18 mars 2018

En famille au refuge de l'Alpage


Je l’ai déjà écrit sur ce blogue : les sentiers du Club de plein air de Sainte-Agathe-des-Monts sont devenus mon coin favori des Laurentides ; et pourtant, je n’y avais jamais amené ma famille… un manquement que j’ai réglé aujourd’hui en aller luncher avec ma blonde et mon fils au splendide refuge de l’Alpage.

On formait un trio dépareillé : moi sur mes gros skis écailles, Arthur sur ses skis Hok un peu trop grand pour lui et ma blonde sur ses étroits skis de fond. Mais ça ne nous a pas empêché de faire une belle randonnée sous un soleil radieux et dans de la belle neige poudreuse.

Fiston m’a beaucoup impressionné sur ses Hok qu’il ne «pilote» pourtant pas souvent. J’ai un vidéo qui se termine par une chute pas du tout représentative de sa journée de ski. C’est la seule fois qu’il est tombé de toute la journée ! Et il a réussi plusieurs descentes pentues et sinueuses! 


17 mars 2018

Objectif Bruce Jack


 
MISE À JOUR 2 FÉVRIER 2025: le texte ci-bas fai tréférence à une section de sentier qui n'est plus accessible. C'est là où se trouve la belle descente qui avait «fait ma journée». CLIQUEZ ICI pour lire un texte plus récent sur le secteur.
 
Bruce Jack. Quel nom parfait pour un héros de film d’action. Mais c’est plutôt le nom d’un sentier de ski… où on fait justement du ski d’action !

J’ai fait aujourd’hui ma deuxième randonnée de l’hiver sur le réseau de ski nordique du club de plein air Sainte-Agathe-des-Monts dans le but de parcourir pour la première fois ce sentier de qui j’espérais soutirer au moins une bonne descente.

Je me fiais à la carte en contrebas, où on voit que son parcours forme un lasso d’un kilomètre riche en relief. Mais j’ai découvert sur place que cette piste avait un côté secret… comme un héros de film d’action !

J’ai fait route vers ma cible en laissant ma voiture sur la rue Pommeraie, comme une pancarte artisanale nous indique de le faire, et empruntant la piste Gillespie. Et après environ un kilomètre, j’ai trouvé mon homme.

Quand on le prend par son entrée la plus à l’est, le sentier commence par une longue descente facile qui mène à un ruisseau et un petit pont. De l’autre côté, on tombe sur son trait distinctif : une montée/descente en zigzag que j’ai trouvée plus agréable à monter qu’à descendre.

C’est en haut de cette montée que j’ai découvert que ce sapré Bruce Jack avait un secret : un prolongement qui ne figure pas sur la carte du club de plein air, mais qui est néanmoins balisé. Et que j'ai eu le bonheur de trouver complètement vierge de trace...

J’ai bien fait de m’y aventurer parce que c’est de ce côté que j’ai fait ma plus belle descente de la journée. Après une montée rectiligne, le sentier dévale en effet une colline clairsemée où j’ai pu faire plusieurs beaux virages sur une centaine de mètres de dénivelé.

Rendu en bas de la colline, j’ai cessé de trouver des balises «Bruce Jack». Mais je pense que le sentier se poursuivait sur un parcours marqué à la peinture bleue sur les arbres. Mais bon, comme j’étais rendu en terrain plat, j’ai préféré rebrousser chemin.


Ma longue descente s’est alors transformée en longue montée ; et après cet effort intense, j’étais prêt pour mon lunch que je suis allé manger au refuge de l’Alpage, qui se trouve environ un kilomètre à l’ouest.

Après un longue pause au coin du feu, j’ai remonté quelques fois dans la colline par où passe le sentier Bruce Jack, cette fois pour faire des descentes sur son flanc donnant sur la piste Gillespie. Rien de transcendant, mais une belle façon de compléter une randonnée.

Une fois à la maison, j’ai découvert sur Internet que la Traversée des Laurentides utilise souvent le tronçon non cartographié du sentier Bruce Jack qui, si je comprends bien, relie Sainte-Agathe à la base de plein air L’Interval à Sainte-Lucie-des-Laurentides. Il m’en reste donc un sacré bout à arpenter ! 

