10 mars 2017

Parc de la Gatineau – secteur Chelsea

Même s’il est immense et très décentralisé, le réseau de sentiers de ski du parc de la Gatineau possède un centre névralgique ; et c’est à Chelsea qu’il se trouve.

D’abord parce que c’est à Chelsea que le pavillon d’accueil du parc est situé. Et ensuite parce que plusieurs points d’accès au réseau de sentiers du parc sont à quelques minutes du vieux Chelsea où on trouve plusieurs cafés et restaurants qui doivent au parc une bonne partie de leur achalandage.

En fait, on skiait déjà à Chelsea bien avant la création du parc de la Gatineau. Dans les années 20 et 30, c’est en train qu’on venait skier dans les collines de Gatineau. Et beaucoup de skieurs descendaient à Chelsea pour ensuite se rendre au Camp Fortune.

À l’époque, le Camp Fortune n’était pas une station de ski alpin. C’était plutôt un refuge pour skieurs de randonnée d’où partaient de nombreux sentiers.

Ça explique pourquoi le réseau de pistes de ski du parc est particulièrement touffu dans ce secteur de parc. Et ça explique pourquoi on trouve dans ce coin presque toutes les pistes de ski nordique non entretenues du parc, qui sont des vestiges de cette époque.  

Je rêvais d’essayer ces pistes-là quand j’ai décidé de venir passer deux jours à Chelsea. Mais c’est partie remise : avec la pluie qui s’est abattue sur la région en début de semaine, et le froid qui a suivi, les conditions étaient bien trop glacées pour que je m’y aventure. 

J’ai donc été contraint de me rabattre sur les pistes travaillées mécaniquement. Où j’ai assurément skié dans les meilleures conditions compte tenu des circonstances météo.

L’entretien est effectué avec un zèle exemplaire au parc de la Gatineau. Mettons qu’on sent qu’on est dans la région de la capitale nationale et que c’est le fédéral qui paye les dépenses.

À la hauteur de Chelsea, le parc de la Gatineau regorge d’attraits pour skieurs. 

Il y a d’abord les promenades. De prime à à bord, ces larges pistes de ski tracées sur des routes asphaltées ne m’ont jamais attiré. Mais je dois dire que je me suis beaucoup amusé sur ces boulevards pour skieurs au cours des deux derniers jours.

Le truc : s’arranger pour les emprunter uniquement pour descendre. On trouve en effet sur ces promenades de très longs faux plats où même un skieur ordinaire comme moi peut patiner à très haute vitesse quand il a la pente en sa faveur.

Pas loin de Chelsea, on trouve aussi plusieurs relais où on peut aller casser la croûte. Le vaste Keogan et le minuscule Shilly Shally sont les plus facilement accessibles. Ils sont situés à moins d’un kilomètre l’un de l’autre, sur la piste 1. 

Autre attraction à explorer : la «piste d’entraînement» située à proximité du Camp Fortune. C’est un labyrinthe de sentiers tracé dans un espace extrêmement restreint et extrêmement vallonné. On a l’impression de faire un tour de manège tellement ça monte, ça descend et ça tourne dans ce parcours en circuit fermé conçu pour pousser à bout des athlètes.

Je garde aussi un très bon souvenir des pistes réservées au style classique s’étendant entre le domaine Mackenzie King et le Lac Pink, la 7 et la 15.

Pour profiter du relief, mieux vaut emprunter le premier pour se diriger vers le lac Pink et le second pour revenir. Le tronçon du sentier 15 passant au nord du lac Pink est à faire absolument. En le skiant d'est en ouest, on a droit à une série de descentes sinueuses vraiment géniales.

Il me reste à vous parler de mon coup de cœur d’aujourd’hui : le tronçon classé très difficile de la piste 1 qui nous mène du Belvédère Wattsford jusqu’au village de Chelsea.

En partant du Belvédère Wattsford, on a droit à une hallucinante descente se prolongeant presque jusqu’à la promenade de la Gatineau. La pente est soutenue, très longue et coupée de quelques bons virages.

De loin le meilleur moment de ma saison sur mes skis classiques.  


04 mars 2017

Aller chez le Diable

À cause du réchauffement climatique, la région de Mont-Laurier deviendra-t-elle un jour le terrain de jeu hivernal des Montréalais ?

Chose certaine, si c’est le cas, préparez-vous à faire de la route. C’est loin en diable la région Mont-Laurier! Surtout quand on pousse jusqu'au parc régional Montagne du Diable, qui se trouve dans l’arrière-pays de Ferme-Neuve et à environ trois heures de route de Montréal.

