05 mars 2019

À l'ombre du chameau


Dans notre famille, semaine de relâche rime avec voyage de ski aux États-Unis.

Il y a une bonne raison à cela : comme ce n’est pas congé scolaire de leur côté de la frontière, on skie plus tranquille chez nos voisins du sud.

De la tranquillité, c’est ce qu’on a trouvé aujourd’hui au Camel’s Hump Ski Area, un réseau de sentiers de ski perdu dans la campagne vermontoise, à l’ouest de la montagne qui lui donne son nom.

Autrefois, cet endroit était un vaste centre de ski de fond qu’une famille faisait marcher depuis le sous-sol de sa maison. 

Aujourd’hui, le domaine skiable est toujours aussi vaste… mais on trouve à l’entrée une petite cabane d’accueil qui ne contient qu’un radiateur et une boîte où on nous à faire une contribution volontaire de 10$ US en guise de droit d’entrée.

Au total, le réseau de sentiers s’étend sur 65 km, et là-dessus on compte environ 20 kilomètres de pistes entretenues.

Pour le visiteur québécois, l’endroit est dépaysant à souhait. Au Québec, on a rarement l’occasion de skier sur des pistes qui passent à proximité d’habitations et de bâtiments de ferme.
 
En famille, on n’a fait qu’une courte promenade à proximité de la cabane d’accueil ; mais ça nous a quand même permis de constater que l’endroit possède l’essentiel : des sentiers bien dessinés et du terrain montagneux.

Comme c’est presque toujours le cas aux États-Unis, les sentiers entretenues sont larges et tracés à deux voies. 

Ils étaient particulièrement agréables aujourd’hui puisqu’on avait la bonne idée de les laisser «au naturel» après une petite chute neige. On skiait donc dans deux ou trois centimètres de poudreuse sur un impeccable fond durci.


Va falloir que j’y retourne un de ces jours pour essayer les pistes de ski nordique qui ont l’air extraordinaire. La Catamount Trail, une piste de ski qui traverse tout le Vermont du nord au sud, passe d’ailleurs par ce centre.

Ce sera pour une prochaine relâche ! 
 
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03 mars 2019

Un mont Sauvage... et soviétique

NOTE BF: cette station de ski est maintenant fermée.
 
J’ai fait aujourd’hui ma première visite à vie au mont Sauvage

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette station ne ressemble à aucune autre.

C’est simple : on a l’impression de débarquer dans un pays du Bloc de l’Est quand on arrive sur les lieux. À cause du bon vieux tire-fesse qui convoie les skieurs vers le sommet de la montagne, à cause du faible achalandage, et à cause des austères condos qu’on a bâti au pied des pentes.


Une unité de condo inachevée a d’ailleurs été convertie en salle de repos où on peut casser la croûte. Difficile de trouver mieux pour créer une atmosphère de «paralysie socialiste»! 

Je blague, mais j’ai quand même bien aimé ma journée de ski. Quand je fais du ski de descente, je préfère dévaler des pistes étroites plutôt que de grands boulevards. J’ai été servi au mont Sauvage où on skie presque toujours dans d’étroits couloirs sinueux. 

Des pentes raides, des pistes non-travaillées, des sous-bois inclinés, des rochers à sauter… cette petite station est surtout un beau terrain de jeu pour skieurs experts… mais je bien amusé dans les pistes les moins difficiles comme la Huron, La Comanche, la Cheyenne, l’Iroquois et la Mohican. 

Eh oui, au mont Sauvage, toutes les pistes portent des noms de tribus amérindiennes. Mais s’il n’en tenait qu’à moi, elles auraient plutôt des noms tirés du folklore communiste.

La Marxiste-Léniniste, la KGB, la Tchécoslovaque, la Soviet…  

02 mars 2019

Sur les traces de Mustafa...


 

Sur les traces de Mustafa
 
Qui était donc le mystérieux Mustafa qui a donné son nom à une piste de ski et à une montagne dans l’arrière-pays de Val-Morin ?

Bon, d’accord, il n’y a sans doute jamais eu de Mustafa. Mais moi j’aime imaginer qu’il y a eu un Mustafa, que c’était un jeune Turc qui rêvait de voir de la neige et qu’un paquebot l’a amené au Canada dans les années 30.