15 mars 2018

La voisine du sud

Connaissez-vous Lyon Mountain ?

Non, pas le petit hameau de l’état de New York agglutiné autour d’une grosse prison. Plutôt  l’immense montagne qui se trouve juste à côté. 
 
Cette montagne-là, c’est notre plus proche «voisine du sud» puisque c’est un sommet des Adirondack qui se trouve à seulement une heure de la frontière et une heure et demie de Montréal.

Je vous dis tout ça parce qu’on peut faire du ski sur ce mont Lyon qui culmine à 1170 mètres d’altitude et présente un dénivelé de 680 mètres ; des «mensurations» qui surpassent celles du mont Tremblant.

Les deux destinations n’ont cependant rien à voir ensemble. Au mont Lyon, il n’y a aucune infrastructure d’accueil et on fait du ski de randonnée et du télémark sauvage dans des sentiers qui ne sont ni entretenus ni balisés.

Je suis allé découvrir ça aujourd’hui avec mon nouveau copain des neiges, Bri7 le corsaire du télémark.

 
Il y a deux entrées dans la montagne et on a choisi celle où c’est plus facile de se garer : un «demi-tour à déneigeuse» qui se trouve sur la Chazy Lake Road, entre le lac Chazy et le versant est de la montagne.

Dès qu’on s’est mis en route, on a été surpris par l’épaisseur de la nouvelle neige. Réputé «neigeux», le mont Lyon passait l’épreuve des faits : on était dans la poudreuse jusqu’à mi-mollet au pied de la montagne et la couverture devenait encore plus profonde à mesure qu’on grimpait.

Résultat : dès qu’on sortait de la trace laissée par trois skieurs partis juste avant nous, on calait solide.

C’est vite devenu un problème pour mes skis à écailles et moi :  dans les passages abrupts, je manquais d’adhérence pour monter en ligne droite. Et dès que je sortais mes skis du tracé pour faire le canard ou grimper en zigzag, je m’embourbais joyeusement.

Heureusement, le premier kilomètre et demi du sentier qu’on suivait est généralement en pente «douce à mi-douce». On monte alors sans trop de problèmes, à travers un boisé de petits feuillus.

Après, disons que j’ai été tenace et que mon compagnon a été patient.

Alors qu’on entre dans un secteur peuplé de plus gros arbres entre lesquels on a déjà hâte de faire des virages, la montée devient beaucoup plus pentue et difficile.

C’était surtout moi qui en arrachais, en fait. Même s’il était lui aussi en ski à écailles, le corsaire en forme s’en tirait mieux que le bonhomme à la tuque rouge. 

En s’accrochant souvent aux arbres, on a fini par atteindre un superbe point de vue qui nous a servi de terminus.


On avait alors franchi 2,2 kilomètres et pris 247 mètres d’altitude. Ce qui veut dire qu’il y avait encore plus de 400 mètres de dénivelé entre nous et le sommet !

C’est quand même là qu’on a pointé nos skis vers le bas de la montagne pour se jeter dans la gueule du Lyon ; et on a fait une descente où on a fini par crier : «y’a trop de neige !».

Dans la partie la plus pentue, là on avait de l’espace pour tourner parmi les grands arbres, on s’enfonçait tellement dans la neige vierge que c’était difficile d’avancer et de manœuvrer. 
 
N’empêche, j’ai eu mes bons moments. Et le corsaire a réussi à sabrer la poudreuse, notamment en se lançant à l’abordage d’un cap de roche que j’ai préféré contourner.
 
Le reste de la descente, dans la section de pente «douce à mi-douce», on s’est tout simplement laissé aller dans la trace comme deux boules de quilles dans un dalot. Pas technique, mais agréable ! 

Va falloir qu'on remette ça un des ces jours pour essayer d'atteindre le sommet de la montagne. Mais seulement quand je serai meilleur skieur! 
 
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10 mars 2018

Se faire tirer les fesses au mont Stickney

 
Depuis deux hivers, grâce à mes skis Kom, je suis devenu un skieur «tout-terrain». Sur ces planches-là, je parcours des sentiers, je fais du télémark sauvage en plein bois et je dévale des pentes dans des stations de ski alpin.

