La nouvelle neige était trop belle. Je suis allé skier avant de commencer ma journée de travail ce matin. Dans la petite côte du parc Allan Hill's à Baie d'Urfé.
Cette large côte
gazonnée est tout ce qui reste d’une ferme où a planté des maisons. Elle
a un riche passé de ski. Dans les années 60-70-80-90, le YMCA local donnait des
cours dans sa douzaine de mètres de dénivelé.
De nos jours, la pente est surtout fréquenté par des enfants équipés de traineaux. Mais ça m'est arrivé quelques fois de faire du très bon «ski de butte» à cet endroit, après une bordée de nouvelle neige.
Travail oblige, c'est la petite sortie que je me suis permis en ce matin de jour d'école. Et j'ai eu la pente, et sa poudreuse, pour moi seul.
Tout en haut de la pyramide, il y a le ski de montagne qu'on pratique avec des peaux d'ascension et des fixations de randonnée alpine.
Un peu plus bas, il y a le ski de colline qu'on pratique avec des skis fartés ou écailles et des fixations à talons libres.
Et encore plus bas il y a le «ski de butte» que j'ai pratiqué cet après-midi au parc du Centenaire de Dollard-des-Ormeaux.
Aménagé
sur le site d'une ancienne carrière, ce parc a la particularité
d'abriter deux grosses buttes qui sont, avec leur douzaine de mètres de
dénivelé, les deux «sommets» les plus excitants du West Island.
Il y a des pistes de ski
entretenues mécaniquement au parc du Centenaire, mais moi je vais
toujours là avec mes gros skis nordiques pour dévaler les
sentiers en pente qu'on trouve sur ses deux buttes.
Comme disent les skieurs alpins, il restait de la poudreuse à tracer sur les côtés.
Voilà à quoi ressemble les sentiers de ski de fond du parc
Avec ce genre d'équipement, j'ai toujours du fun dans ces petites descentes même quand elles sont tapées dures par les marcheurs.
C'était froid et venteux aujourd'hui. Le parc était presque désert. Alors j'ai pu profiter au maximum de la grosse butte du nord et de la petite butte du sud. Tellement qu'il m'a fallu plus de deux heures pour faire le tour du parc et écumer les petites descentes des des buttes.
Je pense que je maîtrise l'art de faire beaucoup avec pas grand-chose!
L’homme qui plantait des arbres imaginé par Jean Giono ne travaille pour un ministère de l’environnement. Ne fait pas partie d’un comité. Plante au lieu de militer.
C’est un personnage de fiction inspiré. Inspirant. Une figure exemplaire: l’homme qui agit seul en suivant son idée.
Mon homme qui plantait des pistes est moins idéal vu qu’il existe pour vrai. Mais il me fait penser à Élzéar Bouffié. Parce que lui aussi agit seul en suivant son idée.
J’ai découvert le personnage l’été où il m’a demandé de lui donner un coup de main. Dans une colline des Laurentides, il travaillait fort pour dégager des couloirs propices à son sport préféré: la descente en ski nordique.
Avec d’autres cette journée-là, je l’ai aidé à couper la broussaille et à écarter les obstacles dans les pistes de descente qu’il avait imaginées.
Pas chez chez lui. Plutôt chez nous. Dans ce qu’on appelle la «forêt publique». Par amour du ski. Du bois. Du travail.
Depuis, bien d’autres skieurs que lui ont dévalé ces pistes qu’il a signées en transformant des vieilles lames de débroussailleuse en balises peintes en jaune.
En gros c’est ça l’idée qu’il suit. Planter des pistes là où il pense qu'il devrait y en avoir.
«J’ai hâte de te montrer mon nouveau projet.»
Voilà ce qu’il m’a dit l’été d’après. En parlant d’un flanc de montagne où il avait entrepris de baliser des couloirs de descente dans presque 200 mètres de dénivelé.
Cette fois c'est en ski que j’ai découvert son oeuvre, un samedi de février.
C’est un sanctuaire discret. Beaucoup de motonegistes fréquentent ce coin-là. Et ça ne prend qu’une seule motoneige pour creuser d’ornières tout un flanc de montagne.
Voilà pourquoi on a pris le bois par un sentier caché. Fait un détour. Brouillé nos pistes.
En montant dans la colline, c’était difficile de bien voir son travail. On longeait un couloir de descente sans bien le distinguer. On apercevait de loin en loin des bouts de ruban orange balisant son tracé.
Puis on a atteint le sommet et tout est devenu plus clair. La piste plantée là par notre guide s’étalait devant nous. À pic au début. Plus douce par la suite.