Je viens d'aller passer deux jours là pour une bonne raison : c’est le seul coin des Laurentides où il était tombé une quantité significative de neige après la pluie de cette semaine.

On trouve au parc une quarantaine de kilomètres de pistes de ski de fond entretenues mécaniquement qui sont tracées au pied de la montagne et que je n’ai fait qu’entrevoir en fin de semaine.
 
J’étais plutôt là pour faire du ski nordique dans la poudreuse et grimper dans la montagne qui culmine à 783 mètres et offre environ 550 mètres de dénivelé.   
 
Il y a des pistes tracées mécaniquement à la montagne du Diable...
Mais moi j'étais là pour skier dans ce genre de sentiers!

Il y a dans le parc 55 kilomètres de sentiers de ski nordique où beaucoup de skieurs font des randonnées de deux jours en profitant des six refuges disséminés sur la montagne.

Moi je me suis plutôt contenté de grimper deux fois dans la montagne en partant du pavillon d’accueil du parc.

Le premier jour, je suis parti avec l’intention d’atteindre le sommet du Diable, le point culminant de la montagne. Sur mes gros skis et dans mes grosses bottes en plastique, je me suis lancé sur le sentier B… pour découvrir que ça montait en diable.

Parti un peu tard à cause de mes trois heures de route, et ralenti par mon équipement lourd, j’ai fini par stopper mon ascension au refuge Des Ruisseaux. 
 
J'ai jasé avec deux skieurs du Viking Ski Club qui se préparait à passer la nuit dans cette jolie cabane et un quatuor de raquetteurs qui y faisait halte avant de poursuivre leur route vers un autre refuge.

Après ça, je suis redescendu vers le pavillon d’accueil par la piste C… en me disant tout le long que j’aurais plutôt dû descendre par la piste B. La C est moins pentue et sur mes gros skis, ç’a donné une descente bien peu excitante.

Le lendemain matin, je me suis levé avec la ferme intention de profiter de ce que j’avais appris la veille pour faire une meilleure randonnée… même s’il faisait -26 à Mont-Laurier au lever du jour.   

Le mercure avait «grimpé» à -20 quand je me suis lancé en piste vers 11h avec un nouvel objectif: la paroi de l’aube et le sommet du Garde-feu, qui se trouvent à un peu plus de sept kilomètres de l’accueil.

Cette fois, pour économiser mes jambes, j’ai commencé ma montée sur le sentier C pour profiter de sa pente plus graduelle. Puis j’ai poursuivi mon ascension sur la piste A en me sentant de plus en plus «en montagne».
 
Les conifères bien enneigés, des plaques de neige durcie par le vent, le froid sous un ciel sans nuage, la solitude puisque je n’ai pas vu âme qui vive pendant toute ma montée… C’était assez magique comme ambiance.
 
C'était beau en diable quand j'émergeais de la forêt.

Il m’a fallu un peu plus de deux heures pour atteindre le sommet du Garde-Feu, où on est à 756 mètres d’altitude. J’ai ensuite décidé d’aller me réchauffer au relais de la Montagne, un resto-bar perché tout en haut de la montagne et surtout fréquenté par les motoneigistes.

J’ai bien fait parce que c’est un endroit unique.
 
La vue depuis le promontoire où est installé le relais est extraordinaire. Et c’est particulier de soudain retrouver la «civilisation» après un deux heures de randonnée solitaire. Surtout quand la «civilisation» est composée de plusieurs dizaines de motoneiges et de VTT garés à proximité d’une mini brasserie égarée dans la forêt. 
 
J’ai donc pu prendre un café et changer de chandail bien au chaud avant d’amorcer ma descente.

J’ai d'abord fait environ deux kilomètres dans la poudreuse presque vierge sur le sentier A1, où seulement deux skieurs m’avaient précédé. En enchaînant quelques courtes descentes excitantes.

Le relais paraît bien de l'extérieur.

Mais son intérieur est plus pittoresque.
Un des bouts spectaculaire de ma descente.

Plus bas, après un bout plus tranquille sur le sentier A, j’ai diablement eu du plaisir en redescendant vers le pavillon d’accueil par la piste B. 
 
À plusieurs endroits, la pente était bonne et j’ai pu faire mes plus beaux virages télémark en carrière dans la poudreuse de chaque côté de la trace laissée par les autres skieurs.

