07 mars 2015

Club sportif Les Appalaches


Quelle superbe randonnée de ski j’ai fait aujourd’hui sur les sentiers du club sportif Les Appalaches – un centre de ski de fond assez peu connu que classe pourtant parmi mes préférés au Québec.

Le club port bien son nom: ses sentiers les plus intéressants nous amènent à l’assaut des Appalaches avec ce que cela suppose de montées corsées et de descentes excitantes.

Le club réunit sous un même toit deux activités qu’on voit rarement ensemble: la motoneige et le ski de fond. Résultat: dans le restaurant occupant le rez-de-chaussée du club, on s’est retrouvé à grignoter notre lunch du midi entre des motoneigistes qui buvaient des grosses bières!

Les skieurs ont leur repaire au sous-sol du bâtiment où on trouve une vaste salle de fartage et un comptoir de location.

Les sentiers de ski du club se divisent en deux. Au nord du chalet d’accueil, il y a le «réseau familial» où on retrouve quelques sentiers faciles tracés en terrain plat et permettant de se rendre jusqu’à l’auberge des Glacis. Et au sud, il y a le «réseau en montagne» où on fait du ski pour adulte averti.

 Ma blonde et moi avons fait une randonnée mémorable dans ce secteur-là en grimpant jusqu’au refuge «Chez Raymond» qui se trouve à environ 6 kilomètres du chalet d'accueil – et 135 mètres plus haut que celui-ci. 

Après un petit kilomètre sur le plat, la piste se met à monter dans la montagne et on gagne rapidement de l’altitude. Puis la montée devient encore plus corsée quand on s’engage sur le sentier qui grimpe en lacet dans un magnifique décor jusqu’à un premier refuge installé au pied d’une très belle falaise.


Le sentier devient un peu moins pentu par la suite. Et on a skié sous d’épais conifères jusqu’à atteindre le refuge «Chez Raymond» où on a pris notre lunch de mi-randonnée en compagnie d’un monsieur Moreau, un retraité qui nous a raconté qu’il marche 23 kilomètres par jour durant l’hiver, pour faire l’entretien du sentier de raquette du club!

Ensuite, on a rebroussé chemin et on a eu beaucoup de plaisir à redescendre vers le chalet d’accueil.

Comme le sentier 7 est à double sens, il faut se montrer prudent dans sa partie la plus corsée qui comporte quelques virages à l’aveugle. Pour aider un peu, on a installé deux grands miroirs convexes... qui permettent de faire la drôle de photo que j'ai mis au sommet de ce billet. 

Plus bas, il faut absolument prendre le sentier 5A pour finir de dévaler la montagne. Il comporte une très longue descente en ligne droite où on peut vraiment se laisser aller, les deux skis dans les sillons, et prendre beaucoup de vitesse sans trop de risque. C’est ce que j’ai fait et ç’a été un des moment grisant de ma saison !

Je sais déjà que je vais retourner au Club sportifs Les Appalaches un des ces jours. Tout simplement parce que j’ai très envie de participer à l’une des «descentes» qu’organise le club.

L’idée est simple: les skieurs se rassemblent au chalet d’accueil et prennent un autobus qui les amènent à l’autre extrémité du réseau – ce qui leur fait gagner à peu près 300 mètres d’altitude. Quelle randonnée ça doit être de redescendre tout ça sur une distance d’environ 12 kilomètres. 

L'an prochain, peut-être. 



06 mars 2015

L'auberge des Glacis


J’aime la bonne cuisine et j’aime le ski de fond. Alors j’ai eu bien du plaisir à l’auberge des Glacis où j’ai passé une nuit durant la semaine de relâche.

Cette auberge est surtout reconnue pour sa bonne table servant notamment des spécialités lyonnaises. Mais elle possède une qualité encore plus importante à mes yeux: elle est raccordée au réseau de sentiers de ski du club sportif Les Appalaches par un très joli sentier d’accès commençant comme ceci...

Invitant, n’est-ce pas? Et ce n’est qu’un début puisque toute cette piste est superbe.

C’est un des beaux sentiers que j’ai vu cet hiver. En partant de l’auberge, on prend doucement de l’altitude en filant vers le sud et s’éloignant du fleuve Saint-Laurent. À quelques centaines de mètres du départ, on passe dans un champ d’où on a une très belle vue sur le Massif de la petite rivière Saint-François, de l'autre côté du fleuve. Et un peu plus loin on passe dans un véritable tunnel de conifères où c’est la pénombre éternelle.

Longue de trois kilomètres, mène à la portion «familiale» du réseau de sentiers du club sportif Les Appalaches. 
 
C’est la douzaine de kilomètres de sentiers tracés en terrain peu accidentés se trouvant au nord-est du chalet d’accueil du club.