Aujourd’hui, pour la première fois, j’ai trouvé un terrain de jeu qui me permet de faire tout ça en même temps: le mont Stickney, qui fait partie de la station de ski de Bretton Woods au New Hampshire.

On trouve à cet endroit quelque chose que je n’ai pas encore vu au Québec : une montagne de ski alpin traversée par des sentiers de ski de fond.

La meilleure façon de vous expliquer ça, c’est de vous raconter ma randonnée… qui a commencé au chalet de la station de Bretton Woods.

Pour 31 dollars américains, j’ai acheté là un «Nordic High-Country Ticket» me permettant de faire de la randonnée assistée par deux remontées mécaniques.  

J’ai donc commencé mon périple en me laissant porter par le Bethlehem Express, un télésiège que j’avais le droit de prendre une seule fois et qui m’a fait gagner à peu près 335 mètres d’altitude sur le mont Rosebrook.

Une façon rapide d'avoir une vue aérienne sur ma résidence temporaire :  l'Omni Mount Washington Hotel...
 
Rendu en haut, je suis redevenu skieur de fond en prenant la «Mountain Road  Traverse». Comme son nom l’indique, ce sentier traverse le mont Rosebrook en croisant plusieurs pistes de ski alpin et mène à un autre sommet adjacent, le mont Stickney.

C’est sur ce mont Stickney que ski nordique et ski alpin s’entremêlent vraiment à Bretton Woods ; et c’est sur ce mont Stickney que j’ai passé le reste de ma journée à arpenter des sentiers de ski de fond et à dévaler des pistes de ski alpin. 
 
Dans ce coin-là aussi, j’ai eu de l’aide mécanique : le «Telegraph T-Bar», un «tire-fesses» que mon billet à 31$ US me permettait d’utiliser autant que je voulais.

 Mon «baptême de tire-fesses» ne s’est pas passé sans heurts. À ma première tentative, la barre en T a échappé à l’emprise de mon derrière et j’ai fini ma montée en lui appliquant une solide double clé de bras qui m’a coûté pas mal d'énergie.

Heureusement, j’ai ensuite dompté l’engin et je m’en suis servi cinq ou six fois pour gagner 120 mètres d’altitude sans me fatiguer.

Entre ces séances de tirage de fesses, j’ai exploré tous les recoins du mont Stickney.

J’ai fait deux ou trois descentes parmi les skieurs alpins dans les pistes en sous-bois entourant le Telegraph T-Bar.

J’ai fait du ski de fond sur la «Telegraph Traverse» pour aller faire mes deux meilleures descentes de la journée dans le sous-bois «Enchanted Bear» où il y avait beaucoup de neige et juste assez d’arbres.

J’ai pataugé dans la grosse poudreuse en arpentant le «Mount Stickney High Country Loop», une piste de ski de fond qui n’avait pas encore été damée… pour le plus grand plaisir de mes gros skis larges !  
 
J’ai bu un chocolat chaud et parlé hockey avec un Bostonais aussi partisan des Bruins que moi au relais du mont Stickney, une sympathique cabane où j’aurais aussi pu m’offrir un hamburger à 8$ US.

Bref, je me suis bien amusé ; et j’ai des photos pour le prouver…
 
 Quand est venu le moment de rentrer, j’avais le choix : redescendre la montagne par un sentier de ski de fond ou revenir à mon point de départ par une piste de ski alpin.

J’ai opté pour la deuxième solution et j’ai terminé la journée en faisant une longue descente agréable sur la «Two Miles Home».

Je suis revenu à l’hôtel en me disant que j’aimerais beaucoup faire ce genre de sortie plus près de chez moi. Mais à connaissance, aucune station de ski n’offre pareille formule au Québec.

J’ai déjà pris un télésiège pour aller faire du ski de fond au sommet du Massif du Sud ; par contre, à cet endroit, les sentiers de ski nordique et les pistes de ski alpin occupent chacun leur versant de la montagne.  

Bref, il me reste juste à acheter une petite montagne et à développer ça moi-même ! 
 