À force de lire sur le sujet, je pense avoir trouvé le meilleur tuyau qu’on puisse donner au sujet du virage télémark: quand on s’accroupit en position télémark, le ski extérieur devant le ski intérieur, il faut se concentrer sur son genou arrière et le pointer dans la direction où on vire, un peu comme si on essayait de tirer le reste de notre corps avec ce genou.   

C’est exactement ça qui se passe, d’ailleurs. Le reste du corps suit et on tourne comme par miracle.

Il fallait que j’aille à la montagne du Diable pour vivre un tel état de grâce ! 
 
CLIQUEZ ICI pour voir le parc sur Openskimap. 

23 février 2017

L'aventurier de la pente perdue

Aujourd’hui, je brûlais d’aller faire une randonnée de ski. Mais je savais que je ne disposais que de quelques heures avant que la pluie se mette à tomber sur la grande région de Montréal en milieu de journée.

Je me suis donc donné une mission express: aller jeter un œil à l’ancienne piste de ski alpin de l’Université de Montréal, qui se trouvait sur le flanc nord du mont Royal, derrière le stade de football de l’UDM, sur le sommet Outremont.   

C’est une randonnée que je mijotais depuis longtemps et qui, malgré les conditions de neige assez médiocre d’aujourd’hui, s’est passée exactement selon mon plan de vol… ou plutôt mon plan de glisse.

Je suis parti du boulevard du Mont-Royal en empruntant un sentier que j’avais repéré sur Google Map: le chemin de ceinture que la ville vient de compléter à grands frais pour permettre aux promeneurs de faire le tour complet du mont Royal.  

Comme son nom l’indique, c’est un chemin assez large qui semble bien fréquenté durant l’hiver. Long d’environ 1,5 kilomètre, il monte dans la montagne en formant des lacets à travers le bois Saint-Jean-Baptiste et mène à un belvédère situé au sommet de l’ancienne piste de ski alpin.
 
Ouverte en 1944, cette pente a été en opération jusqu’en 1979. Les poteaux du remonte-pente et ceux qui soutenaient le système d’éclairage de la piste sont tout ce qui reste de cette infrastructure qui devrait toujours exister, si vous voulez mon avis

La pente est assez raide merci, et officiellement interdite d’accès, mais quand même fréquentée par des skieurs et des planchistes. 

J’ai descendu prudemment jusqu’en bas, à cause des conditions difficiles, et j’ai vu qu’on avait même aménagé des sauts au milieu de la pente.   

Le bas de la pente est encore bien dégagé. Plus haut, par contre, des arbustes l'ont drôlement envahie.

Après ma visite, j’ai poursuivi ma route sur le chemin de ceinture qui descend du belvédère en décrivant deux épingles à cheveux dignes du Grand Prix de Monaco. 

Le chemin passe ensuite avant de passer sur une passerelle incurvée avant de traverser
un vaste promontoire dégagé puis de se terminer derrière l’École polytechnique. 

C’est là que j’ai rebroussé chemin pour retourner vers ma voiture que j’avais laissée dans une zone de stationnement «maximum 2h». Et c’est aussi là que la pluie s’est mise à tomber sur Montréal.  

J’espérais bien amusé dans les lacets que décrit le chemin de ceinture à travers le bois Saint-Jean-Baptiste. Mais finalement, ma descente a été plutôt lente et tranquille. 

N’empêche : dans la dernière longue ligne droite avant le boulevard du Mont-Royal, j’ai pris assez de vitesse pour me mettre à slalomer comme dans une piste de ski alpin. Belle façon de conclure une randonnée ! 

Je termine avec une photo d'archive qui donne envie d'être en 1978. Voici la piste du ski de l'UDM dans toute sa splendeur, cette année-là. 

CLIQUEZ ICI pour voir le secteur sur Openskimap.

19 février 2017

Faire du ski au mont Gale

NOTE 9 FÉVRIER 2022:  si je comprends bien, l'accès aux sentiers du lac Gale est maintenant réservé aux résidents de Bromont la fin de semaine. Et je ne suis pas sûr qu'il soit encore permis de skier à cet endroit. Si vous avez de l'info, laissez un commentaire sur cette page!
 
Beaucoup de potentiel. À revisiter après une bordée de neige, un jour de semaine plutôt que le week-end.   

Voilà mon rapport éclair à propos des deux randonnées de ski que j’ai fait en fin de semaine sur les sentiers du lac Gale à Bromont.

