24 mars 2026

Sur le mont Echo à Lac-Beauport

J'ai skié en ignorant cet après-midi. Comme ça m'arrive souvent quand je skie dans la région de Québec. 

Le mont Écho et les sentiers qui mènent à son sommet sont-ils propices au ski? Est-ce que je vais réussir à monter jusqu'en haut? Vais-je me casser le gueule en redescendant? Des promeneurs vont-ils me demander où je m'en vais avec mes skis? 

C'est le genre de questions que je ruminais en partant du Vieux-Québec pour «monter dans le nord» jusqu'à Lac-Beauport.

Moins de trente minutes plus tard, je prenais le départ au parc de L'Éperon pour faire le conquête du mont Echo. Une colline qui culmine à 369 mètres d'altitude... que je connaissais depuis moins de 48 heures! 

Je m'attendais à arpenter des sentiers surtout fréquentés par des marcheurs et des pédaleurs sur neige... et c'est exactement ce qui m'est arrivé. 

Le sentier par où j'ai fait ma montée ressemblait pas mal à ça.

La station de ski Le Relais vue du Mont Echo. 

Ma première descente à travers bois de la journée. 

Peu importe, ça glissait bien dans le sentier très fréquenté du parc que j'ai emprunté pour me rendre au pied du mont. Et ça montait bien par le sentiers en lacets par où j'ai grimpé son flanc ouest. 

J'ai compris en arrivant en haut j'avais tiré le bon numéro. 

Dans des conditions tout juste passables, j'ai fait du très bon ski sur les flancs d'un sommet planté de feuillus clairsemés et propices aux courtes descentes à gauche et à droite. 

Le fond était «glacé-blindé». La petite neige tombée dans la nuit était collante au possible. Mais je pouvais descendre en restant doux sur les skis. Et monter partout comme je voulais! 

J'ai joué au yoyo longtemps près du sommet avant de me décider à redescendre la colline par le sentier qui dévale son versant sud. En «skiant défensif» dans une première partie plus abrupte. Et m'amusant beaucoup plus bas, là où la pente était plus douce. 

Je ne sais pas si des skieurs de Québec fréquentent le mont Echo. Mais il a fait mon bonheur de touriste de Montréal!   

CLIQUEZ ICI pour voir le secteur sur Openskimap. 

La première partie du sentier qui descend le flanc sur de la colline. 

Point de vue vers le nord-ouest.

Mes plus savoureux virages de la journée! 

22 mars 2026

La mine du vicomte d'Ivry

La mine du vicomte d'Ivry   

J’étais parti en descendant quand mon chef  m’a rappelé vers lui.

- Attends. Regarde.

Avec un de ses bâtons de ski, il pointait un passage taillé dans le roc.

- On peut monter par là. Y’a des traces.

Et c’est comme ça qu’on s’est retrouvé dans la mine du vicomte.  

*    *    *

Cette histoire-là a commencé en 1892, quand le vicomte Raoul d’Irvy s’est installé dans un château en pierres pas loin du lac Manitou.

Avec sa femme. Sa rente. Sa personnalité d’aristocrate français né pour se servir ni de ses mains ni de sa tête.

Le vicomte a vendu son château après quelques années en Amérique. Il a aussi fini par vendre la belle grande maison en bois qu’il avait fait construire au bord du lac Manitou avec l’argent de la vente du château. Et avec sa vicomtesse, il a vécu les dernières années de sa vie dans une cabane au Canada pas tellement loin de son ancien château.

L’homme était manifestement doué pour la dépense. Et pour les idées fantasques qui creusaient des trous dans sa fortune.

Celle qu’on était venu admirer a aussi laissé une cicatrice dans une colline.

Une mine. De titane. Démarrée par le vicomte. Puis vite abandonnée. Devenue le canyon artificiel où j’étais entré derrière mon chef.

*    *    *

Pour moi cette histoire-là a commencé il y a dix ans, quand j’ai découvert l'homme à qui Ivry-sur-le-Lac doit son nom.

Aller voir sa mine. En passant par un sentier dont je ne connaissais que le nom: «Titanium Mine». Voilà à quoi je rêvais.

Mais j’avais un problème.

Ivry-sur-le-Lac.

La cité interdite des Laurentides. La chasse gardée où les sentiers sont secrets et le stationnement impossible.

Pour des raisons que je ne remets pas en question, l’association qui s’occupe des sentiers locaux a choisi la discrétion. Pour consulter sa carte secrète cachée dans la section secrète de son site web, il faut être membre. Et pour être membre, il faut habiter Ivry-sur-le-Lac.

Mon rêve est resté lettre morte jusqu’à ce que je me trouve un chef d'expédition. Qui lui nous a trouvé le reste. Un point de départ. Un itinéraire approximatif. Un troisième compagnon. L’allant qu’il faut pour mettre pareil plan à exécution.