Même si ces sentiers n’ont pas la panache de ceux qui nous amènent en terrain montagneux, plus au sud, il y a une belle randonnée à faire dans ce secteur-là. Les paysages sont variés et il y a un petit refuge installé à mi-chemin entre l’auberge des Glacis et le chalet d’accueil du club.

On a couché à l’auberge un vendredi soir et c’était plutôt paisible. On a pris le thé qu’offre gracieusement l’auberge en fin d’après-midi. Et plus tard, on a pris un somptueux repas cinq services qui m’a permis de découvrir les quenelles lyonnaises – une genre de pâte contenant de la chair de brochet, de volaille ou de veau et formant un petit pain arrondie. Le miennes étaient à la volailles et arrosées d’une «sauce financière». Pas léger, mais succulent !

En résumé: sans doute une des plus belles auberges québécoises d’où on peut faire du ski de fond sans toucher à sa voiture.  


05 mars 2015

Piste La Moraine



Êtes-vous déjà allé à Grand-Saint-Esprit ?

C’est un petit village pas loin de Nicolet, au milieu des basses terres du Saint-Laurent, où on peut faire de l’excellent «ski de fond des plaines» sur la piste La Moraine.

Quand on s’est pointé au centre des loisirs local, aujourd’hui, un groupe de personnes âgées se préparaient à jouer à la pétanque et un bonhomme aplanissait la surface de l’immense terrain de croquet occupant presque tout le bâtiment. Tout ce beau monde était plutôt étonné que du «monde de Montréal» vienne visiter leurs sentiers de ski.

Somme toute, je suis assez content que ma curiosité m'ait poussé jusque là: on a fait une belle randonnée familiale dans un réseau de sentier taillé sur mesure pour ça. 

La piste La Moraine est tracée dans un coteau lui donnant un tout petit peu de piquant. Ceux qui ont tracé la piste ont eu la bonne idée d’exploiter au maximum cet élément de relief en faisant zigzaguer le sentier de haut en bas pour créer toute une série de montées et descentes que j’ai trouvés plutôt agréables à négocier.

Les allergiques aux côtes peuvent rester sagement au sommet du coteau où passe un sentier filant en ligne droite vers ce petit refuge installé au beau milieu du réseau.

Plus loin en forêt, la piste forme une grande boucle dans un joli boisé. C’était magnifique dans ce coin-là, aujourd’hui, avec le soleil qui se reflétait sur la neige fraîche.

J’ai trouvé La Moraine bien entretenue et très agréable à arpenter par une journée de conditions idéales. Bien sûr, on est loin de parler d’un des joyaux du ski de fond québécois. Mais voilà quand même un bel endroit pour faire du ski dans une région où il n’y en a pas des tonnes. 



04 mars 2015

Le Chalet Beaumont


Ça fait longtemps que je me promets d’ajouter des lieux d’hébergement sur ce blogue consacré au ski de fond. Attention, pas n’importe lesquels : seulement des endroits offrant un accès direct à des sentiers de ski.

Je commence ça avec une auberge vraiment pas banale où je viens de passer deux belles journées d’hiver: le Chalet Beaumont à Val-David.

Je me suis allé passé une nuit là avec mon fiston Arthur, en cette semaine de relâche, à cause d’un skieur que j’ai croisé à la gare de Prévost un peu plus tôt cet hiver. Parti de Prévost la vieille, le gars était allé couché au Chalet Beaumont à Val-David et rentrait maintenant à la maison. Bref, il venait de faire 56 kilomètres sur le P’tit Train du Nord en deux jours... et en style classique par-dessus le marché !

Ça m’a donné envie de faire pareil, alors fiston et moi sommes allés nous aussi au Chalet Beaumont à ski... sauf que nous on est parti de la gare de Val-David pour faire une petite randonnée de deux kilomètres! On a d’abord pris le P’tit Train du Nord vers le nord pour à peu près un kilomètre. Puis on a bifurqué sur le sentier 31 du parc régional Val-Morin-Val-David qui passe à proximité de l’auberge. 


Fiston était pas mal fier de lui-même quand on est arrivé à la petite bretelle donnant accès à l’auberge.

Le Chalet Beaumont, c’est un très grand chalet en bois rond dont la construction remonte à 1942 et qui est devenu une auberge en 1982.

Si vous aimez le luxe et la tranquillité, allez ailleurs. On parle ici d’une auberge de jeunesse où les clients se font la cuisine eux-mêmes dans une joyeuse ambiance anarchique et où fiston et moi avons dormi dans un dortoir de huit lits. Moi pour 26$ et fiston pour encore moins cher...