Il s’agit d’un fantastique réseau de sentiers tracés en montagne dont s'occupe l'organisme Les amis des sentiers de Bromont, et qui est surtout fréquenté par les marcheurs et les raquetteurs durant l’hiver.

Si c’était moi qui décidais, l’endroit serait plutôt réservé aux skieurs; parce que c’est sur une paire de skis qu’on peut le mieux profiter de l’abondance de relief qu’on y trouve. Mais bon, je peux tout de suite vous garantir que ça n’arrivera jamais !

Si ces sentiers ont autant de potentiel pour le ski, c’est parce qu’ils sillonnent le mont Gale, une petite montagne qui culmine à 350 mètres qui a déjà abrité un centre de ski alpin sur son flanc ouest jusque dans les années 70.

Du côté est, la montagne surplombe le spa Balnéa et le lac Gale. Depuis son sommet, on a d’ailleurs une vue saisissante sur le lac en contrebas, comme on le voit plus haut. 

J’ai grimpé jusque là lors de ma randonnée du samedi après-midi. Il faisait grand soleil. Le mercure était plusieurs degrés au-dessus de zéro. Et il y avait une quantité industrielle de promeneurs sur les sentiers. 

Résultat: les sentiers étaient assez piétinés merci et c’était presque impossible pour moi de profiter des descentes à cause de la circulation intense et des conditions de glisse peu favorables.

D’où mon envie de revisiter les lieux un jour de semaine, après une bonne chute de neige.

Cela dit, j’ai quand même fait une belle longue descente ce jour-là sur la piste G1, juste en bas du sommet de la montagne.

 
Le dimanche matin, le temps était gris et il y avait pas mal moins de monde sur les sentiers jusque vers 10h30. J’étais avec ma blonde qui étrennait ses nouveaux skis Hok et on a fait une excursion agréable sur le flanc ouest du mont même si les pistes étaient dans un état de décomposition avancée.

On a notamment fait une longue descente au bout du sentier G10. Et j’ai fait une incursion amusante dans la neige molle et humide, sur un sentier à l’abandon qui était sans doute une piste de ski alpin autrefois.

Il y a maintenant un développement immobilier sur le flanc ouest du mont Gale, mais n’empêche : il me semble qu’il y aurait du ski hors-piste dans le secteur où se trouvait autrefois l’ancienne station de ski.

J’ai déjà hâte de retourner explorer les lieux.  


18 février 2017

Du ski de fond à Bromont

Grosse nouvelle: il y a maintenant des sentiers de ski de fond entretenus à Bromont. 

C’est, à moins que je me trompe, une nouveauté de cet hiver. Qu’on doit à l’organisme Les Amis des sentiers de Bromont.

J’ai fait mes premiers pas alternatifs sur ce nouveau réseau aujourd’hui, en faisant une randonnée dans le secteur du parc équestre où se sont déroulées les épreuves d’équitation des Jeux olympiques de Montréal.

On trouve dans ce secteur environ deux kilomètres de pistes tracées pour le classique et le pas de patin, en terrain plat et découvert.

Le point d’accès à ces sentiers se trouve sur la rue Des Carrières où il y a un petit stationnement. De là, une piste linéaire mène à une grande boucle qui nous fait passer à proximité du stade équestre où trône encore le logo des jeux de Montréal. 

J’étais avec ma blonde et on a beaucoup aimé notre excursion même si elle a été de courte durée.

Les jours de grand vent, par contre, ça doit être un peu moins plaisant de se balader sur ces sentiers qui sont très exposés.    

Mais au grand soleil, avec le thermonètre au-dessus de zéro, c’était très agréable de glisser dans cette vaste prairie d’où on a une très belle vue sur la montagne de Bromont. Surtout que le traçage était impeccable… si on oublie les traces de sabots laissées par des cavaliers sans scrupule.

J’ai dit plus haut qu’on skiait en terrain plat, mais ce n’est pas tout à fait vrai. On parcourt plutôt de très longs faux plats où on file allègrement… quand la pente joue en notre faveur.

Cette boucle du centre équestre est reliée par une bretelle à la pièce maîtresse du nouveau réseau bromontois : la «ceinture de randonnée», une piste à usages multiples où on trace maintenant des sillons pour les skieurs.

C’est une boucle de 15 kilomètres qui permet de faire le tour de la montagne de ski alpin de Bromont.

Cette boucle-là doit être plus vallonnée parce que le sentier serre d’assez près la montagne. Ce sera ma prochaine randonnée à Bromont !