C’est tout ce que je savais sur «mon» Mustafa quand je suis parti explorer sa piste de ski et sa montagne tôt ce matin. Mais ma randonnée m’a permis d’en découvrir plus long sur le personnage...

Partant de l’accueil Far Hills du parc régional Val-David-Val-Morin, la Mustafa est d’abord une piste entretenue qui passe près de l’auberge Far Hills.

À l’abandon depuis longtemps, l’auberge est dans un triste état… mais c’est clairement pour y travailler comme garçon d’étage que Mustafa a pris le train pour le nord, quelques jours après son débarquement à Montréal.

Plus loin, à l'ombre d'un énorme rocher, la Mustafa devient une piste de ski nordique qui traverse une colline surplombant le lac Bélair avant de nous mener au pied du mont Mustafa et près d'une vieille carte des sentiers de ski de l’auberge Far Hills.

J’avais deux objectifs en arrivant à cette montagne : monter au sommet et en faire le tour en suivant la Mustafa qui l’encercle tel un lasso. 

J’ai commencé par cette boucle qui m’a un peu laissé sur ma faim. Personne n’était passé avant moi au nord de la montagne et c’était agréable de skier dans la neige vierge.

Par contre, de ce côté, le trajet du sentier est un brin chaotique, notamment parce qu’il nous fait descendre le long du chemin du lac Lasalle.

Mais le vrai problème, c’est que j’ai choisi de faire la boucle dans le sens horaire. Je pense qu’on profite mieux du relief en tournant dans l’autre sens. 

J’ai réalisé ça en tombant sur cette vieille pancarte au sommet d’une montée.

Mon verdict d’expert : il s’agit d’un portrait de Mustafa qui, en vieillissant dans les Laurentides, est devenu un fameux skieur avec un penchant pour les descentes. 

C’est à ça que je pensais quand j’ai pris le sentier qui grimpe au sommet du mont Mustafa.  

Cette courte virée montagnarde a été le meilleur moment de la journée. L’ascension est courte et facile, mais on n’est quand même récompensé par une méchante belle vue en arrivant au sommet.

D'après mes observations, cette corniche qui surplombe un précipice est l’endroit où Mustasfa est entré dans la légende.

À ce moment-là, le jeune garçon d’étage était devenu un exotique moniteur de ski. Et un soir de tempête, quelques maris en vacances à l’auberge ont découvert que les leçons qu’ils donnaient à leurs épouses ne se passaient pas seulement sur la neige.

Des coups des poing ont été lancés, des fusils ont été brandis et Mustafa a pris la fuite en ski… Mais les maris armés ont fini par le coincer au sommet de la montagne qui porte maintenant son nom.

Alors Mustafa s’en est remis à ses skis et s’est élancé au bout de la corniche. La chute aurait dû être mortel, mais on n’a pas retrouvé son corps au pied du précipice. Blessé, à moitié assommé, Mustafa est mort plus tard cette nuit-là, perdu dans la tempête qui recouvrait les sillons de ses skis. Et ensuite les loups…  

Du moins c’est l’histoire qu’on raconte pour expliquer qu’on ne l’ait jamais revu mort ou vif…

28 février 2019

Merveilleux mont Timber

Maintenant que j’ai visité le mont Timber, je me demande pourquoi j’ai attendu aussi longtemps avant d’y mettre les skis.

J’en ai fait des randonnées au cours des vingt dernières années, mais bien peu m’ont fait autant d’effet que ma virée d’aujourd’hui. 

Le mont Timber est l’un des sommets qui forme le massif de Tremblant. Il est situé au sud-est du massif, dans le coin de forêt vierge qui sépare les pistes de ski alpin du versant Soleil et du versant Nord.

Le mont Timber culmine à 730 mètres d’altitude et j’ai commencé ma randonnée presque 400 mètres plus bas, à la base Nord de Tremblant, en empruntant la piste Nord-Sud sur trois kilomètres.

J’ai trouvé cette piste-là dans un état idéal aujourd’hui. Quelques skieurs et raquetteurs étaient passés avant moi, alors j’ai pu monter dans leurs traces au lieu d’ouvrir le sentier.

On gagne environ 150 mètres d’altitude sur la Nord-Sud avant d’arriver à une intersection où il faut bifurquer sur le sentier Grand Nord pour se lancer à l’assaut du mont Timber.  

