La mine du vicomte d’Ivry
J’étais parti en descendant quand mon chef m’a rappelé vers lui.
- Attends. Regarde.
Avec un de ses bâtons de ski, il pointait un passage taillé dans le roc.
- On peut monter par là. Y’a des traces.
Et c’est comme ça qu’on s’est retrouvé dans la mine du vicomte d’Ivry.
* * *
Cette histoire-là a commencé en 1892, quand le vicomte Raoul d’Irvy s’est intallé dans un château en pierres pas loin du lac Manitou.
Avec sa femme. Sa rente. Sa personnalité d’aristocrate français né pour se servir ni de ses mains ni de sa tête.
Le vicomte a vendu son château après quelques années en Amérique. Il a aussi fini par vendre la belle grande maison en bois qu’il avait fait construire au bord du lac Manitou avec l’argent de la vente du château. Et avec sa vicomtesse, il a vécu les dernières années de sa vie dans une cabane au Canada pas tellement loin de son ancien château.
L’homme était manifestement doué pour la dépense. Et pour les idées fantasques qui creusaient des trous dans sa fortune.
Celle qu’on était venu admirer a aussi laissé une cicartrice dans une colline.
Une mine. De titane. Démarrée par le vicomte. Puis vite abandonnée. Devenue le canyon artificiel où j’étais entré derrière mon chef.
* * *
Pour moi cette histoire-là a commencé il y a dix ans, quand j’ai découvert la drôle vie du vicomte à qui Ivry-sur-le-Lac doit son nom.
Aller voir sa mine. En passant par un sentier dont je ne connaissais que le nom: «Titanium Mine». Voilà à quoi je me suis mis à rêver.
Mais j’avais un problème.
Ivry-sur-le-Lac.
La cité interdite des Laurentides. La chasse gardée où les sentiers sont secrets et le stationnement impossible.
Pour des raisons que je ne remets pas en question, l’association qui s’occupe des sentiers locaux a choisi la discrétion. Pour consulter sa carte secrète cachée dans la section secrète de son site web, il faut être membre. Et pour être membre, il faut habiter Ivry-sur-le-Lac.
Mon rêve est resté lettre morte jusqu’à ce que je me trouve un chef d'expédition. Qui lui nous a trouvé le reste. Un point de départ. Un itinéraire approximatif. Un troisième compagnon. L’allant qu’il faut pour mettre pareil plan à exécution.
On a skié longtemps avant de s’engager sur le sentier «Titanium Mine». Grimpé jusqu’en haut de la colline. D’abord vu la cicatrce de la mine depuis son sommet.
Puis on a pris le chemin du retour… et notre chef a mérité une dernière fois son titre en reperant le passage qui nous a mené dans le canyon de la mine.
Un point sur Terre où le vicomte s’est sûrement tenu lui aussi au temps où il faisait marcher sa mine.
* * *
Quand le vicomte a vendu la grande maison en bois qu’il avait fait construire au bord du lac Manitou, c’est une bande de Montréalais qui l’a achetée pour en faire son repaire dans les Laurentides.
On était en 1905. Et les riches fondateurs du Club Manitou débarquaient pour pratiquer un nouveau sport extrême que les habitants du coin trouvaient parfaitement ridicule.
Depuis, le ski a fait beaucoup de chemin dans les Laurentides. Et le vicomte Raoul d’Ivry appartient à cette histoire-là.
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| Mon chef et son fils me montrent le chemin. |
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| Mon chef va tellement vite qu'il est flou sur la photo. |
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| Scène d'action! |
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| Le fils du chef et son style unique. |
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| La vue depuis le sommet de la colline de la mine. |
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| Notre trio d'expédition. |









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