Moi j’ai bien aimé l'aspect rustique de l’auberge et son côté convivial. Ça m’a permis de jaser ski avec de parfaits inconnus. Et j'ai passé une agréable soirée à siroter des cocktails près du foyer trônant au milieu du grand salon de l'auberge. 

Fiston, lui, a profité de notre séjour pour découvrir les joies du billard. Il a pu s’amuser avec plusieurs enfants. Et il a trippé sur la longue glissade tortueuse aménagée à côté de l’auberge.

Côté ski, c’est le bonheur puisqu’on a accès à tous le réseau de sentiers du parc régional Val-David-Val-Morin. Il faut toutefois penser à aller payer son billet de ski au chalet d’accueil du parc parce que l’auberge n’en vend pas.

Le Chalet Beaumont a surtout le mérite d’offrir un accès rapide à ce que j’appelle «Far West» du parc régional Val-David-Val-Morin – c’est-à-dire les sentiers qui s’étendent à l’extérieur des limites du parc, au nord-ouest du village de Val-David.

Dans ce coin-là, il y a un court sentier facile taillé dans une magnifique forêt de conifère. Et il y a surtout quelques sentiers très difficiles où on fait du ski excitant et exigeant. 

Quand on traverse le 1er Rang Doncaster et qu’on entre dans ce secteur par la piste 17, on passe devant une pancarte disant «Skieurs experts». On comprend vite pourquoi parce qu’on se retrouve dans une montée très corsée tout de suite après - d’où peut descendre un skieur n’importe quand puisque la piste est à double sens.

C’est du ski dans ce genre-là qu’on fait dans ce secteur. Ça monte et il y a des descentes abruptes qui ont tendance à comporter des virages prononcés.

Heureusement, fiston Arthur est pas mal bon en montée et en descente. Alors on n’a pu se rendre jusqu’au sommet du mont Saint-Aubin où on a pris notre collation dans l'abri installé à 410 mètres d’altitude offrant une vue splendide sur les environs. 

Plus loin vers l'ouest, il y a la redoutable piste 19, une boucle d’environ trois kilomètres tracées en terrain montagneux où je n'ai pas osé amené mon fils parce qu'on y fait du ski pour adulte vacciné. 

Le plus dur, en fait, c'est de se rendre à la boucle. Le tronçon de la 17 reliant le sommet du Mont Saint-Aubin au sentier 19 est assez délirant merci. En moins de deux kilomètres, on dévale le mont Saint-Aubin au grand complet puis on grimpe au sommet de la colline voisine. Et comme on passe par là à l’aller comme au retour, il faut se taper ça deux fois plutôt qu’une!


Des deux côtés, la descente est vertigineuse. Skieurs du dimanche s’abstenir. La seule fois où j'ai été dans ce coin-là, je m’en suis tiré parce que les conditions étaient très bonnes et parce que le sentier et assez large pour qu'on puisse faire du chasse-neige sans problème. Mais j'ai quand même dû me flanquer par terre à deux reprises pour éviter de me retrouver dans le décor. 
J’étais particulièrement fier de moi quand j’ai réussi à me faufiler entre ses deux arbres qu’on a entouré de matelas de protection. J’imagine qu’ils ont déjà fait des victimes.

La boucle 19 est un peu moins extrême – même si ça descend quand même pas mal dans la première partie du parcours. C’est un superbe sentier qui mérite vraiment d’être classé très difficile et que j’ai eu beaucoup de plaisir à parcourir.

On peut aussi accéder à la boucle-là en skiant jusqu’au bout de la piste du P’tit Train du Nord qui s’arrête quelques kilomètres au nord de Val-David. Alors si vous avez envie d’éviter la section «extrême» de la 17...

28 février 2015

Réserve Alfred-Kelly

J'en ai arraché par bout, mais j'ai quand même fait de l'excellent ski. 

Voilà comment j’ai le goût de vous résumer les deux randonnées que j'ai dans les falaises boisées de la Réserve Alfred-Kelly, entre Prévost et Piedmont, ces deux derniers week-end. 

J’ai skié dans ce qu’on appelait autrefois les sentiers de la gare de Prévost. Un dédale de vieilles pistes historiques comme la MOC et la Whizard qui fait maintenant partie d’un territoire protégé et qu’on a rendu plus facilement accessibles. Nouveaux stationnements, nouvelles cartes, nouvelle signalisation dans les sentiers... l’endroit vient d’entrer dans le 21ième siècle.

C’est tant mieux parce qu’on y fait de l’excellent ski nordique. Dans des sentiers moins périlleux que ce à quoi je m’attendais.

J’ai commencé mes deux randonnées au stationnement situé au bout du chemin de la Rivière, à Piedmont. Il y a là une grande carte des sentiers et l’entrée d’une piste partagée par les skieurs et les raquetteurs.