C’est à partir de là que ma randonnée a vraiment commencé à me ravir.

Le sentier Grand Nord nous fait grimper une centaine de mètres en seulement un demi kilomètre, mais je n’ai pas eu à sortir mes peaux d’ascension pour en venir à bout. Une autre victoire pour mes gros skis à écailles !

Le sentier Grand Nord mène à endroit magique : une splendide vallée encaissée où coule un ruisseau complètement disparu sous la neige à ce stade-ci de l'hiver.

C’est à cet endroit que commence le sentier Tour du Timber, une boucle d’environ trois kilomètres qui passe par le sommet de la montagne.

Quel magnifique sentier, mes amis. Sûrement le plus beau que j’ai fait cet hiver.

Au pif, j’ai décidé de commencer par contourner la montagne en faisant la boucle dans le sens antihoraire. J’ai bien fait, je pense. La montée est plus graduelle dans cette direction et on grimpe dans un décor époustouflant.

D’abord, on skie dans la vallée en longeant d’extraordinaires coulées de glace. Ensuite, on traverse un superbe coin de forêt et on arrive à un tout petit lac d’où on aperçoit le sommet du mont Tremblant.

Je suis arrivé enchanté au sommet du mont Timber… mais le meilleur restait à venir.

À ce point-ci, il faut que je distribue les mercis.

D’abord merci à l’habitué de la montagne que j’ai croisé au sommet et qui m’a donné un aperçu rassurant de la descente où on s’apprêtait à s’engager.

Et ensuite merci au vent de fou qu’on a eu en début de semaine. Grâce à lui, j’ai fait une descente d’anthologie dans de la «poudreuse compactée à l’énergie éolienne» que j’ai trouvé fantastique à skier.

Souvent, dans la grosse neige vierge, je m’enfonce profondément et j’ai du mal à manœuvrer. Aujourd’hui par contre, grâce au vent, la poudreuse était plus ferme et mes skis portait à merveille.

La meilleure partie de la descente se trouve près du sommet, alors qu’on peut sortir du sentier et slalomer entre les arbres clairsemés qui la borde.


Cette section-là est tellement agréable que je l’ai dévalée deux fois. Elle se termine toutefois par une falaise abrupte où le sentier effectue deux impressionnants «switchbacks» pour regagner la vallée encaissée où coule le ruisseau.

J’ai aussi beaucoup de plaisir à dévaler le sentier Grand Nord en louvoyant de chaque côté de son tracé.

Conclusion : si j’avais demain un touriste à impressionner, c’est au mont Timber que je l’amènerais skier. Pour le décor, pour la vue qui porte loin à plusieurs endroits, pour la neige abondante et pour le plaisir de la descente.

Le seul défaut qu’on peut trouver à l’endroit, c’est que les sentiers du secteur ne sont pas à l’usage exclusif des skieurs. Mais bon, je n’ai pas trouvé que ça posait problème aujourd’hui.

Ma découverte de l’hiver jusqu’à présent ! 
 
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23 février 2019

La famille Altaï


Quand on fait une sortie de ski en famille, mieux vaut ne pas tenter le diable et visiter un endroit où on est sûr d’avoir du plaisir.

C’est pour ça qu’aujourd’hui, notre trio familial a visité pour la deuxième fois de la saison le refuge de l’Alpage, au beau milieu des sentiers du club de plein air de Sainte-Agathe.

On aurait pu jouer dans un show de télé intitulé La famille Altaï puisqu’on chaussait tous les trois des skis fabriqués par Altaï Ski. Moi j’avais mes bons vieux Kom 162 cm. Mon fils était sur ses Hok 125 cm et ma blonde avait loué des Hok 145 cm chez Roc and Ride à Val-David.

J’ai essayé d’être un guide raisonnable. Mon fils a été vaillant. Ma blonde a survécu à quelques descentes trop corsées pour elle. Et en partant du point d'accès du chemin Trudeau, on a fait une belle boucle en empruntant les sentiers Catherine, Train du Nord et Castor… en s’arrêtant bien sûr au refuge de l’Alpage pour diner.

Les conditions étaient idéales et j’en ai profité pour faire un peu de cinéma. Alors voici mon fils en action… jusqu’au moment où je le dépasse pour filer jusqu’en bas de la côte !