18 janvier 2019

Jouer les Indiana Jones à la réserve Alfred-Kelly


Faire du ski à la réserve Alfred-Kelly, c’est toujours un peu la galère ; mais c’est aussi l’occasion de découvrir un trésor historique : un dédale de vielles pistes de ski qui sont des vestiges de l’âge d’or du ski de randonnée dans les Laurentides.

À l’époque, les collines qui se trouvent sur le territoire de la réserve formaient l’arrière-pays du village de Shawbridge, et la gare de Shawbridge était la porte d’entrée du ski dans les Laurentides. 
 
C’était au temps des «trains des neiges» remplis de skieurs. Beaucoup débarquaient à Shawbridge pour partir en randonnée ; d’autres montaient plus loin dans le nord puis redescendaient en ski jusqu’à Shawbridge avant de reprendre le train pour rentrer à Montréal.   

Shawbridge, c’était aussi le village où habitait Jackrabbit Johannsen quand il passait ses hivers à skier avec les membres du Laurentian Lodge Ski Club et du McGill Outoor Club. 

Ça explique pourquoi l’arrière-pays de Shawbridge est quadrillé de pistes de ski qui restent en partie praticables aujourd’hui.

Mais pour découvrir ces reliques historiques, il faut faire comme Indiana Jones et surmonter quelques difficultés. 
 
La principale est la tribu plus ou moins hostile qui hante les lieux : les raquetteurs. 

Officiellement, skieurs et raquetteurs sont sensés cohabiter pacifiquement dans la réserve. Des panneaux «respectons nos traces» prêchent la bonne nouvelle dans les sentiers partagés, et d’autres panneaux indiquent clairement aux raquetteurs d’éviter les pistes réservées aux skieurs. 
 
Mais bon, comme tous les raquetteurs ne maîtrisent pas le langage des panneaux de signalisation, il faut s’attendre à glisser dans leurs traces quand on skie à la réserve.
 
L’autre principale difficulté, c’est de savoir où donner de la spatule.

Bien sûr, on peut s’en tenir aux sentiers marqués pour le ski sur la carte officielle de la réserve ; mais comme le prouve la vieille carte ci-haut, ces pistes officielles ne sont que la pointe de l’iceberg.

Certains de ces «sentiers fantômes» sont clairement fermés à la circulation par des pancartes, d’autres semblent toujours accessibles, et d’autres encore mènent à l’extérieur de la réserve. 

Toutes ces pistes forment un dédale où on peut se mettre en quête de vestiges du passé sur des pistes comme la MOC, la Flight Delight la Whizzard et la Wilson-Nord…

Autre aventure possible : se rendre à l’époustouflant point de vue qui se trouve à l’extrémité sud de la réserve. 

Il faut monter (et éventuellement descendre) un sommet très abrupt pour pousser jusque-là, mais ça vaut la peine : le point de vue qu'on a depuis ce belvédère naturel compte parmi les plus beaux dans les Laurentides. 

Bien sûr, on pourrait aussi abandonner la réserve Alfred-Kelly aux raquetteurs. Mais ce serait dommage parce que ces pistes font partie de l’histoire du ski dans les Laurentides.

La Whizzard, la MOC et les autres pistes de ski du secteur ont souvent vu passer souvent Jackrabbit Johanssen. Alors aussi bien s'arranger pour qu'elles voient passer un skieur moderne de temps à autre! 

3 commentaires:

Jean-Yves a dit...

Quel trajet avez-vous fait ? Quel est le niveau de difficulté ? Il y a aussi un beau point de vue au mont Pinacle (la montagne avec la croix).

Barclay a dit...

Salut Jean-Yves,

Cette fois-ci, je ne suis pas allé au point de vue dont vous parlez. Je suis parti du point d'accès sur le chemin de la rivière, je me suis rendu à l'étang à castors, j'ai pris la MOC vers l'intérieur du parc puis je suis revenu vers l'étang par la Wilson-Nord et la Flight Delight.

Après ça, je me suis vraiment mis à explorer. Sous la ligne de transmission qui traverse la réserve, j'ai pris une piste marquée de ruban orange où j'ai retrouvé des vieilles balise de la Flight Delight; et ensuite, j'ai pris un bout abandonné de la MOC pour me ramasser à nouveau de l'autre côté de la ligne transmission où je suis arrivé à un carrefour de jolies pistes bien dégagées. Va falloir que je retourne voir ce secteur pour mieux comprendre. Je crois que ça fait partie du parc des falaises et qu'il y a un point d'accès pour ces pistes à Saint-Hippolythe.

Guillaume a dit...

Ces pistes partagés ski-raquette, c'est un fléau. Il faut privilégier des pistes séparées de plusieurs mètres. Les raquetteurs n'ont pas besoin d'une piste aussi large que les skieurs donc ça ne nécessite pas beaucoup de défrichage d'ouvrir des pistes distinctes comme on le fait dans le secteur nordique de Morin Heights.