réputé «neigeux», le mont Lyon passait l’épreuve des faits : on était dans la poudreuse jusqu’à mi-mollet au pied de la montagne et la couverture devenait encore plus profonde à mesure qu’on grimpait.

Résultat : dès qu’on sortait de la trace laissée par trois skieurs partis juste avant nous, on calait solide.

C’est vite devenu un problème pour mes skis à écailles et moi :  dans les passages abrupts, je manquais d’adhérence pour monter en ligne droite. Et dès que je sortais mes skis du tracé pour faire le canard ou grimper en zigzag, je m’embourbais joyeusement.

Heureusement, le premier kilomètre et demi du sentier qu’on suivait est généralement en pente «douce à mi-douce». On monte alors sans trop de problèmes, à travers un boisé de petits feuillus.

Après, disons que j’ai été tenace et que mon compagnon a été patient.

Alors qu’on entre dans un secteur peuplé de plus gros arbres entre lesquels on a déjà hâte de faire des virages, la montée devient beaucoup plus pentue et difficile.

C’était surtout moi qui en arrachais, en fait. Même s’il était lui aussi en ski à écailles, le corsaire en forme s’en tirait mieux que le bonhomme à la tuque rouge. 

En s’accrochant souvent aux arbres, on a fini par atteindre un superbe point de vue qui nous a servi de terminus.


On avait alors franchi 2,2 kilomètres et pris 247 mètres d’altitude. Ce qui veut dire qu’il y avait encore plus de 400 mètres de dénivelé entre nous et le sommet !

C’est quand même là qu’on a pointé nos skis vers le bas de la montagne pour se jeter dans la gueule du Lyon ; et on a fait une descente où on a fini par crier : «y’a trop de neige !».

Dans la partie la plus pentue, là on avait de l’espace pour tourner parmi les grands arbres, on s’enfonçait tellement dans la neige vierge que c’était difficile d’avancer et de manœuvrer. 

N’empêche, j’ai eu mes bons moments. Et le corsaire a réussi à sabrer la poudreuse, notamment en se lançant à l’abordage d’un cap de roche que j’ai préféré contourner.

Le reste de la descente, dans la section de pente «douce à mi-douce», on s’est tout simplement laissé aller dans la trace comme deux boules de quilles dans un dalot. Pas technique, mais agréable ! 

Va falloir qu'on remette ça un des ces jours pour essayer d'atteindre le sommet de la montagne. Mais seulement quand je serai meilleur skieur! 

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