Que de la poudreuse vierge, plusieurs jours après la dernière bordée. Bien plus qu’on en avait besoin pour skier toute la journée.
On s’est laissé aller là-dedans On a survécu au bout plus pentu. Puis on a louvoyé jusqu’en bas en laissant chacun sa trace.
L’homme qui plantait des pistes piaffait d’enthousiasme. Déjà prêt à remonter. Excité d’avoir d’autres descentes à nous montrer.
«Au bout là-bas, la 4 pis la 5 sont encore meilleures.»
On a fait deux autres descentes ce jour-là. Mais on ne s’est pas rendu à la 4 et à la 5.
Même quand ils sont profonds, les ravins de rivière ne sont guère propices au skis. Du moins selon mon expérience
Le terrain est toujours trop accidenté. La pente un peut trop courte et raide. Les arbres tombés trop nombreux. Les sentiers trop tortueux.
Tout ça s'applique au ravin de la rivière Mascouche. Mais on peut quand même faire des descentes et des virages au bord de cette rivière dans le bout du (bien mal nommé!) parc métropolitain du Domaine-Seigneurial-de-Mascouche.
Pour trouver de la pente dans ce parc-là, il faut se filer vers son extrémité nord, là où la rivière exécute deux gros virages en épingle avant de tourner une dernière fois vers le nord.
C'est le genre d'endroits où je vais en gros skis Kom et en bottes Scrapa T4 en plastique. Du matériel passe-partout avec lequel je peux me lâcher dans n'importe quoi sans trop risquer de me casser la figure.
Une de mes bonnes lignes de la journée.
Traces en tous genres sur la rivière gelée.
Court moment de ski hors-piste.
C'est ce que j'ai fais cet après-midi, me lâcher dans n'importe quoi sur mes gros skis.
Dans des sentiers en pente raide damés durcis où ça allait vite. Dans d'étroits sentiers de marche ou de vélo serpentant au gré du relief. Et en hors-piste, en louvoyant entre les arbres, quand je trouvais du terrain propice.
Le dénivelé du ravin de la rivière atteint 30 mètres à certains endroits, mais on descend rarement plus de 15-20 secondes avant de se retrouver au bord de la rivière et d'être forcé de remonter. Et il faut rester vigilant parce qu'il y pas mal d'obstacles au sol.
J'ai fait meilleure descente de la journée dans la «tête» du virage en épingle le plus à l'ouest. C'est celle du vidéo plus haut!
Je ne sais pas trop ce que je devrais vous dire sur le sentier qui m'a mené au somment de la montagne Brûlée à Saints-Martyrs-Canadiens dans les Appalaches.
Je l'ai repéré en furetant sur Openskimap où il prend la forme d'une ligne pointillée qui part de la rue de L'Anse et monte dans le flanc ouest de la montagne.
Je l'ai trouvé bien battu par des marcheurs mais quand même agréable à arpenter sur mes gros skis Kom.
Et il m'a mené à un sommet spectaculaire en me faisant gagner environ 130 mètres d'altitude en un peu moins de deux kilomètres.
Mais je me demande encore si j'avais d'affaire à
l'emprunter vu qu'il ne comporte aucune signalisation et qu'il passe
directement devant un refuge un forêt qui doit appartenir à quelqu'un et
se trouver sur un terrain privé.
Rare cas de propriétaire tolérant? En tout cas, je n'ai pas vu de panneaux «Terrain Privé» ou «Défense de Passer»...
Le sentier tel que je l'ai trouvé en ce mardi après-midi.
Le seul panneau de signalisation se trouvait à une jonction.
Le lac Nicolet vue du sommet.
Après une rude montée où j'ai employé plusieurs techniques, y compris retirer mes skis pour franchir le dernier bout très à pic avant le sommet, j'ai été bien récompensé par une vue splendide sur le lac Nicolet et ses environs.
On est à 550 mètres d'altitude au sommet de la montagne Brulée. Et comme ce sommet est en bonne partie dégagée, on voit bien vers le nord et vers l'est.
Ma redescente ne m'a pas spécialement charmé. J'ai fait la première partie à travers bois, dans une zone de grands feuillus que j'ai trouvée trop courte. Puis j'ai repris le sentier où j'ai surtout descendu sur la défensive avant de faire quelques bons virages dans 200 derniers mètres du sentier.
Je ne sais pas si je vais retourner un jour sur cette montagne. Mais j'aimerais bien savoir à quoi m'en tenir à propos du sentier que j'ai emprunté. Alors si vous avez de l'info...