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09 mars 2018

Un chemin de fer sous la neige

J’ai fait aujourd’hui ma sortie de ski la plus exotique en carrière au Cog Railway du mont Washington, la plus haute montagne du New Hampshire.

Le Cog Railway, c’est une voie ferrée qui grimpe presque jusqu’au sommet du mont Washington et où circule un train touristique durant l’été.

L’hiver, le tracé du chemin de fer devient un terrain de jeu pour skieurs avertis. 

Sur papier, c’est plutôt simple comme randonnée : on grimpe en longeant la voie ferrée et on redescend par le même chemin quand on est rendu au sommet ou qu’on est tanné de monter.  

Sur le terrain, par contre… Mettons que c’est une vraie aventure de ski que j’ai vécue en partant à la découverte de cette piste qui ne ressemble à aucune autre.  
 
Cette aventure a commencé par une rencontre improbable : dans le stationnement au pied de la voie ferrée, je suis tombé sur le gars de qui m’a vendu les skis Kom que je m’apprêtais à chausser pour partir à l’assaut de la montagne !

Lui s’apprêtait à faire pareil sur des skis alpins munis de peaux d’ascension. C’est ce que font l’immense majorité des skieurs qui fréquentent le Cog Railway. Alors que moi je venais plutôt tenter ma chance sur mes skis à écailles à fixations 75 millimètres.  

Comme on le voit sur cette photo, la montée ressemble un peu à un escalier vers le ciel. Parfois, ça grimpe en pente douce ; et parfois, la montée devient beaucoup plus abrupte.

Ça m’a donné l’occasion de tester les limites de mes skis à écailles. Dans les sections les plus abruptes, je manquais d’adhérence. Donc, contrairement aux skieurs en peaux, il fallait que je grimpe en canard et parfois même en zigzag pour continuer à progresser.

Bref, je montais plus lentement et plus péniblement que tout le monde. Et je me suis arrêté souvent pour à la fois reprendre mon souffle et admirer un décor à couper le souffle.

Une longue section abrupte a bien failli avoir raison de ma volonté ; mais finalement, mes écailles et mon obstination m’ont permis d’atteindre l’objectif que je m’étais fixé en préparant cette randonnée : un ancien réservoir d’eau qui se trouve à 1158 mètres d’altitude et environ 340 mètres plus haut que mon point de départ.

J’ai continué encore un peu par la suite, puis la neige s’est mise à tomber fort sur la montagne et je me suis arrêté au pied d’une autre section abrupte que je n’ai pas eu le courage d’affronter.

Me restait alors à descendre dans de la neige tracée par seulement quelques skieurs environ 375 mètres de dénivelé. Facile, non ?

Eh bien non.

Le principal problème, c’était le manque de neige. Je m’en suis rendu compte dès le départ en écorchant un ski sur un rocher et en prenant une méchante fouille par la même occasion.

J’ai été beaucoup plus circonspect par la suite, renonçant à faire de la vitesse et m’arrêtant souvent pour tenter de repérer les pièges que me tendait la montagne.

En arrivant à la section abrupte qui avait failli mettre fin à mon ascension, je capotais un peu. J’avais vu en montant que la couverture de neige était particulièrement mince dans ce bout-là. Mais heureusement, j’ai pu la contourner en bonne partie en empruntant un couloir en forêt où il y avait beaucoup de neige vierge.

Après ce bout en mode survie, j’ai eu droit à ma récompense de la journée : une longue section juste assez inclinée pour moi, où la neige était profonde et où j’ai pu faire de la vitesse et des virages agréables.

J’ai tellement aimé ce tronçon que je l’ai fait trois fois en remontant de moins en moins vite à mesure que la fatigue s’accumulait.

C’est à ce moment-là que j’ai vu le gars qui m’a vendu mes skis redescendre après avoir monté presque toute la montagne…

Cette virée va rester pour toujours gravée dans ma mémoire… et aussi sous mes skis que j'ai esquinté pas mal pendant ma descente. 

Après ma randonnée, mon retour à la civilisation n'a pas pris beaucoup de temps. Après 15 minutes en auto, j'étais rentré au Omni Mount Washington Hotel; et après une bonne douche, j'étais prêt pour l'après-ski...
 
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