10 avril 2021

Après-ski jour 1: en vélo sur la rive nord

 

Lundi, j'étais en ski à Tremblant. Moins d'une semaine plus tard, je viens de passer un fantastique après-midi d'été en vélo électrique dans le coin de Sainte-Thérèse et Blainville.

On a commencé cette journée familiale en pédalant sur une piste cyclable flambant neuve, la superbe Seigneurie des Plaines. On l'a poursuivi en allant jouer les Indiana Jones dans les ruines du Plan Bouchard, une ancienne fabrique d'obus et d'explosif à Blainville. Et on l'a terminé en quadrillant les rues du vieux Sainte-Thérèse où on a soupé dehors au soleil. 

Officiellement, j'ai déjà hâte à l'hiver prochain, à la neige et au ski; mais disons que pareille escapade estivale aide à patienter.

Fiston Arthur en échappée sur l'asphalte neuve de la Seigneurie des Plaines.
Dans le coteau qui descend vers la rivère Mascouche.
À Blainville, la Seigneurie des Plaines passe près de plusieurs lagunes.
Les ruines du Plan Bouchard sont décorés de quelques jolies murales.

Je vais sûrement revenir skier dans les sentiers du Plan Bouchard l'hiver prochain.

02 avril 2021

Vive le mont Sutton

Pour la deuxième fois de la saison, j'ai couru après la neige fraîche à Sutton aujourd'hui... et pour la deuxième fois j'ai frappé dans le mille. 

Cette fois, j'étais sur les pentes du centre de ski du mont Sutton... où j'ai trouvé une douzaine de centimètres de poudreuse recouvrant un fond glacé et dur comme du béton. 

Curieux mélange... grâce auquel j'ai une journée de ski à la fois agréable et gratifiante. 

Agréable parce que j'ai fait des dizaines et des dizaines de virages soyeux dans de la poudreuse vierge. 

Gratifiante parce que j'ai osé défié les plaques de glace et la couverture mince pour m'aventurer dans des pistes que je croyais hors de ma portée dans le secteur le plus élevé et le plus difficile de la montagne. 

C'était seulement ma deuxième visite au mont Sutton; et comme la première avait été désastreuse, par une journée où on skiait sur de la glace, j'étais un peu nerveux en partant de chez moi ce matin... Mais cette journée m'a vraiment fait comprendre pourquoi cette montagne a ses fans inconditionnels. 

Avec sa neige naturelle, ses pistes étroites et ses sous-bois agréables à naviguer, le mont Sutton a vraiment un style unique. C'est une montagne qui nous garde sur le qui-vive et nous incite à skier comme du monde. J'ai vraiment eu l'impression de m'améliorer à vue d'oeil aujourd'hui... et pourtant je ne suis jamais passé proche de me casser la figure. 

Bref, je pense que je viens de découvrir ma nouvelle station de ski alpin préférée. 

Le mélange de glace et de poudreuse qui caractérisait la journée.

La couverture était très bonne à certains endroits
La piste Exil n'était pas officiellement ouverte... mais elle était déjà bien tracée quand je l'ai dévalée.
Grâce à mes fixations à talons libres, j'ai pu faire cette descente dans une piste vierge.

27 mars 2021

Déjà le printemps à Tremblant

Quand je suis arrivé au mont Tremblant ce matin, il flottait une atmosphère de fin du monde. 

Le stationnement du versant nord était aussi boueux qu'un champ de bataille. Du brouillard enveloppait le sommet  la montagne. Et comme des survivants post-apocalyptiques, les skieurs étaient peu nombreux pour un samedi. 

Pourtant, une fois sur mes skis, j'ai vite constaté que le déluge d'hier n'avait pas trop endommagé les pistes de la plus grosse station des Laurentides... du moins celles qui étaient encore ouvertes. 

Le brouillard a fini par se lever. Le mercure a grimpé au-dessus de zéro. La neige a ramolli et s'est transformé en gros sel. Et tout ça a fini par nous donner une belle journée de ski de printemps même si le soleil ne s'est jamais pointé le nez.

Mes meilleures sorties du printemps en carrière, je les ai faites à Tremblant. Ses longues pistes faciles sont particulièrement agréables quand la neige se transforme en sloche prinanière. On a presque l'impression descendre une rivière sur des pistes comme la Nansen, l'Algonquin ou la P'tit Bonheur. 

Aujourd'hui, je me suis bien amusé aussi dans des bleus et des noirs comme l'Alpine, la Tobbogan et la Duncan. Et je vais rappeler de ma «traversée» de la montagne pendant laquelle j'ai enchainé les pistes Petit Bonheur, Andy Moe, Axel et Lowell-Thomas avant d'emprunter deux bretelles sans nom pour rallier la Duncan et finalement arriver au pied du versant nord. Belle façon d'étirer au maximum sa dernière descente de la journée!

