C'était une idée du gars déguisé en évadé de prison.
Fêter l'Halloween des skieurs comme d'autres fêtent le Noël des campeurs.
À une date où tous les sains d'esprit ont rangé leur ski pour l'été. Et dans un lieu digne de l'Halloween: le côté obscure de la Montagne Noire.
Un versant nord où la neige voit moins de soleil et dure plus longtemps. Et où il y a un sentier de motoneige fermée pour la saison qu'on a transformé en piste de ski pour mieux s'amuser à redescendre la montagne.
Brice de Nice est venu surfer sur la neige
Julie Slafsko-Ski portait les couleurs du Canadien.
Superman en a pris une bonne en essayant de voler par-dessus un paquet de roches.
Une Rambo pourchassait son chevreuil de chum.
Le gars en tenue de plongée a fait une saucette en passant à travers la glace.
Une licorne s'est changé en cowboy en milieu de randonnée.
Anna arborait la tête de mort.
Monsieur Disco a fait danser ses skis.
Le démon blond a perdu ses cheveux en chemin.
Et moi j'étais un joueur de balle qui servait des cocktails bien frappés.
Les gens sérieux qu'on a croisé dans le bois ont eu leur dose d'hurluberlus pour un bout de temps!
Pitou Deschênes, c’était un de mes oncles. Le mari d’une soeur à mon père. Le père des mes cousins Onil et Roy. Un gars de Sacré-Coeur-sur-le-Fjord où c’était le jour de ses funérailles.
Le salon. La messe. Le lunch avec la famille. C’est comme ça que ma journée a commencé.
Une belle journée ensoleillée d’avril. Que j’ai fini en amenant une vieille casquette à Pitou faire du ski de printemps.
Mon oncle Pitou n’était pas un skieur. Mais c'était un chasseur et un pêcheur qui connaissait bien mieux que moi le territoire autour de son village.
C'est peut-être pour ça qu'avec sa casquette, j'ai trouvé un beau terrain de jeu pour skieur dans une colline que j’avais repéré sur Google Maps.
En partant du motel local, le Coronet. En prenant le champ par un sentier de motoneige fermée pour la saison. En gagnant une soixantaine de mètres d’altitude par le chemin d’accès à une tour de communication.
Ce chemin-là aurait suffi à faire mon bonheur. Il forme une belle descente au creux d’une tranchée dans la montagne.
Mais ma colline cachait d’autres attraits. Des sentiers agréables à skier. Quelques belles petites pentes. Un versant dénudé où la vue porte loin. Trois grosses pierres transformé en sculpture par un artiste travaillant à la pelle mécanique.
«C’est la tite montagne chez monsieur Alexis Gravel», m’a dit mon père à mon retour à la civilisation.
Ça c’était au temps où mon père habitait encore chez ses parents, à quelques kilomètres de la colline.
De nos jours, la colline appartient aux propriétaires du ranch Instinct Nomade qui se trouve au pied.
«C'est gentil de nous dire que vous êtes passé, il serait cependant préférable de demander avant de venir ne serait-ce que pour des raisons d'assurance», m’a écrit l’un d’eux quand je lui ai raconté mon incursion.
Je le comprends. Mais j’ai comprends aussi la casquette à Pitou de m’avoir mené sur la tite montagne chez Émile Gravel.
La colline vue de mon point de départ.
Le chemin en pente qui mène à la tour.
Superbe descente que vais sûrement revisiter en plein hiver.
L'oeuvre d'art qui orne la colline.
Un des étroits sentiers que j'ai explorés.
Les balises artisanales que j'ai croisées ressemblaient à ça.
Je suis parti de Montréal à 9h ce matin... et à 13h30 j'étais sur mes skis dans un autre monde.
Un monde blanc. Au Massif dans Charlevoix.
La saison de ski a pris fin la fin de semaine dernière au Massif et au centre de ski de fond du Sentier des Caps. Mais clairement pas pour cause de manque de neige!
J'en ai trouvé en masse cet après-midi, et j'en ai profité en piratant des sentiers. Au grand soleil, et à 15 degrés Celsius!
J'avais un plan en débarquant dans l'immense stationnement désert de la station de ski: rallier le sommet de la montagne à Ligori en suivant le sentier de randonnée Le Lugeron.
Sauf que la glisse était pénible dans ce sentier devenu chaotique et molasse sous l'effet du printemps.
Résultat: j'ai plutôt passé le plus clair de ma journée dans des pistes de ski de fond fermés à profiter du «vieux damé juste assez ramolli par la chaleur».
Les conditions étaient ordinaires sur le sentier Le Lugeron, mais...
C'est un joli sentier très intime.
Un des sentiers de ski de fond fermé que j'ai emprunté.
La glisse était très bonne sur le vieux damé à la machine.
Depuis le sommet de la montagne à Ligori, j'ai fait une courte incursion sur la poste de luge qui part de là et descend jusqu'au pied de la station de ski. En faisant un descente un peu trop tranquille et en découvrant une vue extraordinaire sur le fleuve et l'île aux Coudres.
C'est toujours étrange de visiter une station de ski alpin après sa fermeture au printemps. C'est désert plutôt que surpeuplé. Calme plutôt qu'animé.
Je me suis senti «seul au monde» à peu près toute la journée... mais j'ai fini par rencontrer un sympathique planchiste au somment d'une pente de ski alpin.
J'ai partagé avec lui mon meilleur moment de ma journée en faisant quelques belles descentes au grand soleil et sur une neige printanière parfaite.
De la neige qui aurait mérité d'accueillir des skieurs pour au moins une autre fin de semaine!
Même s'il n'y avait presque pas de soleil, j'ai eu bien du mal à partir de Vallée Bleue en fin d'après-midi. Ce genre de descente, on veut toujours en faire une autre dernière!