Ah, les raquetteurs. Dans quelques sentiers de la Réserve, skieurs et raquetteurs sont supposés pratiquer leur sport en parallèle et on a installé plusieurs pancartes disant «Respectons nos traces». Malheureusement, cette campagne de propagande n’a pas l’air de marcher. Tous les sentiers partagés que j’ai emprunté avaient été «raquettés» d’un bord à l’autre.

C’est difficilement compréhensible sur la piste menant en forêt, la Rang 7, qui est très large. Cette piste-là a l’air de suivre un ancien chemin carrossable et passe au bout d’un champ surplombant le P’tit Train du Nord.

Ensuite, le sentier bifurque en forêt et on grimpe en pente douce et finit par rejoindre la piste Whizard, un autre sentier que skieurs et raquetteurs sont supposés se partager.  

La Whizard est une très vieille piste, comme l’atteste cette très vieille balise de sentier fixée à un arbre qui achève de la faire disparaître en grossissant. 

Le week-end dernier, j'ai passé le plus clair de ma randonnée à faire un allez-retour sur ce sentier qu'on peut suivre jusqu'au sommet du Mont Olympia.  

À l'allez, j'ai presque seulement grimpé. La piste prend continuellement de l'altitude en serpentant entre des collines et des gros rochers. 

J’avais un peu peur quand j’ai rebroussé chemin pour redescendre vers l’étang. Mais la redescente s’est plutôt bien passé... je ne suis tombé qu’une seule fois!  Disons quand même que c’est une piste pour skieurs avertis et que j’étais bien content d’avoir de larges skis à carres de métal pour me faufiler là-dedans.

Les sentiers réservés au ski se trouvent de l'autre côté de cet étang à castors. 

Ces sentiers sont protégés des raquetteurs par... des panneaux les enjoignant d'aller s'exécuter ailleurs. D'après ce que j'ai lors des deux dernières fins de semaine, ça marche moyen. C'est un peu normal: après tout, ça ne prend qu'un seul raquetteur délinquant pour ruiner une piste de ski.

C'est de ce secteur-là que je me suis dirigé aujourd'hui avec deux objectifs en tête: skier tous les sentiers ouverts aux skieurs et grimper jusqu'au belvédère naturel perché au sommet de la colline surplombant Prévost.

J'ai fait une longue boucle en passant notamment par le sentier Flight's Delight. Où j'ai notamment dû me taper cette dure montée sous une ligne électrique.

La photo ne lui rend peut-être pas justice, mais laissez-moi vous dire que c'est toute une ascension. Comme le sentier encaissé est étroit, tapé dur et flanquée de neige très folle, c'est très difficile de grimper en canard.

Il y a une autre côte de fou dans la section de la Whizard grimpant dans la colline où se trouve le belvédère naturel. Celle-là est courte mais extraordinairement abrupte. Tellement abrupte, en fait, que je l'ai monté et descendu à pied.

Ça vaut toutefois la peine de se taper cette corvée. Le point de vue qu'on a du sommet de la colline vaut largement l'effort. C'est l'un des plus beaux que j'ai eu la chance de voir dans les Laurentides.


Au pied de la colline qui plonge en formant une impressionnante falaise verticale, il y a la rivière du nord, le P'tit Train du Nord et l'ancienne municipalité de Shawbridge qui fait maintenant partie de Prévost. Et au loin on aperçoit la légendaire «Big Hill», où il y a déjà eu une pente de ski. 

C'est dans cette pente qu'Alex Foster, un jeune skieur de 21 ans, a installé la toute première remontée mécanique des Laurentides en 931. C'était  un long câble entraîné par le moteur d'un taxi qu'on installait au pied de la pente pour tout l'hiver. 

Après m'en avoir mis plein la vue, j'ai pris le chemin du retour. Il y quelques belles descentes juste assez difficiles sur le sentier Wilson Nord qui mène à la plus belle piste de ski de la Réserve à mon avis: une section de la vénérable MOC longue d'environ un kilomètre. 

Dans le livre qu'elle a écrit sur son père, Alice Johannsen, la fille de Jackrabbit Johannsen, raconte qu'elle a participé à l'aménagement de la MOC avec ses collègues étudiants du McGill Outdoor Club (d'où le nom de la piste) dans les années 40. Je tiens à féliciter ces gens-là pour leur beau travail! Juste assez large et très bien dessiné, ce bout de sentier se skie comme un charme. 

Un tuyau en terminant: si vous cherchez un endroit pour reprendre votre souffle et vous changer après votre randonnée, dirigez vous vers la gare de Piedmont. 

 La gare est surtout fréquentée par les adeptes du P'tit Train du Nord. Aujourd'hui, on y offrait gracieusement du café et du chocolat chaud. Il y a aussi une toilette et une table de fartage.