Le brouillard avait pris de l'altitude quand j'ai pris cette photo.
Le mont Blanc a vraiment l'air de rien vu du mont Tremblant.
Côté nord, il reste de la neige sur le sentier O'Connell
Par contre, côté sud, le sentier Nord-Sud est presque à découvert...

21 mars 2021

La montagne à Gaston


La montagne à Gaston

 

Ma nouvelle préférée d'Ernest Hemingway se passe dans les Alpes suisses. 

C'est le printemps. Deux skieurs font leur dernière descente de la saison puis vont prendre un verre dans une auberge, près d'une tablée de bûcherons, avant de retourner à leurs vies et à leurs problèmes.

En gros, c'est pas mal ça qu'on a fait aujourd'hui. 

Bon, d'accord, nous on était trois skieurs... et on était dans les Laurentides plutôt que dans les Alpes; mais nous aussi on a croisé un bûcheron, et nous aussi on a fini la journée en prenant un verre avant de retourner à nos vies respectives. 

Le bûcheron, c'était Gaston. Quand on l'a croisé, il sortait des bûches de bois de poêle au volant d'un VTT tirant un traineau. Il était de bonne humeur et nous a donné la permission d'aller jouer dans le coin de montagne qui lui appartient.

Dans la nouvelle d'Hemingway, les bûcherons trainent plutôt des billots avec des chevaux; ce qui nous rappelle qu'elle a été écrite il y a presque un siècle. 

La montagne à Gaston se prête au ski parce qu'elle est extraordinairement dégagée. Elle est hérissée d'arbres, mais il n'y a presque pas de repousses et d'obstacles entre les troncs nus qui lui poussent dessus.

On a passé presque toute la journée à slalomer dans ce sous-bois naturel, sur une neige qui ramollissait à vue d’œil sous l'effet du soleil. En s'arrêtant parfois pour se demander si la blancheur qu'on creusait avec nos skis allait survivre encore longtemps aux rigueurs du printemps.

En suivant un chemin forestier, on a aussi fait une excursion sur la colline voisine. Rendu là, on était plus chez Gaston mais chez un gars qui s'occupait de son érablière pendant que sa blonde se la coulait douce assise sur sa motoneige. Le gars, on l'a juste vu de loin. Mais on parlé à sa blonde qui n'était vraiment pas d'humeur à s'énerver parce que trois hurluberlus en ski se promenait chez son chum.

Dans la nouvelle d'Hemingway, Nick et George s'arrêtent boire un coup dans une auberge. Nous a plutôt fait ça autour d'une grosse roche au sommet de la montagne à Gaston.

Une bouteille de porto est sortie d'un sac à dos. C'est avec ça qui s'est affaibli les facultés sous le soleil en parlant de ski, de blondes et de pandémie.  

Après ça, il a fallu redescendre la montagne et retourner à la civilisation. 

C'était la première fois que je skiais avec deux verres dans le nez. J'ai vite constaté que le porto me rendait à la fois plus confiant et moins vif, ce qui n'est pas nécessairement un mauvais échange. La confiance, c'est utile quand on essaie de faire tourner des skis parmi des arbres. Peut-être plus que la vivacité...

La nouvelle d'Hemingway est comme un épilogue. C'est une saison de ski en retrait du monde qui prend fin dans ses pages. Nous aussi, c'est dans cette ambiance-là qu'on a baigné toute la journée. N'empêche, j'espère qu'on n'a pas fait nos derniers virages de la saison. 

Chez Gaston, avant de descendre, il faut monter.

David et Bris7 attaquent un versant facile... 

David dans un moment de grâce.

La tuque, la barbe et le démon blond.

Santé depuis le sommet de la montagne à Gaston!

20 mars 2021

À deux sous le soleil

Je l'écris ici pour me rappeler son exploit: ma blonde a «conquis» le mont Catherine aujourd'hui, sous un chaud soleil et dans des conditions de neige on ne peut plus printanières. 

Le mercure était déjà quelques degrés au-dessus de zéro quand on est parti du stationnement Château Bleu à Saint-Agathe un peu avant midi... mais on a quand même trouvé une piste dure et glacée en partant sur la Gillespie, à l'ombre sous les conifères.

Ç'a été le patron de la journée: glace sous les conifères et neige ramollie là où les feuillus sans feuille laissaient passer les rayons du soleil. 

On a commencé par aller manger notre lunch au pied de la tour de communication qui se dresse sur la colline sans nom par où passe le sentier Castor; puis on est allé monter la descendre le mont Catherine sous un ciel bleu et un déluge de soleil. 

J'ai encore des choses à apprendre sur le ski de printemps. Je n'avais pas prévu les conditions  glacées qu'on a affrontées dans les bouts de sentiers sous les conifères. Ça aussi je l'écris ici pour m'en rappeler! 

Le spot où on mangé notre lunch.
Le soleil à l'oeuvre sur le sentier Castor.