03 mars 2018

Le lièvre et la tortue de la Montagne Noire

Quand je suis parti pour la montagne Noire aujourd’hui, j’avais un but : m’aventurer en solo dans l’une des zones de télémark en forêt qu’on trouve sur cette montagne située près de Saint-Donat et traversée par le sentier de ski nordique Inter-Centre.

Pour y arriver, je comptais sur un outil : la carte que j’ai mise au bas de cette page, où ces secteurs propices à la descente développés par le club de plein air de Saint-Donat sont signalés en pointillés.

Pendant ma randonnée, j’ai cependant trouvé beaucoup mieux : un guide d’expérience !

C’est une rencontre en forme de fable de Lafontaine. Alors que je grimpais dans la montagne Noire par le sentier Inter-Centre, à mon allure de tortue habituelle, je me suis fait dépasser par un lièvre que j’avais déjà vu : Marc-Antoine Brissette, un as du télémark qui publie souvent des textes et des vidéos à propos de ses sorties sur le site web Zone.Ski.

À ce moment-là, j’ai eu à peine le temps de lui lancer «Eille toi tu fais des vidéos de ski !» parce qu’il filait comme un lièvre vers le sommet.

Mais coup de chance pour moi : on s’est recroisé un peu plus tard. Le lièvre redescendait après avoir atteint le sommet et allumé le poêle du refuge qui s’y trouve ; et la tortue poursuivait sa lente montée.

Le moment était propice à la conversation : on avait alors nos skis dans les mains plutôt qu’aux pieds, parce qu’on marchait dans une vilaine cicatrice : un chemin nouvellement percé dans la montagne pour l’exploration forestière qui passe là où se trouvait auparavant le sentier permettant d’arriver le plus vite au sommet. 

Cinq minutes plus tard, la tortue avait un guide et le lièvre avait un compagnon de randonnée!

C'est donc en duo plutôt qu’en solo que je suis parti à la découverte du secteur de télémark qui part du lac Lézard et s’étend jusqu’au pied du flanc est de la montagne, 300 mètres plus bas. 

Ce secteur possède son entrée plus ou moins secrète : une bretelle d’accès non identifiée qu’on prend à partir du sentier qui contourne le lac Lézard.

Cette bretelle monte à travers des conifères de carte postale et nous mène en quelques minutes au début de la zone de descente.

La fable de la Montagne Noire s’est poursuivie pendant notre descente. Mon lièvre descendait en bondissant avec légèreté et vitesse. Et moi, casque sur la tête, je me sentais plus tortue que jamais en essayant de le suivre à coup de virages bien moins fluides.

Aussi vite sur le piton que sur ses skis, mon lièvre a croqué plusieurs photos de ma descente qui me font très bien paraître.

J’ai essayé sans trop de succès de lui rendre la pareille... comme le prouve cette photo où j’ai choisi l’instant précis où il disparaissait derrière un arbre pour faire aller mon iPhone !

Pour ma première vraie descente dans un vrai secteur de télémark sauvage, je pouvais difficilement mieux tomber. Les deux premiers tiers de la descente sont vraiment agréables. Le terrain est bien dégagé et il y a de l’espace entre les arbres pour manœuvrer.

Le dernier tiers était un peu moins accueillant aujourd’hui. Il y avait des bosses et la neige était collante à plus basse altitude. Mais j’ai quand même réussi à rallier le bas de la montagne, où on a terminé notre descente en se butant au chemin forestier dont je vous parlais plus tôt.

Selon ce que me disait mon guide, cette zone de descente en forêt est pas mal fréquentée; et ça ne m’étonne puisqu’elle est à la fois accessible et captivante.  Bien sûr, il faut parcourir deux kilomètres et monter 300 mètres avant de s’y lancer. Mais l’effort en vaut largement la peine ! 

 

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