On a skié longtemps avant de s’engager sur le sentier «Titanium Mine». Grimpé jusqu’en haut de la colline. D’abord vu la cicatrce de la mine depuis son sommet.

Puis on a pris le chemin du retour… et notre chef a mérité une dernière fois son titre en repèrant le passage qui nous a mené dans le canyon de la mine.

Un point sur Terre où le vicomte s’est sûrement tenu lui aussi au temps où il faisait marcher sa mine.

*    *    * 

Quand le vicomte a vendu la grande maison en bois qu’il avait fait construire au bord du lac Manitou, c’est une bande de Montréalais qui l’a achetée pour en faire son repaire dans les Laurentides.

On était dans les années 1900. Et les riches fondateurs du Club Manitou débarquaient pour pratiquer un nouveau sport extrême que les habitants du coin trouvaient un brin ridicule.

Depuis, le ski a fait beaucoup de chemin dans les Laurentides. Et le vicomte Raoul d’Ivry appartient à cette histoire-là. 

Mon chef et son fils me montrent le chemin. 

Mon chef va tellement vite qu'il est flou sur la photo. 

Scène d'action! 

Autre scène d'action!

Le fils du chef et son style unique. 

Il y avait de la bonne descente à faire dans la colline de la mine. 

La vue depuis le sommet de la colline de la mine. 

Notre trio d'expédition.

21 mars 2026

Adios!


Ma blonde a toujours hâte à ce qui s'en vient. 

Hâte à l'hiver en automne. Hâte à Noël avant Noël. Hâte qu'on rentre à la maison après Noël. Et chaque année, à partir de la semaine de relâche, elle a hâte au printemps... et ne veut plus vouloir rien savoir de mon crisse de ski! 

Ça m'a pris tout mon charme pour la convaincre de sortir une dernière fois aujourd'hui. J'ai dû promettre une courte randonnée agréable. Du bel après-ski. De rentrer tôt pour aller faire l'épicerie.

Promesses tenues. On a fait du bon ski dans de la belle neige fraîche sur la Sapinière et la Jaune à Saint-Adolphe-d'Howard. On a après-skier au bistro Gusto dans le coeur du village. Et aussitôt rentré, je suis allé faire l'épicerie.

C'était le fun. Mais pendant que je la filmais en train de sortir du bois, ma reine des neiges du chasse-neige a lâché un «Adios!» qui sonnait comme «essaye-toi pas pour une autre dernière». 

Ça augure mal pour mon plan de la convaincre de partir en week-end de ski à Pâques. 









20 mars 2026

Magie sur la Wizzard du sud

Facile d'aimer un sport qui nous fait vivre des moments comme celui-là... 


 

15 mars 2026

Nulle part chez Bud


Nulle part chez Bud

«Je te suis», m'a écrit mon chum de ski ce matin-là.

On était en train de se demander où on s'en allait. Et comme d'habitude, je compliquais la situation en slalomant d'une idée à l'autre et en tergiversant.

Sur le coup, le «Je te suis» de mon ami m'a flanqué le tract.

Normal. Le tract, c’est une de mes spécialités. Et là je devais trouver drette là une destination pour un meilleur skieur que moi. Et pour un gars qui, d’habitude, me sert de guide dans les Laurentides.

J’ai fouillé ma mémoire. Consulté mes archives. Puis j’ai fini par trancher...

«On s’en va chez Bud.»

Bud, c’est un homme mort qui est devenu mon ami. Parce qu’il a légué le lopin de terre où il habitait à un organisme qui l’a transformé en réserve naturelle peu fréquentée.

«Go», m’a dit mon ami.

On s’est rejoint à Saint-Adèle. On est monté à Sainte-Agathe. On a pris le bois au milieu de nulle part pour aller chez Bud.

La neige était belle, le sentier presque vierge. Le tract que j’avais trainé jusque là est resté sur le bord du chemin. 

Mon ami n’était jamais venu chez Bud. J’avais des choses à lui montrer. Une cabane où on a lunché. La cicatrice skiable d’une ligne électrique. Un flanc de colline où on a fait des descentes. Un grand champ en pente douce qu’on a dévalé en faisant tourner nos skis.

Mon client était satisfait. Il passait devant. Fouinait partout. Découvrait des sentiers que je ne connaissais pas. Inaugurait des trajectoires de descente. Heureux comme seul un skieur peut l’être.

On était bien nulle part chez Bud. Mais un moment donné, il a bien fallu en revenir.

Sur le chemin du retour, on a cru voir Bud lui-même sortir d’un sentier sur ses skis.

C’était plutôt un vieux skieur du coin qui nous a regardé avec un air qu’on connait bien. L’air dubitiatif, presque grognon, du gars qui voit rarement du monde dans des pistes qu’il skie à longueur d’hiver.

N’empêche, on l’a salué en ami. Chaleureux comme seuls les skieurs repus peuvent l’être.